Le domaine de recherche de SPHère se situe à la rencontre des sciences, de la philosophie et de l'histoire. Son but le plus général est de contribuer à la compréhension des formes de l'activité rationnelle, dans une acception large de ce qui, au cours des époques et selon les aires culturelles, a pu être conçu comme tel. Histoire SPHère mène des recherches en histoire des sciences aussi bien qu'en histoire de la philosophie, sans s'interdire de les articuler parfois à des travaux historiques plus généraux. Philosophie SPHère développe également des recherches en histoire de la philosophie, en philosophie des sciences et en philosophie. Sciences Aucun effort de mise en contexte ou de reconstruction, aucune réflexion philosophique ne sauraient nous faire négliger la technicité intrinsèque des activités scientifiques. Cela vaut pour les écrits d'hier, mais aussi pour les élaborations scientifiques d'aujourd'hui, avec lesquelles il nous paraît essentiel de rester en prise.
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Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, Centre national de la recherche scientifique, Université Paris Cité
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Paris
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2009
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Philosophy
194
Classical studies
35
History, Philosophy and Sociology of Sciences
23
History
16
Sociology
3
Literature
3
Linguistics
3
History and Overview [math.HO]
2
Economics and Finance
2
Adaptation and Self-Organizing Systems [nlin.AO]
1
Frequent keywords: homère, sextus empiricus, aristote, épistémologie, environment, ethics, democritus, epicureanism, epicure, transferts culturels
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11 projects
2025
VIGICAMENT vise à étudier, par une double approche historique et sociologique, les transformations des moyens de surveillances du médicament en France depuis les années 1970, période à laquelle cette surveillance nommée « pharmacovigilance » a été organisée. Ceci vient en compléments de recherches en sciences sociales menées depuis une vingtaine d’années sur différentes questions (sur la recherche pharmaceutique, la régulation, la publicité la consommation des médicaments, etc.) aussi bien en temps ordinaires que de crise. Deux modèles complémentaires de surveillance des médicaments se sont développés : le signalement des effets indésirables constatés d’une part et ce qui est appelé « pharmaco-épidémiologie » qui tente d’identifier des signaux de surveillance sur des données massives. Ces éléments n’ont pour le moment pas été étudiés en France. Le projet repose sur une variété d’archives institutionnelles (des agences de régulation, ministère de la santé, centres régionaux de pharmacovigilance, etc.) mais aussi associatives (associations d’usagers de santé et de victimes de médicaments), à la fois papier et nativement numériques d'une part. Et d'autre part sur des entretiens sociologiques avec des acteurs de la régulation, des producteurs d’agents thérapeutiques ou leur représentant, des professionnels de santé du côté de la médecine clinique et de la santé publique (médecins, pharmaciens/pharmaciennes, infirmiers/infirmières), et les usagers et usagères de ces produits. L'objectif de VIGICAMENT est d'analyser les transformations des pratiques de pharmacovigilance depuis les années 1970 autour de 1) La place des usagers dans le processus d'identification des risques 2) La structuration de la pharmacovigilance entre industrie et Etat 3) Les modalités de construction d'une nouvelle discipline et d'un nouveau régime de preuve avec l'exemple de la pharmaco-épidémiologie 4) Les interrelations entre la système national et les systèmes internationaux de pharmacovigilance.
2024 – 2026
MUCH delves into the crucial and still vastly understudied interplay between mathematics and philosophy in the 14th c., shedding light on pre-modern questions that resonate with ongoing concerns on mathematical knowledge, abstraction, and reality. What is the link between calculation and the conception of a quantified item? How do we think of a quantifiable unknown in equations? The case of 14th-c. Italy is key to grasp the emergence of such problems, their development and cascade-effect on European mathematics of the following centuries. MUCH unravels the feedback loop between philosophical notions and processes involved in mathematical practices, prominently algebra: quantum, inquantum, and variable in equations. Rooted in pre-modern notions of extension, quantum represents an existing quantified substance, while the variable (i.e., unknown value) stands as a neither continuous nor discrete thing that can be quantified. Inquantum is the specific epistemic process connecting quantum and the variable: a layered abstraction that allows mathematical properties to be distilled from non-mathematical ones. For the first time, MUCH implements a careful study, connecting pre-modern texts and actors from different institutional and professional settings (universities, religious and merchant schools). By intertwining historical contexts, MUCH disentangles how quantum’s and inquantum’s philosophical underpinnings paved the way for Ch’s mathematical application, contributing to a more comprehensive understanding of the pre-modern scientific thought. MUCH’s leading-edge hypothesis has the broader academic goal of bridging the research fields of history of mathematics and philosophy, deepening our comprehension of historical mathematical development but also emphasizing the inseparable relationship between philosophical inquiry and scientific progress.
