ANHIMA · Unité mixte
Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques
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70
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7
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Parent institutions
Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, Ecole Pratique des Hautes Etudes Paris, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Paris, Centre national de la recherche scientifique, Université Paris Cité, Université d'Evry-Val d'Essonne, Université Paris sciences et lettres
Location
Paris
Founded
2010
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History
1,590
Classical studies
686
Archaeology and Prehistory
402
Religions
257
Social Anthropology and ethnology
223
Art and art history
156
Literature
138
Gender studies
81
History, Philosophy and Sociology of Sciences
66
Philosophy
66
Frequent keywords: république romaine, roman republic, roman history, rome, athens, antiquité, greek religion, römische republik, religion, historiography
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2023
Les cités de la Grèce antique ont honoré leurs dieux en leur attribuant des noms et des épithètes tirés du vocabulaire végétal. Les plantes ont servi de point d’ancrage d’activités cultuelles et ont été l’un des moyens d’inscrire la présence d’une divinité dans un territoire. Les récits des poètes ont souvent utilisé le lexique botanique, ou l’évocation de plantes et de paysages particuliers, pour rendre compte des prérogatives d'un dieu ou de sa manière d'intervenir dans les affaires humaines. Les documents épigraphiques et littéraires offrent un riche témoignage de ce phénomène. Les sources s'étendent de la période archaïque (VIIIe-VIIe siècles avant notre ère) jusqu'au Ve siècle de notre ère. Elles se réfèrent à l’ensemble des côtes hellénisées de la Méditerranée. Pourtant, elles n'ont pas encore été collectées et, a fortiori, elles n’ont pas fait l’objet d’une analyse systématique. Le projet « PolyBota. Polythéisme et botanique en Grèce antique. Noms, cultes, récits » s’attache à recueillir ces témoignages et à en fournir la première étude complète. Il croise les approches les plus récentes du polythéisme grec avec l’intérêt croissant que les sciences humaines portent au rôle de l'environnement végétal dans la vie culturelle des sociétés humaines. PolyBota vise à comprendre comment les connaissances végétales et les pratiques environnementales des anciens Grecs ont participé à façonner leurs représentations religieuses et leurs activités rituelles. Une approche multidisciplinaire et « bottom-up » permet à PolyBota d’aller au-delà de l'état de l'art de la bibliographie sur ce sujet et d'atteindre quatre objectifs principaux : (1) surmonter la nature fragmentaire et souvent datée des études existantes ; (2) reconstruire l'encyclopédie botanique, tacite et partagée, selon laquelle les hommes et les femmes de la Grèce antique ont pu interpréter la présence du monde végétal dans les noms, les cultes et les récits de leurs dieux ; (3) accéder à des cosmologies qui ne correspondent pas à la division entre nature et société courante dans les sociétés postindustrielles ; (4) construire une analyse du monde grec plus sensible aux multiples liens qui inscrivent l’action humaine dans son environnement non-humain. Le projet PolyBota sera soumis au panel SH6 – The Study of the Human Past des ERC Starting Grants 2025.
