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Relinsert

ANR · 2017

Relinsert — L'insertion par le religieux des migrants au Burkina Faso

Financement : 223 400 €

1 partenaire

Fiche du financeur ↗

Ce projet part du constat de la situation religieuse plurielle du Burkina Faso et d’observations anthropologiques qui soulignaient dès la fin des années 1950 le rôle de la conversion religieuse comme moyen d’insertion pour les migrants burkinabè en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’interroger la façon dont le religieux peut constituer un mode d’insertion pour les migrants (de retour, internes ou internationaux) qui s’installent ou se réinstallent actuellement au Burkina Faso. Les évolutions de ces pratiques religieuses en migration seront ainsi questionnées à partir de recherches de terrain menées dans trois zones du Burkina Faso : la capitale Ouagadougou, qui polarise des mouvements migratoires internes, de retour et internationaux ; Koudougou, troisième ville du pays et ville historique de départ des migrants en Côte d’Ivoire ; Sinikiéré et Ouarégou, deux localités du « pays bissa », marquées par une tradition migratoire forte en direction de l’Italie et de la Libye. L’hypothèse principale de ce projet de recherche est que le religieux en migration, bien que possiblement associé à des logiques migratoires d’individuation ou d’émancipation, est jusqu’à présent apparu comme un facteur de cohésion et d’intégration dans le contexte de ces localités burkinabè. En associant des méthodologies issues de l’anthropologie, de la géographie et de l’histoire, les pratiques de ces migrants à l’échelle locale (quartier, famille) seront étudiées en milieu rural et urbain. L’insertion sera ainsi questionnée en lien avec le contexte religieux pluriel qui caractérise ces localités et qui sera analysé à partir d’une articulation entre analyses spatiales (cartographies des lieux de culte) et enquêtes de terrain socio-anthropologiques et historiques. Plusieurs entrées permettront d’aborder la notion d’insertion par le religieux en migration : la conversion religieuse appréhendée par la mise en perspective de parcours religieux et migratoires ; la participation à des cérémonies familiales au niveau local, comme révélatrices de l’insertion dans des réseaux sociaux locaux ; des mécanismes de solidarité comme la zakat dans l’islam ; le rôle d’ONG confessionnelles ou d’équipement liés à des structures religieuses dans l’accès aux services publics de base pour les migrants (santé, éducation, services sociaux) ; la visibilité sur la place publique et les enjeux locaux de gouvernance liés au religieux en migration ou de retour de migration. Les limites de ces processus d’insertion et les possibilités d’exclusion seront cependant aussi envisagées, dans un contexte sous-régional et national fragilisé par la montée du terrorisme et du radicalisme violent. Avec ce projet de recherche prévu pour trois ans, une nouvelle équipe sur le religieux en migration en Afrique subsaharienne sera créée, dans le cadre des relations de partenariat entre l’IMAF (UMR 243 IRD 8171 CNRS) et l’INSS/CNRST au Burkina Faso. Les membres de l’équipe de recherche mèneront conjointement des missions de terrain dans les localités retenues et travailleront de façon pluridisciplinaire. La stratégie de diffusion des résultats s’appuie sur l’organisation de trois manifestations scientifiques qui rythmeront le programme (atelier de lancement, journée d’étude à mi-parcours, colloque international final). Elle se base sur des activités de formation à destination des étudiants, des publications scientifiques et d’autres au format plus adapté au grand public (livre en collaboration avec un photographe, film) ou aux politiques et décideurs (plaquettes de communication des résultats). L’un des principaux résultats attendus est la proposition d’une autre lecture des liens entre religions et migrations, en décentrant cette problématique et en l’envisageant à partir de l’exemple burkinabè, où ces deux dimensions ne sont pas nécessairement entendues comme facteur d’exclusion sociale ou de discrimination lorsqu’elles sont pensées ensemble.

Structures participantes de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Provenance des données

Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.