IMAF · Unité mixte
Institut des mondes africains
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HAL publications
55
Researchers
21
Projects
Parent institutions
Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, Ecole Pratique des Hautes Etudes Paris, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Paris, Centre national de la recherche scientifique, Institut de recherche pour le developpement, Université Aix-Marseille, Université Paris sciences et lettres
Location
Ivry-sur-Seine
Founded
2006
Director
Fabienne SAMSON
Persistent identifiers
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Fields
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Social Anthropology and ethnology
1,051
History
806
Geography
177
Political science
147
Law
119
Sociology
100
Art and art history
95
Religions
91
Archaeology and Prehistory
91
Gender studies
60
Frequent keywords: diasporas, migrations, sénégal, classe, blanchité, burkina faso, france, afrique, racialisation, mali
Researchers
55 people who have published since 2022
Projects
21 projects
2024
Le projet ArchIFAN ambitionne de revisiter l’histoire des savoirs scientifiques en situation coloniale à partir du cas de l’Institut Français Afrique Noire (IFAN), un institut pluridisciplinaire fondé en 1936 à Dakar (Sénégal) et dont des centres locaux sont créés dans différentes colonies d’Afrique de l’Ouest dès 1942. Ce projet mobilise des chercheurs et des chercheuses de différentes disciplines (anthropologie, histoire, histoire de l’art) ainsi que des conservateurs, des conservatrices et des archivistes de plusieurs institutions détentrices de fonds liés à l’IFAN (Institut Fondamental d’Afrique Noire-Cheikh Anta Diop à Dakar, Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris, Musée d’Aquitaine à Bordeaux) pour identifier des corpus dispersés d’archives, de ressources documentaires et de publications, étudier leur production, leur circulation et leur matérialité, puis examiner leurs héritages actuels. L’objectif est d’interroger en quoi l’inscription de l’IFAN en situation coloniale a généré et entretenu sa subalternisation dans le contexte scientifique de l’époque, et affecté tant sa politique documentaire que les parcours de ses personnels et leurs publications. Ces recherches permettront ainsi de faire émerger les logiques d’actrices et d’acteurs longtemps invisibilisés, qu’il s’agisse des auxiliaires africains ou des femmes – chercheuses, techniciennes ou épouses – qui ont contribué de diverses manières à la production des savoirs sur et à partir de l’Afrique. Elles permettront également de retracer l’histoire éditoriale de l’IFAN et le rôle joué par ses multiples revues dans la constitution de réseaux de sociabilité savante et dans l’émergence des professionnels africains de la recherche. Il s’agira d'examiner dans quelle mesure ces espaces alternatifs de production de savoirs sur l’Afrique et en Afrique, fonctionnant dans le cadre de réseaux à différentes échelles, ont été marqués par des processus d'invisibilisation dans les champs scientifiques impérial, transimpérial et international. Aussi ArchIFAN propose-t-il, en collaboration avec ses collègues africains et l’équipe du portail de Persée, la numérisation des deux principales revues de l’IFAN et l’analyse de leurs contenus textuels et iconographiques. Une partie des savoirs produits par les chercheurs et chercheuses de l’IFAN durant la période coloniale sera ainsi mis à disposition, en accès libre sur Persée, dans un souci de restitution répondant aux valeurs portées par la Science ouverte. Dans une telle perspective, une part importante du projet concernera, de manière transversale et réflexive, les enjeux éthiques et la prise en compte des impacts sociétaux d’une telle remise en circulation de sources historiques et de données scientifiques produites en situation coloniale, susceptibles de faire aujourd'hui l’objet de nombreuses réappropriations, à l’heure où la question du rapatriement numérique (digital return) des savoirs se pose de manière cruciale et a des échos bien au-delà du champ scientifique et académique.