2022
La « révolution de l'écrit » qui caractérisa le début du IIe millénaire av. J.-C. en Mésopotamie s'est d'abord opérée dans le centre et le sud de l'Irak actuel. C'est seulement à la fin du 19e siècle av. J.-C. que l'on voit les nouvelles pratiques s'étendre en Haute-Mésopotamie, Irak du Nord et Syrie orientale, où des milliers de tablettes cunéiformes rédigées en langue akkadienne entre 1810 et 1725 av. J.-C. ont été découvertes depuis 1934 : près de 10000 textes des archives royales de Mari ont été publiés, ainsi que 2000 provenant d'autres sites comme Qa??ara, Terqa, Tuttul, ?ubat-Enlil ou ?u?arra. Ils témoignent du recours à l'écrit pour les besoins de l'administration et de la communication, la correspondance jouant un rôle essentiel dans l'information des rois et leur interaction avec leurs subordonnés et leurs pairs. Le questionnement qui sous-tend le projet PCEHM est triple : dans quelle mesure le pouvoir politique est-il à l'origine de cette révolution de l'écrit ? Inversement, en quoi ces innovations d'ordre culturel ont-elles modifié l'exercice du pouvoir ? Enfin, en quoi la documentation de la Haute-Mésopotamie diffère-t-elle de ce qui est connu pour le sud de l'Irak actuel ? Le projet s'organisera selon quatre axes. Il s'agira d'abord de publier des textes restés inédits. Depuis 85 ans, plus de la moitié des archives de Mari a été publiée mais il reste encore beaucoup à faire : outre les tablettes découvertes à Mari entre 1934 et 1939, on souhaite donner accès à celles issues des fouilles postérieures à 1945, ainsi que celles d'autres sites comme Chagar Bazar. La publication d'environ 2000 textes est programmée : leur édition sera entreprise en une dizaine de monographies imprimées comportant de substantiels commentaires ainsi que sous forme électronique avec photos dans la base de données Archibab. Il faut aussi faciliter l'accès aux textes déjà publiés, aujourd'hui disponibles de manière trop dispersée. Le projet PCEHM améliorera et complétera les outils informatiques existants. Il faut terminer l'intégration à la base Archibab des textes déjà publiés : leur réédition électronique profitera des progrès effectués depuis leur première édition et des collations, publiées ou inédites, ainsi que de l'exploitation des nombreuses photographies qui seront rendues publiques. Cela fait, de nombreuses recherches pourront être reprises, notamment celles portant sur la chronologie, les syllabaires, la prosopographie, et d'autres qui apparaîtront en chemin. Ainsi pourra être renouvelée l'étude des mécanismes par lesquels l'écrit acquit alors un statut nouveau. Trois synthèses y contribueront. L'une portera sur les pratiques archivistiques et comptables dans le palais de Mari, qui étudiera les modalités et raisons de la rédaction, de la conservation et de la consultation des textes administratifs et juridiques. La seconde analysera sur le temps long du IIe millénaire les processus de domination politique en Haute-Mésopotamie et la place de l'écrit dans ces constructions. La troisième portera sur l'écriture, le transport et la lecture des lettres au 18e siècle av. J.-C. On y analysera les mécanismes par lesquels la correspondance a acquis à cette époque un statut nouveau qui explique le rôle crucial qu'elle joua dès lors dans l'exercice du pouvoir en Haute-Mésopotamie. On souhaite enfin œuvrer à la dissémination des acquis de la recherche. Un carnet Hypothèse rendra compte des avancées du projet. Un nouveau site internet permettra, sous la forme d'un atlas interactif de la Haute-Mésopotamie, de présenter les lieux où des documents écrits ont été découverts, situant ceux-ci dans leur contexte archéologique et fournissant un accès à leur édition électronique. Les cours réguliers de la chaire “Civilisation mésopotamienne” et un colloque international au Collège de France seront consacrés aux thématiques et documentations exploitées par le projet et mis en ligne à l'usage d'un large public.
2020
Ce projet porte sur l’exploitation des gisements de bitume du sud de l’Albanie et en propose une approche transhistorique et transdisciplinaire. Il repose sur une double hypothèse et se fixe un double objectif : nous considérons d’une part que cette ressource naturelle a façonné sur la longue durée la région d’où elle est extraite et nous chercherons à expliquer dans quelle mesure son mode d’exploitation, ses usages et sa circulation ont affecté la société environnante (structures foncières, relations intercommunautaires, croyances et pratiques religieuses, paysage et état sanitaire de la population) ; nous considérons d’autre part que l’« objet » bitume se prête à une approche interdisciplinaire et nous proposons d’en faire un observatoire de la mise en œuvre de la collaboration entre disciplines (archéologie, histoire, géologie, anthropologie, géographie) en réfléchissant à la façon dont