2023
Le projet ‘Transmission du savoir mathématique néoplatonicien’ (NEOMAT) se trouve au croisement de l’histoire des sciences et de l’histoire des textes. Il poursuit deux objectifs principaux. Il s’intéresse à deux épisodes clés dans la transmission des textes grecs mathématiques. Le premier concerne la transmission des traités mathématiques grecs vers l’arabe. L’historiographie traditionnelle suppose que cette transmission s’est effectuée à partir des traités grecs antiques vers l’arabe, de manière directe ou par l’intermédiaire d’une version syriaque. Cependant, cette manière de penser est anhistorique et envisage la période antique comme uniforme. Le caractère innovant revient à évaluer la pertinence de l’hypothèse qui découle de la doxa actuelle qui guide la démarche d’un certain nombre d’éditeurs de textes scientifiques grecs, selon laquelle la transmission en arabe permet l’accès à un état du texte antique épargné par les couches de lecture et d’étude successives en grec. Les retombées d’un tel projet sont importantes, car il est susceptible de 1)modifier notre vision de la transmission des traités grecs scientifiques ; 2)changer notre regard sur le lien entre la science grecque antique et la science arabe ; 3)permettre d’évaluer le degré d’innovation des différentes transmissions, et de faire ressortir l’originalité de la réception du traité grec d’origine dans des espaces linguistiquement et culturellement différents. Le deuxième enjeu majeur concerne l’enseignement néoplatonicien à proprement parler et son importance pour notre connaissance de l’enseignement des mathématiques grecques à la fin de l’Antiquité. Entre le IIIe et le VIe siècle de notre ère, le néoplatonisme repose sur un réseau d’écoles unifié par un cursus d’étude en philosophie – principalement des traités d’Aristote et de Platon (Festugière) –. Conformément aux recommandations de Platon dans la République (VII 522 C – 531 C), leur étude est précédée de l’enseignement de quatre disciplines dont la maîtrise est nécessaire pour accéder à la connaissance de la philosophie. Ces disciplines sont l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique. Le néoplatonisme offre donc un témoignage privilégié et unique pour examiner les modalités de l’enseignement des mathématiques à la fin de l’Antiquité. L’intérêt d’une partie de ces textes est qu’ils ont été sous-évalués en histoire des mathématiques. Cela a directement contribué à biaiser notre appréciation de la manière dont on faisait des mathématiques à la période antique. L’utilisation néoplatonicienne de ces traités offre un rare exemple de textes mathématiques antiques pour lequel il est possible d’étudier le lien entre mathématique et philosophie, puisqu’on dispose de traces et de témoignages d’utilisation des textes. La caractéristique du néoplatonisme est que les enseignants néoplatoniciens composent des commentaires aux œuvres étudiées. Plusieurs d’entre eux nous sont parvenus. On conserve aussi des commentaires rédigés à partir de notes prises par des étudiants. Ces différents documents fournissent un vaste corpus pour développer comme axe transversal du projet une étude sur ce en quoi consiste l’enseignement à cette période. Le projet repose aussi sur l’exploitation des méthodes et outils de la philologie. L’étude des commentaires en général et la question de l’impact des commentaires dans la transmission des textes constituent un autre point important. Dans le cas des commentaires néoplatoniciens, les textes sont à leur tour utilisés à Byzance dans le cadre d’un enseignement et tout l’enjeu sera de comprendre comment pour pouvoir exploiter le témoignage des sources médiévales qui en transmettent le contenu.