2023 – 2029
WomAtWork represents the first comparative investigation into the history of female urban popular professions in three African countries – Ghana/Gold Coast, Sudan, and Tanganyika/Tanzania – over the course of fifty years (1919-1970). Not only is this topic under-studied in African history, but these professions (i.e. midwives, beauticians, wedding singers, market vendors, craftswomen) are also characterised by fascinating and unsettling aspects. For example, notions such as a set price for a service and fixed working times or workplace did not apply to many of them. WomAtWork aims first to discover the peculiarities of these labour patterns and see their historical transformations as a result of political changes and the introduction of new technologies and commodities. Secondly, it examines professional subjectivities, the work ethos, norms and values of women at work. Finally, it questions the relationship between these professionals and their communities – including in the light of the social stigma sometimes attached to them – as well as the nexus between these labourers and protest, charting when and why they laid down their tools. Based on an innovative methodology, this project seeks to overcome the invisibility of women in official archives by weaving together different threads of sources. It begins inside those photographic archives connected with institutions that had conscious agendas of representation and routines of intense textual production (for example, missionary stations). In some cases, these visual and textual sources lead to networks or families of women professionals, whose oral history will be solicited. Third, the project aims to analyse the vernacular press combined with oral accounts. Through these objectives and methodologies, WomAtWork will be a participant in the mission of writing a more democratic, more inclusive history, one that firmly establish the centrality of women’s labour in African his
2023
Ce projet analyse la demande de services de résolution de conflits matrimoniaux en Afrique de l'Ouest et l'impact de l'intervention de l'État sur les inégalités de genre. En utilisant l'expérience des tribunaux indigènes et des maisons de justice au Sénégal, nous examinons les effets à court et à long terme de l'expansion des services publics de justice sur les normes de genre et les relations des justiciables avec l'État. Nous proposons également des approches pour étendre les services publics de résolution de conflits matrimoniaux aux populations qui en ont besoin.
2022
Ce projet vise à étudier les liens entre la(les) guerre(s) actuelle(s) en Éthiopie et les processus de territorialisation, la formation de l'État et la construction des identités. Il innove en envisageant la guerre civile comme un processus territorial dans lequel les conflits politiques et militaires révèlent des structures socio-territoriales profondes, ancrées dans des trajectoires historiques et participant à reproduire la domination et à la formation de l'État. Il travaille sur des "matériaux de proximité de la guerre", documentant les dimensions socio-territoriales et scalaires de la guerre civile, que la plupart des travaux universitaire ont négligées. La méthodologie reposera principalement sur une démarche qualitative, en privilégiant la pratique du terrain et de l'observation à long terme. Le projet est structuré en quatre axes qui aborderont la dimension conflictuelle de la territorialisation et la politisation des conflits territoriaux ; les contestations liées à l'ethnicité et à l'identité dans un contexte ethno-fédéral (devenu violent) ; la relation dialectique entre les contestations politiques et les débats théoriques sur les formes de la territorialité de l’État et l'évolution de la globalisation de l’Éthiopie. Ce programme international et interdisciplinaire réunira des géographes, des sociologues, des historiens, des anthropologues et des politologues ayant une longue expérience du travail de terrain en Éthiopie, qu'ils soient éthiopiens ou non. Le projet sera accueilli par deux institutions structurant l'école française d'études éthiopiennes : le Centre français d'études éthiopiennes d'Addis-Abeba (CFEE) et l'Institut des Mondes Africains (IMAF) en France. Des post-doctorats seront ouverts pour des chercheurs français et éthiopiens, une formation doctorale sera lancée et les résultats seront partagés avec les organisations gouvernementales ou non qui préparent l'Éthiopie de l'après-guerre.