chaque discipline impliquée contribue à construire cet objet et, en retour, est affectée par lui. Le projet est scientifiquement organisé autour de quatre thèmes : - Dimension matérielle et technologique. La matière bitume étant au centre du projet, il s’agit, par des analyses et études chimiques et physiques, présentes ou passées, d’étudier les différents types de produits extraits, leurs qualités, les possibilités et technique d’extraction ; la localisation, l’étendue et le type de gisements ; les types de transformations (sur place ou au loin – par exemple, Marseille, Bari, etc.) et les usages de ces produits, ainsi que leur conditionnement. On s’interrogera aussi sur les autres matériaux et objets nécessaires à la chaîne de production et de transports. - Dimension matérielle et technologique. La matière bitume étant au centre du projet, il s’agit, par des analyses et études chimiques et physiques, présentes ou passées, d’étudier les différents types de produits extraits, leurs qualités, les possibilités et technique d’extraction ; la localisation, l’étendue et le type de gisements ; les types de transformations et les usages de ces produits, ainsi que leur conditionnement. On s’interrogera aussi sur les autres matériaux et objets nécessaires à la chaîne de production et de transports. - Savoirs et croyances. Dans l’Antiquité, le gisement de bitume était associé à un sanctuaire situé au sud de la colonie grecque d’Apollonia d’Illyrie fondée par Corinthe dans le dernier quart du VIIe siècle av. J.-C. Ce sanctuaire des Nymphes, qui était aussi un gisement de bitume exploité dès l’Antiquité et où brûlait en permanence une flamme visible de loin dans le paysage, était la source d’un oracle singulier, mais sa situation exacte reste à découvrir. Il s’agit aussi de se pencher sur l’évolution des savoirs techniques et commerciaux, depuis l'Antiquité jusqu’aux études scientifiques, à partir de la fin du XVIIIe siècle. - Territoires, espaces, paysages. Cette dimension concerne le territoire utilisé et mobilisé suivant les époques pour l’extraction du bitume. On portera attention au lien avec les questions foncières, la mine étant située à l’époque ottomane dans un domaine impérial, devenu ensuite une ferme d’État au XXe siècle. Le système de concession instauré dans la seconde moitié du XIXe siècle pose également la question de la souveraineté. À un niveau régional, il conviendra donc aussi d’analyser l’articulation avec l’espace agro-sylvo-pastoral, ainsi que l’impact sur les paysages et l’environnement. - Hommes et femmes. Il s’agit de la dimension sociale, que ce soit la question de l’organisation du travail (ethno-confessionnelle, hommes et femmes, cadres/ouvriers, locaux/étrangers) et des interactions entre différents groupes (musulmans, valaques, étrangers) ou ses cadres institutionnels. On étudiera également les formes de travail spécifiques (comme le travail forcé mentionné pour l’époque ottomane et pour l’époque communiste) et leur articulation avec les autres activités, dont les activités agro-sylvo-pastorales.
2019
Ce projet a pour champ de réflexion les épidémies de peste anciennes exploitées à partir des archives textuelles, archéologiques et biologiques issues de plusieurs sites funéraires européens. Grâce aux acquis relatifs à la deuxième pandémie de peste en archéothanatologie et bioarchéologie nous souhaitons maintenant engager des recherches clairement interdisciplinaires et novatrices sur la première pandémie (peste justinienne) et les « pestes » antiques. Deux objectifs sont proposés pour les 4 ans à venir. Le premier est de retracer les chemins de la « peste » et il impliquera : 1. de procéder à des datations absolues, 2. de mettre en œuvre des techniques de modélisation 3D afin d’enrichir l’analyse et l’interprétation de structures funéraires complexes afin de prouver l’existence d’une crise de mortalité, 3. de dresser un corpus des crises épidémiques antiques sur la base de données d'archives (écrits médicaux et juridiques, sources chrétiennes, documentation papyrologique et épigraphique), 4. de rechercher les agents pathogènes qui permettront de formuler de nouvelles hypothèses phylogéniques pour la peste (possibilité de continuité entre les deux premières pandémies) et d’identifier la nature exacte des « pestes » antiques encore très discutée, 5. de développer une analyse spatiale fondée sur un recensement des sources archéologiques et archivistiques afin d’appréhender le rôle de certaines configurations et structures déterminantes dans l'apparition et la diffusion des épidémies et à mieux comprendre les inégalités de santé. Le deuxième objectif est d’évaluer et discuter l’impact biologique, social et culturel de la maladie et pour l’atteindre nous souhaiterions : 1. effectuer des analyses démographiques en utilisant des techniques nouvelles en anthropologie comme celle du cément dentaire de manière à mieux comprendre les fluctuations de l’âge et du sexe observées au cours du temps pour la peste, 2. examiner les indicateurs squelettiques de l’état de santé afin de contribuer au débat actuel sur la sélectivité de la mortalité par peste, 3. initier des analyses des isotopes stables (azote et carbone) pour une connaissance de l’état nutritionnel des individus et son lien potentiel avec les épidémies. 