ANR · 2018
Fintech — Technologie et (dès)intermédiation financière
Notre projet de recherche vise à explorer le rôle du crowdfunding dans l’intermédiation financière, à savoir, le rôle des plateformes de crowdfunding par les prêts et par les actions. Depuis la crise financière, ces plateformes sont parfois perçues comme une opportunité pour introduire plus de concurrence dans l’industrie bancaire, qui est considérée comme concentrée, inefficace et opaque. En même temps, ces nouveaux entrants pourraient présenter des problèmes similaires à ceux des banques traditionnelles avec la présence de la sélection adverse et des problèmes d’agence. L’objectif de ce projet consiste à explorer les différences entre les intermédiaires financiers traditionnels et alternatifs afin de comprendre à quelles conditions ces nouveaux acteurs pourraient améliorer l’efficacité et la stabilité de l’intermédiation financière. Le marché français mérite notre attention pour deux raisons. Premièrement, la France accueille le plus grand marché de crowdfunding en Europe continentale. Deuxièmement, la Banque de France a récemment ouvert “Open data room” qui permet aux chercheurs d’avoir accès aux données détaillées sur les entreprises et leurs relations bancaires. Ces données confidentielles et fermées aux chercheurs ne sont pas accessibles aux Etats-Unis et Angleterre. Dans la partie théorique du projet, nous modéliserons la concurrence entre une grande banque et une petite plateforme de prêt. Nous supposons qu’une plateforme possède une meilleure technologie pour résoudre des problèmes d’asymétrie d’information et est, donc, capable de prêter aux entreprises plus risquées. L’objectif de notre analyse est de comprendre si la concurrence entre les banques et les plateformes améliore les conditions de crédit pour les emprunteurs et les rendements financiers des investisseurs. En outre, nous analyserons l’impact du cadre réglementaire (i.e. les exigences en capital, la réglementation des taux des dépôts) sur les conditions de crédit. Dans la partie empirique du projet, nous continuerons à explorer la concurrence entre les banques et les plateformes et entre les plateformes elles-mêmes. Premièrement, nous étudierons les problèmes de sélection adverse liés au fait que les plateformes accueillent les emprunteurs rejetées par les banques. Nous modéliserons la décision de l’emprunteur de postuler pour un prêt via une plateforme, ce qui nous permettra de comprendre si les banques et les plateformes sont en concurrence pour les mêmes emprunteurs ou si les plateformes prêtent aux emprunteurs exclus du financement bancaire. Deuxièmement, nous évaluerons la technologie de l’intermédiation des plateformes en testant si elles réussissent à alléger les contraintes de crédit des PME et à améliorer leur performance. Nous explorerons également les différentes mécanismes de la formation des taux d’intérêt sur les plateformes et comparerons les conditions de financement entre les banques et les plateformes de crowdfunding. Finalement, nous étudierons la valeur ajouté de plateformes de crowdfunding par les actions pour tester l’existence de la sagesse des foules. L’objectif ultime de notre projet est de proposer un guide de réflexion qui puisse servir aux régulateurs. La première étape consistera à répertorier, en collaboration avec l’OCDE, l’ensemble des pratiques réglementaires des pays de l’OCDE. La régulation devrait protéger les consommateurs, traiter des problèmes d’agence inhérents à l’intermédiation financière, prendre en compte des considérations de concurrence et de stabilité financière.
Structures participantes de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Provenance des données
Sources : scanR. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.