2021
Le projet EN-MIG porte sur les migrations contraintes impliquant des enfants des différentes parties de l’empire colonial français en décomposition, en premier lieu l’Indochine, l’Algérie, Madagascar, mais aussi l’Afrique et des territoires ayant connu une décolonisation sans indépendance (départements d’outre-mer par exemple). Le projet tient compte de la très grande diversité de ces migrations : des enfants sont déplacés en famille, avec leurs parents, ou sans eux mais en adelphie, ou encore isolés et non accompagnés. La contrainte a pu être exercée par l’État français et/ou par d’autres acteurs agissant peu ou prou avec son soutien. Des groupes d’enfants sont pris en charge par des organisations ; des enfants sont accueillis dans des centres ad hoc ou dans des établissements préexistants ; ou encore placés dans des familles d’accueil métropolitaines, voire adoptés. EN-MIG vise à comprendre les ressorts individuels de l’intégration dans la société d’accueil chez des enfants et des jeunes soumis à un déplacement en contexte de crise. En ce sens, il interroge historiquement les effets des biopolitiques postcoloniales sur la construction personnelle des enfants en mobilité. Les différents types de migrations d’enfants sont interrogés la fois comme source de vulnérabilité et comme support de construction de leur autonomie afin de saisir comment les enfants et adolescents naviguent entre contraintes et opportunités. En s’appuyant sur des travaux préparatoires lancés par les trois UMR partenaires (TEMOS, ISP, IMAf), l’hypothèse qui sous-tend cette recherche est que la construction individuelle des enfants victimes de déplacements contraints résulte d’une articulation entre la relation au cadre et à l’environnement (politiques de racisation, organisation de la prise en charge, lieu et type d’hébergement...), la relation aux autres (familles, parents, frères et sœurs, éducateurs.trices religieux ou laïcs...) et les processus d’identification (race, genre, pays d’origine, climat et nourriture, langue et culture, changements de prénoms, famille restée au pays...). Trois axes de recherche seront déployés : 1 - la dimension postcoloniale des déplacements d’enfants métis ; 2 - La relation familiale à l’épreuve des mobilités contraintes de la décolonisation ; 3 - L’intégration des enfants déplacés : (re)composition des trajectoires au regard de l’âge et du genre. Une thématique transversale portera sur les changements de prénom (renomination) en tant que processus de construction subjective des enfants déplacés. EN-MIG se situe ainsi au croisement de plusieurs champs de recherche qui ont été séparément déjà bien travaillés (jeunesse et construction des empires, enfances en guerre, migrations) mais dont l’intersection souffre d’un manque de travaux. Le choix méthodologique principal d’EN-MIG est de proposer une histoire s’appuyant sur les archives disponibles, ainsi que les récits que les personnes concernées ont produit en avançant en âge. Il s’agit de faire une histoire à hauteur des principaux protagonistes. Pour ce faire une grande importance sera accordée à leurs voix, à leurs paroles, qu’elles soient exprimées dans l’enfance ou différées à l’âge adulte. Cette priorité implique des interactions entre les chercheur.e.s et les acteurs/témoins dans une démarche de type collaboratif : entretiens, observation participante, atelier d’écritures croisées, photographies. En effet, les personnes concernées ont de fortes attentes en connaissances historiques afin de pouvoir apprécier le sort qu’elles ont subi. En replaçant leurs parcours personnels dans le contexte historique le projet leur permettra de mieux comprendre leur propre histoire. Outre des productions académiques, les résultats de la recherche seront valorisés via différents supports (productions vidéo, exposition virtuelle, séances pédagogiques…). EN-MIG viendra ainsi enrichir et approfondir la réflexion sur les questions actuelles des migrations d’enfants, accompagnés ou non.
2021
Porté par l’IMAF (UMR 8171/243) avec 3 partenaires scientifiques (Chaire ICAO/UQAM/Canada; l’IFAN/Dakar, Sénégal; et Kyoto Seika University/Japon) le projet RIMA regroupe 11 chercheur.e.s d’Afrique (Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Maroc), d’Amérique du nord, d’Asie et d’Europe. Pluridisciplinaire (anthropologie, sociologie, histoire, géographie, science politique et linguistique), il porte sur les femmes de l’espace Maghreb/Afrique de l’ouest islamisée et vise à étudier comment celles-ci, face aux diverses discriminations qu’elles subissent (inégalités de genre, territoriales, ethniques, économiques, religieuses), réagissent, luttent et/ou militent par le biais de l’islam. Décliné en 3 axes thématiques (affirmation par la pratique religieuse; radicalisations religieuses des femmes; combativité civique des femmes par le religieux) RIMA a pour ambition d’appréhender la façon dont les femmes, dans le contexte contemporain de la crise djihadiste au Sahel, réinventent leur vie et leur environnement social via la religion. À partir