4. discuter de l’évolution des traitements sépulcraux des pestiférés au cours du temps en lien avec les perceptions et les conceptions sur les modalités de transmission de la maladie, 5. affiner par une étude des textes nos connaissances sur les conceptions médicales contemporaines des épidémies (prophylaxie, traitement du malade, notion de contagiosité et d'épidémie, règlement sanitaires, consignes d'inhumation, traitement des cadavres, etc.). Ce projet, qui accorde une large part à la recherche fondamentale, est fortement motivé par une interdisciplinarité effective. Plusieurs chercheurs français et étrangers avec des compétences dans différents domaines disciplinaires (sciences historiques, archéologiques et biologiques) sont prêts à l’intégrer. Nos recherches seront fondées sur l'exploitation de documents archéologiques inédits issus de divers pays d'Europe et formant un ensemble cohérent. Il y a bien sûr un véritable challenge concernant la détection des pathogènes pour les crises de mortalité antique mais, d’une manière plus large, ces recherches devraient permettre de nous interroger sur l’originalité des caractéristiques épidémiologique de certaines épidémies et sur les comportements funéraires mis en œuvre face à de tels fléaux au cours des siècles. De plus il sera possible de mettre en exergue d'éventuelles ressemblances ou dissemblances avec les épidémies plus tardives actuellement mieux documentées.
2019
Les huiles et les graisses (sumérien i3, akkadien šamnum) répondent aux besoins humains fondamentaux au même titre que la nourriture, le logement et les vêtements : car les substances grasses sont indispensables pour protéger la peau, surtout dans un climat aride. L'importance de l'huile et de la graisse pour une société humaine se reflète surtout dans le chef-d'œuvre de la littérature mésopotamienne, l'épopée de Gilgamesh : après avoir mangé du pain et bu de la bière, l'homme sauvage Enkidu est devenu un humain civilisé après avoir été lui-même oint. L'onction comme pratique quotidienne est bien connue des sources cunéiformes, et l’archéologie a mis au jour des récipients spéciaux utilisés pour l’huile en grand nombre. Bien que l'huile soit l'un des produits transformés les plus courants en Syro-Mésopotamie, comme la bière, le pain ou le vin, elle n'a jamais été considérée dans son contexte social et culturel. Ce projet évalue la documentation épigraphique exceptionnelle qui est disponible, comprenant surtout des archives administratives de 2500 à 1600 av. J.-C., et examine toutes sortes de graisses animales (matière grasse du lait, saindoux, etc.) et d'huiles végétales (sésame, olive, rarement amandes) qui y sont attestées. S'appuyant sur des études antérieures portant sur des aspects spécifiques de leur terminologie, de leur production, de leur circulation et de leur utilisation, ce projet vise à fournir une description cohérente et innovante des étapes successives ("chaîne opératoire") de la production à la consommation dans son ensemble, approche qui n'a pas été encore systématiquement adoptée pour ces périodes. En particulier, l'énorme corpus administratif des débuts de la Syro-Mésopotamie nous renseigne sur la gestion de l’huile dans les centres urbains et constitue une source très riche pour étudier les procédures économiques dans leur contexte social et historique. Le projet se concentre sur les informations concernant les qualités de l'huile et sur les quantités de ce produit indiquées dans la documentation. Cette approche ouvre la voie à l’utilisation des données provenant de sources textuelles dans les recherches archéologiques, archéométriques et archéobotaniques. Les deux porteurs sont spécialistes des textes administratifs, de leur terminologie et des aspects quantitatifs. Ce projet permet de combiner l'expertise de documents sumériens (Âge du Bronze ancien) de l'équipe allemande avec celle de l'équipe française concernant les documents paléo-babyloniens (Âge du Bronze moyen) et s’appuie sur les compétences interdisciplinaires de partenaires pour les données céramiques, archéométriques, archéologiques, archéozoologiques et archaébotaniques. Deux autres types d’études sont intégrés dans ce projet et en constituent des éléments essentiels : une étude archéologique des oléagineux et une analyse des résidus lipidiques des céramiques du sud de l'Irak. L'expertise numérique est fournie par le groupe IT de la LMU de Munich.