2023
Les “Women’s studies”, “Body studies” et “Sensory studies” constituent trois grandes tendances de la recherche interdisciplinaire actuelle. Le projet “CORPS FÉMININS, SENSATIONS FÉMININES” se situe à l'intersection de ces trois domaines. Dans ce contexte, et en adoptant une approche historico-philosophique, le projet vise à étudier les conceptualisations scientifiques médiévales de la corporéité féminine en relation avec les théories de la perception sensorielle qui sont simultanément produites dans la science médiévale. Voici les objectifs que nous souhaitons poursuivre: (i) fournir une étude approfondie des théories scientifiques médiévales sur la féminité, le corps féminin et la perception sensorielle; (ii) montrer si et dans quelle mesure les différences de sexe et de genre étaient déjà considérées comme jouant un rôle dans les théories psychologiques pré-modernes; et (iii), d'autre part, explorer le rôle et l’influence potentielle des théories des perceptions sensorielles sur les visions médiévales du corps féminin et de la féminité en général. Cette étude devrait parvenir (a) à découvrir certaines racines historiques méconnues des théories scientifiques actuelles liant la psychologie et les études sur le sexe et le genre, et (b) aider à clarifier les vues scientifiques médiévales sur les femmes, en montrant la variété des approches qui peuvent être trouvées au cours de ces siècles, qui sont généralement et indistinctement considérés comme “misogynes”.
2023
La relation entre les axiomes et les définitions a été un tournant clé dans la transformation contemporaine de la logique, des mathématiques et de la science, à la suite du développement de l'axiomatique moderne. On dit souvent que les définitions ne jouent aucun rôle dans les systèmes axiomatiques, si ce n'est celui d'abréviations. Les axiomes sont souvent considérés comme des définitions implicites ou des caractérisations des termes primitifs qui apparaissent dans les axiomes. Le projet aborde l'étude des définitions axiomatiques de deux points de vue complémentaires : historique et théorique. Les principaux objectifs seront respectivement 1) d'étudier l'origine de la notion de définitions axiomatiques, et 2) de classer les définitions axiomatiques et d'étudier le type de problèmes auxquels elles sont appliquées en logique et en philosophie des mathématiques. L'enquête historique est basée sur l'hypothèse générale de recherche selon laquelle les définitions, ainsi qu'un éventail plus large de facteurs, ont contribué à la transformation de l'axiomatique en une étude des systèmes hypothético-déductifs. Cette hypothèse sera testée en vérifiant trois affirmations plus spécifiques : 1) la croyance selon laquelle les axiomes servent à définir ou à caractériser les entités mathématiques n'est pas apparue brusquement au XIXe siècle, mais est le résultat de débats complexes sur la distinction entre axiomes et définitions et sur le rôle de la déduction, qui remontent au moins à l'époque moderne ; 2) il n'y a pas de sens unique dans lequel les axiomes peuvent être considérés comme des définitions implicites dans les débats des mathématiciens et logiciens des 19e et 20e siècles ; 3) plusieurs critères d'adéquation des définitions ont été discutés dans l'histoire de l'axiomatique, et il n'y a pas de théorie unique qui ait recueilli un consensus général. L'enquête théorique est basée sur l'hypothèse de recherche générale selon laquelle une compréhension plus rigoureuse du rôle joué par les définitions axiomatiques contribuerait fortement à une meilleure compréhension de plusieurs débats contemporains en philosophie de la logique, en mathématiques et en philosophie des sciences. Deux hypothèses de recherche spécifiques guideront cette partie du travail : 1) les définitions peuvent jouer un rôle à la fois inférentiel et sémantique ; 2) les définitions axiomatiques sont philosophiquement cruciales pour comprendre le débat contemporain sur la prouvabilité formelle et informelle. Les difficultés rencontrées dans les recherches sur le thème des définitions sont leur omniprésence, leur ambiguïté et leur technicité dans les présentations axiomatiques, ce qui explique leur manque de traitement systématique. Ces difficultés seront abordées et résolues grâce à la création d'un large consortium de philosophes, logiciens et mathématiciens ayant une expertise dans l'étude de l'histoire des sciences mais aussi dans les développements plus formels de la logique contemporaine. Les résultats attendus comprennent l'évaluation du rôle des définitions dans le développement de l'axiomatique hypothético-déductive ; une histoire détaillée de la relation entre axiomes et définitions en logique et en mathématiques de la Renaissance au début du 20ème siècle ; une classification des définitions apparaissant dans les présentations axiomatiques ; une meilleure compréhension de la relation entre définitions et déduction ; et une analyse des rôles épistémiques joués par les définitions dans la prouvabilité formelle et informelle. La valeur ajoutée du projet réside dans l'effort d'offrir un premier traitement historique et théorique systématique des définitions axiomatiques. Le projet apportera de nouvelles connaissances à la fois sur le rôle qu’elles ont joué dans l'histoire de l'axiomatique et sur les rôles épistémiques qu'elles jouent dans la philosophie contemporaine.