de l’Algérie, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Maroc, du Nigeria et du Sénégal, il permet de réfléchir aux normes de religiosités, contrastées et parfois radicalisées que les femmes mobilisent, s’approprient et mettent en œuvre, pour lutter contre les inégalités dont elles souffrent et imposer leurs identités de croyantes et de citoyennes. Novateur par l’aire géographique étudiée (Maghreb/Afrique de l’ouest islamisée) définie comme entité sous-régionale historique; par la prise en compte des autres religions; et par l’étude de la violence au Sahel par le prisme des femmes, RIMA repose sur une équipe junior et sénior, grande connaisseuse des terrains abordés, dont les membres collaborent depuis longtemps ensemble. La méthodologie ethnographique (enquêtes de terrain qualitatives, entretiens, observation participante) sera complétée par une étude des matérialités et par des portraits de femmes. Une approche visuelle sera utilisée comme outil (filmages, photos, dessins) et comme objet d’observation. Le projet RIMA aura des impacts dans le domaine scientifique : il permettra le renouvellement et le transfert des connaissances, relèvera le défi de la coproduction de savoirs en vue d’appréhender au mieux les grands enjeux sociaux et politiques à venir des pays islamisés de la sous-région. Plusieurs actions de valorisation de la recherche seront organisées: un workshop (Montréal), un colloque final (Casablanca); des publications en français et en anglais déposées dans ORCID. Il aura des retombées en termes de transfert de connaissances, notamment en Afrique : participation à la formation d’étudiant.e.s (masters, doctorat) français, canadiens et africains; 2 universités d’été (Bouaké et Dakar); 1 atelier d’écriture en collaboration avec les Cahiers d’études africaines. Il aura aussi un impact sur le monde social et associatif grâce à la participation d’associations de défense des droits des femmes (religieuses et civiles), qui dialogueront avec les chercheur.e.s du projet. Enfin RIMA intéressera les pouvoirs publics, en termes de savoirs et d’expertises. L’impact attendu est de répondre aux questionnements de divers acteurs (politiques, économiques, ONG, programmes de développement : G7Sahel, OCDE, UNESCO, etc.) sur les tensions contemporaines autour des pratiques de l’islam et des clivages sociaux dans la zone Afrique de l’ouest islamisée/Maghreb, et de mettre en avant le rôle des femmes dans les transformations sociales. L’expertise réalisée pourra servir de base à des politiques publiques locales, mais aussi aux acteurs de la société civile impliqués dans des associations qui auront, grâce aux résultats fournis, une vision globale de ces problématiques dans la sous-région.
2021
Compter en situation coloniale. Croisant les approches disciplinaires et les échelles d’analyse, le projet étudie la production des statistiques dans les territoires africains de l’empire français, du début du XIXe siècle aux indépendances des années 1960. Il informe à la fois sur la gouvernance coloniale et ses transformations et sur les rapports de force et les inégalités qu’elle véhicule ; il éclaire le jeu des acteurs, publics et privés, colonisateurs et colonisés, qui, en métropole et dans les territoires utilisent ces indicateurs, participent à leur production ou bien refusent d’y contribuer. Plus largement, et même si elle s’arrête aux statistiques économiques (activité, production, prix, travail), l’enquête éclaire à la fois l’empire des chiffres en colonie et l’impact de l’expérience coloniale sur la production des statistiques. En reconstituant l’histoire institutionnelle, sociale et intellectuelle de leur production, en s’arrêtant aux matériaux bruts, aux coulisses des enquêtes et à la construction des catégories statistiques nous entendons montrer combien le chiffre est structurant, comment il fait lien et comment, en classant, il hiérarchise et exclut. Il s’agit ainsi de préciser en quoi le fait de compter, de tenir des comptes si l’on est producteur ou de fabriquer des statistiques si l’on est administrateur, est une manifestation du pouvoir. L’enquête informera plus avant sur les spécificités du gouvernement en situation coloniale, en soulignant les formes d’autonomie des acteurs présents sur le terrain, les tensions qui les opposent, et en précisant si – et comment – les statistiques ont pu constituer une « technologie de la distance ». Nos travaux interrogeront également les inévitables approximations, dissimulées sous la rigueur du nombre, qui entretiennent l’illusion d’un savoir-pouvoir chez les administrateurs et dans les milieux économiques coloniaux, participant au « colonial gaze », au prisme déformant et déformé que les administrations ont des territoires colonisés, et plus largement de leur propre pouvoir. Au bout du compte, l’enquête permettra de mieux comprendre ce que compter veut dire, d’interpréter les conventions statistiques et comptables en situation coloniale, et de montrer comment et en quoi l’empire des nombres éclaire le processus de colonisation.