2017
Notre projet LGPN-Ling consiste à procurer un développement linguistique à la base de données prosopographique interrogeable en ligne du Lexicon of Greek Personal Names d'Oxford et à en extraire un dictionnaire imprimé qui remplacera "Die historischen Personennamen des Griechischen bis zur Kaiserzeit" de Fr. Bechtel (HPN, 1917), aujourd'hui dépassé du fait de l'accroissement des données et des progrès réalisés en linguistique. Sur les environ 35.000 noms de personnes identifiés (350.000 individus répertoriés dans le LGPN), 30.000 peuvent être considérés comme assurément grecs. L'analyse linguistique vise à rendre clairs étymologie, morphologie et sémantisme de ces noms. Pour chacun, quelle que soit sa structure, essentiellement mono- ou di-thématique, la grille d'analyse procurera les informations suivantes, dont certaines sont déjà fournies par la base de données d'origine : (1-6) forme du nom en grec et en translittération, évaluation de sa productivité par le nombre de ses attestations, genre grammatical, aires dialectales et fourchette chronologique d'emploi. (7-13) : analyse étymologique permettant sa segmentation morphologique en radicaux (de 1 à 3) et suffixes (de 1 à 4). (14-16) : structure grammaticale du nom, et, le cas échéant, sémantico-syntaxique, pour distinguer entre les différents types de composés ; sémantisme du radical pour le nom simple ou des radicaux pour le nom composé ; rapprochements avec les lexèmes et éventuelles collocations corrélés, en grec historique, en mycénien ou dans une autre langue, indo-européenne ou autre, en mettant à profit tous les types de sources (littéraires, épigraphiques et papyrologiques) (17) : une bibliographie onomastique complètera l'ensemble. Trois registres indissociables et complémentaires motivent le projet : 1. Une recherche fondamentale inédite en même temps qu'innovante, d'intérêt à la fois scientifique et patrimonial ; 2. La formation d'étudiants à la recherche par la recherche dans le cadre d'un partenariat entre trois établissements et trois laboratoires de réputation internationale dans le domaine des sciences de l'Antiquité : l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, section des sciences historiques et philologiques, dans laquelle la coordinatrice est directeur d'études, l'Université Paris-Sorbonne, UFR de Grec et la Faculté de Classics de l'Université d'Oxford ; et l'UMR 8210 Anthropologie et histoire des mondes antiques (ANHIMA), l'UMR 8167 Orient et Méditerranée et The Stelios Ioannou School for Research in Classical and Byzantine Studies, Lexicon of Greek Personal Names ; 3. Une double valorisation de la recherche par la mise en ligne de données actives, interrogeables grâce au langage XML et au standard international d'encodage de la TEI, et l'extraction d'un dictionnaire imprimé. Les 4 années de financement demandé correspondent aux étapes successives de la recherche, dont l'organisation se conformera en partie à l'ordre alphabétique des anthroponymes, en commençant par ceux des HPN de Bechtel. La première année sera consacrée aux lettres A-E (environ encore 7000 noms) ; la deuxième, à Z-? (environ 7500) ; la troisième, à ?-? (environ 7500) et la dernière, à ?-O (environ 8000). La progression exponentielle s'explique par le fait qu'une fois qu'un radical a été traité, le renseignement des données devient automatique lorsqu'il réapparaît. Ce projet a été avalisé par l'IUF en 2014, par la nomination de sa coordinatrice comme membre, avec un soutien de 15000 euros annuels pendant 5 ans. Il a aussi reçu le soutien de l'équipe d'Oxford, sous la forme d'un an de financement (2015-2016) pour la construction de l'interface, l'étude de 1500 noms en A- et la préparation de l'interconnexion des deux bases de données et de leur interopérabilité. Les deux instruments, l'un numérique, l'autre imprimé, doivent être utiles à la communauté scientifique comme au grand public, dont l'intérêt pour les noms propres est d'ordre culturel et patrimonial.