2023
Euclide à l'époque moderne vise à mener une analyse étendue de l'impact culturel, social, scientifique et épistémologique de la diffusion des Éléments d'Euclide, le traité de mathématiques classiques le plus important et le plus largement diffusé, en Europe du XVIe au XIXe siècle. En étudiant les transformations de cette œuvre à travers ses diverses éditions, traductions et commentaires, ainsi que ses usages pédagogiques et pratiques, l'équipe de recherche internationale impliquée dans le projet (basée à Paris et à Wuppertal) souhaite établir une représentation globale et interdisciplinaire de la tradition moderne des Éléments et de son influence inégalée dans l'histoire des sciences, du savoir et de la culture. Les principaux objectifs du projet sont : (1) l'analyse des transformations apportées au texte et aux diagrammes des Éléments tout au long de sa tradition imprimée et la manière dont ils reflètent les changements qui ont eu lieu dans l'histoire des mathématiques et de l'épistémologie à l'époque moderne ; (2) l’étude de la diffusion et des usages pédagogiques et professionnels des Éléments à l’âge classique et leur impact sur la transformation du texte d'Euclide ; (3) l'établissement d'une base de données en libre accès pour parcourir et étudier le contenu des éditions imprimées des Éléments. Pour la partie (1), l’analyse montrera comment les contraintes logiques et épistémologiques qui déterminent le discours mathématique (dans ses principes, la structure de ses preuves et ses diagrammes) ont évolué au fil du temps, transformant le texte d'Euclide et son rôle dans la définition de l'idéal du savoir scientifique. Pour la partie (2), il sera montré comment l'interaction entre les Éléments et les mathématiques pratiques, ainsi que la diffusion de l'œuvre d'Euclide dans les langues vernaculaires à travers l'Europe (qui a été déterminante pour sa transmission en dehors des cercles lettrés et dans les contextes professionnels), ont influencé le contenu et l'utilisation des Éléments, ainsi que l’image des mathématiques euclidiennes dans différents contextes sociaux, institutionnels et culturels. L'étude de la promotion et de l'adaptation des Éléments d'Euclide aux nouvelles normes pédagogiques permettra de mieux comprendre la position changeante des mathématiques parmi les sciences et les changements qui ont eu lieu en mathématiques et dans les théories pédagogiques au début de l’ère moderne en Europe. Le dernier objectif (3) sera établi selon les principes du "green open access" et permettra aux chercheurs ainsi qu’aux non-spécialistes d'avoir un aperçu à la fois large et détaillé de l'évolution des Éléments d'Euclide au fil du temps, mais aussi d'obtenir des réponses rapides à des questions spécifiques sur la tradition imprimée des Éléments en Europe.