2021
Ce projet a pour objectif d’analyser, dans une perspective comparée et transnationale, la construction de « la vérité électorale » » comme un accord publiquement exprimé sur les règles de la compétition politique et partant, l’acceptation des résultats des élections. En effet, les dénonciations de fraudes sont au cœur de la compétition politique dans de nombreux pays et les questionnements sur la validité des scrutins au cœur de légitimité démocratique : malgré le rôle croissant d’experts navigant d’ONG en organisations internationales, et alors même que les élections n’ont jamais été aussi technicisées et contrôlées, elles apparaissent de plus en plus contestées. Ce paradoxe est au cœur de l’intrigue théorique de ce projet. Notre questionnement comparatif sera abordé depuis des terrains à conflictualité de long court (États-Unis, Mexique, Kenya) et des terrains à conflictualité plus récente (Égypte, Turquie, Ouganda). Un accent sera aussi mis sur la circulation de normes. Notre première hypothèse découle de ce paradoxe : selon des logiques tantôt de coopération, tantôt de concurrence, les multiples acteurs participant à l’organisation et au contrôle des élections – partis, bureaucraties électorales, experts nationaux et internationaux, juges – contribuent souvent à mettre en doute la robustesse des résultats. Se considérant comme les « gardiens de la démocratie », ils se constituent en professionnels de la dénonciation de la déviance électorale. Ils sont également porteurs de visions concurrentes – techniques et morales - de ce qu’est une « bonne élection ». Ce faisant, ces multiples acteurs contribuent à saper la crédibilité de l’élection à travers la remise en cause permanente de ce mécanisme essentiel de légitimation démocratique. La seconde hypothèse porte sur la circulation de normes et de pratiques en matière électorale : certains pays à conflictualité électorale longue ont été parties prenantes de la construction d’un milieu d’experts internationaux – c’est par exemple le cas du Mexique. Par ailleurs, certaines technologies électorales (identification biométrique, e-vote, machines à voter, transmission électronique des résultats…) sont développées et commercialisées par des entreprises privées et étrangères, et donc soumises à des logiques marchandes et de transaction parfois corruptive. S’articulent ainsi des logiques de circulation et de diffusion répondant à divers investissements, qui placent la question de la matérialité électorale au cœur de l’expertise démocratique internationale. La construction sociale de la « transparence électorale » est alors au cœur d’un débat technologique et expert, porté par des intérêts divers. A rebours de cette hyper professionnalisation de l’acte électoral, la troisième hypothèse renvoie à une forme de vernacularisation de l’élection : des groupes affinitaires, mais aussi des groupes porteurs d’intérêts divers faisant du marketing ciblé (targeting politique), se saisissent des enjeux électoraux, alimentent des controverses, et parfois produisent des vérités alternatives et les diffusent largement, notamment sur les réseaux sociaux. Ces contestations et la production de ces vérités alternatives ne se font pas uniquement selon des logiques partisanes, mais répondent à des logiques souvent plus complexes, qui constitueront l’un des axes d’investigation du projet.