2012
La collection des inscriptions grecques conservées au Musée du Louvre s’est constituée au hasard des acquisitions, confiscations, dons et transferts depuis l’époque de Louis XIV ; elle comprend environ 600 documents répartis sur à peu près 10 siècles, depuis le VIe s. av. J.-C. jusqu’au IVe s. ap. J.-C. Compte tenu de la variété chronologique, géographique et thématique des textes et de l’originalité intrinsèque de bon nombre de leurs supports — stèles, éléments architecturaux, statues et autres objets votifs etc. —, l’intérêt scientifique et patrimonial de cet ensemble est incontestable. Mais il constitue également un échantillon idéal pour la réalisation d’un prototype éditorial innovant, susceptible de bénéficier d’une visibilité assurée tout à la fois par la diffusion sur le web de plusieurs sites reliés, destinés à des usages et des publics différents, et par une présentation muséographique renouvelée d’une partie de la collection dans les salles du musée. Le programme E-PIGRAMME, Epigraphie et Muséographie : Edition numérique et valorisation de la collection des inscriptions grecques du Louvre soumis aujourd’hui à l’ANR correspond à la phase de « mise en production », enrichie de nouvelles dimensions, d’un projet d’édition électronique qui fut présenté au jury international de l’Institut Universitaire de France et avalisé par la nomination à l’IUF de Michèle Brunet comme membre Senior fin 2009. Le consortium à l’intersection de la philologie, de l’histoire de l’art, de l’archéologie et de l’histoire ancienne, constitué afin de réaliser cette publication numérique originale s’accompagnant d’une nouvelle muséographie, réunit quatre partenaires : deux laboratoires de recherche, l’UMR 5189 Histoire et Sources des Mondes Antiques (HiSoMA), coordonnateur, et l’UMR 8210 Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques (ANHIMA), le Département des Antiquités Grecques Etrusques et Romaines du Musée du Louvre (DAGER) et l’École française d’Athènes (EfA). Notre démarche commune s’ancre dans une double conviction : les disciplines d’érudition que sont l’épigraphie et l’histoire de l’art antiques ont toute leur place dans la dynamique actuelle des Humanités Numériques, qui permet la circulation et l’échange des savoirs à une échelle inédite ainsi que l’ouverture à d’autres publics que celui des seuls spécialistes. Mais l’arrivée du numérique dans l’édition scientifique reconfigure toute la chaîne de production éditoriale et nécessite une transposition des savoir-faire académiques dans de nouveaux processus professionnels : c’est pourquoi les innovations induites par l’outil électronique sont une occasion optimale pour développer une recherche sur les modalités techniques, les contours et la forme à donner à la publication numérique des inscriptions grecques. De fait, le recours à ce nouveau moyen d’édition et de diffusion offre l’opportunité d’analyser les inscriptions dans toutes leurs dimensions, dans une approche qui ne dissocie plus le texte de son support ni des contextes d’exposition, restituant ainsi à ces documents leur double qualité d’écrits/écritures ostentatoires et d’ouvrages d’art. Une telle recherche expérimentale ne peut être réalisée qu’en étroite concertation avec la petite communauté internationale des Digital Classicists, qui sera de ce fait bien représentée dans notre comité de suivi scientifique. Mais il est tout aussi essentiel d’inscrire cette entreprise dans une activité de formation en lien direct avec le réseau d’expertise et de collaborations internationales qu’elle concourt à concrétiser. Pour cela, l’EfA constitue un cadre parfaitement adéquat, car en fournissant la garantie d’une certaine pérennité au-delà du terme du programme, elle lui procure une validation institutionnelle et encourage aussi les développements futurs de l’édition numérique en épigraphie grecque, en prenant l’initiative d’un colloque destiné à jeter les bases effectives d’une collaboration internationale dans ce domaine.
Data provenance
Sources : RNSR (MESR), Annuaire de l’établissement, HAL. Data compiled on 27/10/2026. Found an error? It is corrected in the original source (HAL, RNSR, directory); see how.