2021
Le projet photIFAN vise à réévaluer l’importance et à enclencher un processus de conservation et de valorisation du patrimoine photographique hérité de l’IFAN, l’Institut Français d’Afrique Noire (1936-1960). Alors que l’IFAN a joué un rôle majeur dans le développement de la recherche scientifique en Afrique de l’Ouest au XXe siècle (sciences naturelles, humaines et sociales), les images produites dans le cadre de l’ambitieuse politique photographique de l’Institut durant la période coloniale, couvrant toute l’ancienne Afrique Occidentale Française, sont aujourd’hui mal identifiées et peu utilisées. Disséminées entre la France et l’Afrique, elles constituent un patrimoine visuel unique et de précieuses sources historiques, à la fois pour les chercheurs (histoire contemporaine, études africaines), mais également pour les sociétés qu’elles représentent. L’objectif du projet est de relever les défis que présente ce patrimoine, à la fois quant à sa matérialité et à sa spatialité, mais également quant aux questions épistémologiques, voire éthiques et politiques, qu’il soulève, en tant que patrimoine colonial. Le projet va d’abord permettre de cartographier les corpus existants en France et en Afrique de l’Ouest. Ensuite, en s’appuyant sur la collaboration des institutions patrimoniales partenaires, il donnera accès à une partie des images via la création d’une plateforme en ligne. Parallèlement, un outil de recherche numérique sera élaboré afin de renouveler la manière d’analyser et de mobiliser les documents photographiques. Enfin, la réflexivité qui sous-tendra la réalisation du projet, contribuera à stimuler une réflexion critique et épistémologique au sein de la communauté scientifique et patrimoniale sur les enjeux postcoloniaux des patrimoines.
2020
Alors que la question de la restitution des collections africaines fait polémique en France et en Europe, le programme comparatif, diachronique et multiscalaire ReTours vise à déplacer l’enquête 1) de l’Occident aux pays africains concernés, 2) des questions de restitution aux problématiques du retour, 3) de la vision muséo-centrée aux rôles des diasporas et du tourisme, 4) des instances et autorités officielles du patrimoine aux lieux, récits et transmissions considérés comme marginaux, secondaires ou officieux. Inscrit dans la temporalité des restitutions telle que préconisée par le rapport Sarr-Savoy, ReTours est un programme novateur tant dans ses objectifs de recherche critiques que par ses méthodes d’enquêtes et ses coopérations culturelles. Constitué d’un consortium international et pluridisciplinaire de 14 chercheurs, ReTours travaillera à partir du Bénin, du Cameroun, du Mali et du Sénégal et sur leurs diasporas. L’objectif du programme ReTours est de saisir des enjeux politiques, les rôles économiques, les usages sociaux du retour. Il s’organise à partir de trois axes qui sont autant de manières de désigner les objets : 1) Géopolitique du patrimoine, autour des mobilisations pour ou contre la restitution des “oeuvres”, 2) Économies du retour et imaginaires du tourisme, à propos des dispositifs d’accueil notamment touristiques des “pièces muséales” ; 3) Appropriations et resocialisations autour des mémoires sociales, de l’agency des “choses” revenues, des transformations des significations et des créations contemporaines. Le programme ReTours se propose ainsi de travailler selon les méthodes inspirées de l’anthropologie collaborative et de la recherche-action, qui impliquent une réflexivité attentive à la fois aux enjeux de pouvoirs et aux risques d’enclicage. Des ateliers intermédiaires associeront les acteurs du retour et de l’accueil (autorités traditionnelles, institutions culturelles, artistes, associations partenaires associés). En termes de résultats, ReTours croisera enquêtes de terrain, d’archives et numériques pour proposer des cartographies des mobilisations, des réseaux et des objets, des analyses comparées et multisituées, des biographies sociale d’objets, des analyses d’interventions artistiques. ReTours s’engage dans un ambitieux programme de conférences, de publications et de séminaires, propres ou co-conçus avec d’autres programmes de recherche internationaux. L’impact scientifique majeur attendu de ReTours est le changement du paradigme des recherches sur la circulation des collections et leurs appropriations : de nouvelles connaissances, mais aussi de nouvelles manières de faire de la recherche, avec des enquêtes collectives, réflexives et attentives aux effets d'asymétrie liées au statut, au genre et à l’origine. ReTours répond aux objectifs de recherche de l’axe “Culture, créations patrimoine”, en travaillant à de véritables coopérations culturelles avec un grand nombre de partenaires institutionnels, muséaux, culturels et artistiques associés au programme : expositions virtuelles, applications numériques, catalogues, outils pédagogiques, etc. En termes de retombées sociales et économiques, ReTours ambitionne de documenter les bonnes pratiques dans chacun des pays, de fournir aux institutions en charge du retour des outils utiles à la prise de décision, mais aussi de donner à voir et à entendre les mémoires de groupes sociaux souvent ignorés, notamment les femmes, et participer ainsi à la reconnaissance de leurs savoirs propres. ReTours enrichira ainsi les connaissances sur la restitution qui, focalisée sur les questions historiques, juridiques, politiques et muséales, n’a guère pris en compte l’argument touristique des pays africains demandeurs, ni développé le rôle des diasporas dans les mobilisations et les dimensions géopolitiques de la restitution
2020
Le projet étudie les transformations pluridimensionnelles au Soudan révolutionnaire dans un contexte dynamique de production (pratique et conceptuelle) de modèles alternatifs de société portés par une demande partagée et multiforme d’égalité et de justice. La méthodologie valorise ethnographies intensives, formation à la recherche, dimension participative avec la société civile. Ancrée dans la recherche au Soudan, l’équipe interdisciplinaire (anthropologie, sociologie, géographie, science politique, histoire, linguistique, droit) bénéficie d’un consortium international, les laboratoires français (LAVUE, PRODIG) étant en synergie avec 2 institutions au Soudan (University of Khartoum et CEDEJ). L’originalité du projet se situe à plusieurs échelles: au niveau spécifique du Soudan, où le cas de la Troisième Révolution Soudanaise commencé en 2018-19 est choisi comme laboratoire de la transformation de la société, et à une échelle plus large – notamment dans le cadre d’une aire arabo-musulmane dont l’intérêt scientifique est ravivé par la conjoncture internationale récente des printemps arabes, où le projet permettra de nourrir une réflexion théorique comparative sur les mouvements de contestation du monde contemporain. Thawra-Sur plaide pour une “grounded theory” qui, d’une part, nourrit les approches récentes des inégalités et discriminations, et, d’autre part, s’attelle à faire converger deux volets du débat sur la décolonisation : celui sur le nouvel impérialisme et la récolonisation du Sud Global, et celui sur la “décolonialité” attentif aux intersections entre race, genre, ethnicité, autochtonie. L’équipe principale composée de 9 chercheurs (6 confirmés et 3 docteurs) avec une expérience solide dans l’enquête au Soudan travaille selon une double organisation avec le but de croiser diverses dimensions empiriques et analytiques et de faire converger démarche académique, formation à la recherche et coproduction de la recherche : trois “Transversal Issues” (1/Genre, 2/Environnement, 3/Citoyenneté) s’articulent avec trois «Task Forces» (1/Injustices socio-environnementales et reconstruction du commun; 2/Reconfiguration d’arènes politiques vers une citoyenneté inclusive; 3/Circulations culturelles, mémoires, imaginaires). Par ailleurs, l’équipe est mobilisée sur trois activités principales: terrains d’enquête personnels (ruraux et urbains); Ecole doctorale sur les inégalités en situation de changement radical; Ateliers de coproduction des connaissances avec des acteurs de la société civile. L’élaboration d’une Plateforme Digitale Participative “Landscapes of the Sudanese Revolution” avec 2 focalisations (Cartographie et Dictionnaire) est à la fois un outil et un produit du projet dont il complète le dispositif. S’appuyant sur une méthodologie innovante, sur une étroite collaboration avec 8 chercheurs de l’Université de Khartoum, et sur l’inclusion de 5 associations de la société civile, Thawra-Sur ambitionne de contribuer à la compréhension des formes d’imaginaires pour repenser des “futures plus justes” et des modèles “par le bas” visant à faire face aux inégalités et aux injustices dans la gestion des crises de gouvernance, écologiques et migratoires, et à dépasser le clivage entre savoir académique et formation civile et démocratique. Les principaux livrables du projet sont : un volume collective (français, anglais, arabe); une conférence internationale pour la diffusion des résultats; la création d’un pôle de formation franco-soudanaise issu de l’expérience d’Ecole Doctorale; un outil novateur de transmission des connaissances via l’accès ouvert à la Plateforme Digitale participative; l’élaboration d’un projet Horizon Europe « Inequalities, Revolutions and Fairer Futures ». Ses impacts scientifiques seront la contribution aux débats sur inégalités et injustices socio-spatiales et environnementales, et sur mouvements de protestation socio-politique en contexte global et à la réflexion sur la dialectique théorie/terrain.
2019
Le projet AFRINUM vise, au prisme des musiques populaires, à renouveler la question des sociétés innovantes en Afrique de l’ouest en considérant le numérique dans sa dialectique outil globalisé vs artefact culturel, pour rendre compte des multiples singularités qu’il prend et des valeurs auxquelles il renvoie. Cette culture numérique de la musique sera resituée au sein de logiques sociales, économiques et politiques plus larges, dont elle participe et qu’elle contribue à transformer, produire ou réifier tout à la fois. Le programme scientifique s’articule en trois axes. Le premier vise à analyser la fabrique de la musique et du son en studio d’enregistrement, à travers la nouvelle figure de l’arrangeur/ingénieur du son. On se penchera ensuite sur l’entreprenariat et l’économie collaborative développés par les jeunes musiciens pour maîtriser la chaîne de production, distribution et diffusion de la musique et s’émanciper ainsi des aînés. Enfin, le troisième axe portera sur la musique dans sa capacité de médiation entre les individus, les groupes et les identités, à l’heure où le développement des technologies numériques et du marketing culturel coïncide avec et amplifie une certaine dépolitisation des sociétés, au profit d’une économie qui fait émerger l’acteur producteur d’une part et l’individu consommateur de l’autre. Pour réaliser ce projet, une équipe interdisciplinaire de 14 chercheurs, 2 post-doc et 10 étudiants (masterants et doctorants) en sciences sociales et de l’ingénierie sonore effectueront des enquêtes de terrain en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali et au Sénégal. Cette dimension régionale permettra d’identifier les spécificités nationales et d’appréhender les circulations d’un pays à un autre. Le corpus recueilli sera indexé, traité et stocké sur un serveur de la TGIR Huma-Num, dans un format sécurisé et pérenne. Cette base de données fera l’objet de représentations visuelles, effectuées avec le pôle géomatique de l’EHESS, qui déboucheront sur une série de cartes physiques et sémantiques. Les résultats d’AFRINUM auront un impact dans le domaine scientifique : constitution d’un corpus inégalé de données originales sur une région d’Afrique peu étudiée ; renforcement des collaborations Nord-Sud, grâce au partenariat avec le LMI MaCoTer (IRD) ; développement d’une communauté scientifique francophone dans le champ émergent des études sur les cultures numériques ; acquisition d’outils communs entre sciences sociales et sciences du numérique. Pour ce faire, AFRINUM organisera plusieurs manifestations scientifiques internationales et publications collectives (en open édition). L’impact se mesurera en termes de transfert de connaissances, avec l’intégration d’une série de doctorants et de masterants et la mise en place d’enseignements universitaires. AFRINUM aura des retombées en termes d’information des milieux professionnels ouest-africains de la musique et du monde économique. Enfin, ce projet s’attachera à la diffusion de la recherche vers un public de non spécialistes, avec l’organisation de conférences-débats dans les 4 pays africains du projet, la réalisation de courts métrages présentant la Science en action, d’un film documentaire et la production de reportages radio avec RFI Labo. Les moyens mis en œuvre pour une durée de 48 mois (2020-2023) s’élèvent à 375 K€. Ils concernent : 1°) les missions de terrain, le séminaire d’équipe et les manifestations scientifiques ; 2°) l’équipement informatique et audiovisuel pour le recueil du corpus ; 3°) les CDD (contrats post-docs, stages masterants, vacations doctorants) ; 4°) les prestations de service (constitution de la base de données, traduction, édition). Mots clés : musique populaire ; savoirs audionumériques ; entrepreneuriat culturel ; médiations culturelles ; digital studies ; globalisation ; Afrique de l’ouest. Partenaires : Centre G. Simmel (UMR 8131 EHESS-CNRS) ; LMI MaCoTer (Unité 243 IRD) ; Université de Lethbridge (Faculty of Fine Arts) sur fonds propres.
Data provenance
Sources : RNSR (MESR), Annuaire de l’établissement, HAL. Data compiled on 27/10/2026. Found an error? It is corrected in the original source (HAL, RNSR, directory); see how.