2021
ANTHRAME propose un projet de recherche fondamental sur l’anthropologie des XIV-XVIe siècles en Italie qui fait cruellement défaut. Or, bien que l’anthropologie comme science ne soit constituée qu’à partir du XVIIIe siècle, nous utilisons ce terme pour désigner l’interrogation sur la nature et les fonctions de l’être humain, considéré comme l’objet et la finalité de ses orientations dans son expérience mondaine. Le terme d’expérience est sciemment assumé car il nous permet de nous situer dans l’historiographie actuelle, tout en soulignant notre originalité. En effet, notre hypothèse de recherche est la suivante : la conception de la nature de l’être humain dans la culture italienne entre le XIVe et le XVIe siècles connait des acceptions inédites de l’ « être soi-même », lesquelles ne peuvent être réduites ni à la « personne » médiévale, en tant que substance individuelle et rationnelle, ni à la « conscience » de l’Age classique. Notre méthode est la suivante : nous analysons les pouvoirs des sens internes de l’âme, à savoir l’imagination et la mémoire. Notre perspective renverse ainsi la tendance historiographique qui privilégie l’étude de l’intellection. En revanche, nous voudrions, d’une part, analyser tout ce que la saisie de l'intellect laisse en dehors de sa prise conceptuelle, comme le rêve ou le souvenir involontaire ; d’autre part, étudier les nouvelles disciplines, comme l’histoire ou la poétique, lesquelles reconnaissent dans la mémoire et l’imagination leurs propres principes. C'est pourquoi la notion d'expérience s'impose. L'être humain ne se définit plus par sa seule excellence cognitive. A cet égard, nous avons déterminé quatre ordres de questions qui dirigeront le programme scientifique de notre projet et en justifient la décomposition en quatre tâches conséquentes et progressives. Celles-ci peuvent être résumés comme suit : i. Quelles sont les puissances des sens internes (imagination et mémoire) ? ii. Quelles sont les nouvelles modalités d’expérience et les principes de nouveaux savoirs propres aux sens internes ? iii. Comment peut-on penser à l’époque l’expérience d’être soi-même en tant qu’être humain ? iv. Comment les manifestations de ce qu’on appelle personality desorder sont-elles aperçues, notamment les maladies mentales et les troubles de l’identité sexuelle ?. Ces questions (qui peuvent être également exprimées comme « thèmes » de recherche) ont été établies parce qu’elles permettent de prendre toute la mesure du pouvoir disruptif et alternatif des « sens internes », imagination et mémoire, sans en réduire la portée à l’effet perturbateur à l’égard de l’intellection.
2020
Le projet Epiphinore vise l’élaboration de nouvelles connaissances sur le(s) contenu(s) de l’aspiration à vie « ordinaire », « normale », « comme avant », telle qu’elle est exprimée par des personne vivant - durablement ou provisoirement - une vie médicalisée à domicile ou en institution en raison d’une maladie chronique et/ou dégénérative. De manière spécifique, le projet se concentre sur le contexte des maladies chroniques et de la multimorbidité. Il mobilise une méthodologie qui combine une approche fondée sur les philosophies du normal et du pathologique (Canguilhem, Goldstein) et une approche épidémiologique innovante des perspectives des patients, celle de la cohorte ComPaRe (www.compare.aphp.fr). Il propose une enquête sur l’aspiration à la vie « normale » et l’idée de « normalité réinventée » aux participations de cette cohorte, en analysera les résultats empiriques, leurs implications normatives pour la conception du soin et des parcours de soin et la portée philosophique.
2019
Ce projet vise à réévaluer l’importance de la pensée de Pierre Gassendi (1592-1655) dans la constitution de différentes formes d’empirisme en Europe au 17e siècle. Gassendi peut en effet être considéré comme un des fondateurs de la science et de la philosophie moderne au 17e siècle. Mais, par comparaison avec Descartes ou Newton, Gassendi est souvent vu, de nos jours, comme un auteur de second rang, tourné vers le passé parce qu’il voulait faire revivre l’épicurisme antique. À l’opposé d’une telle approche rétrospective, ce projet a pour ambition de réévaluer le rôle de la philosophie et de l’épistémologie gassendistes dans le développement de la pensée moderne. Pour ce faire, nous nous concentrerons sur les pratiques scientifiques de Gassendi et leur articulation avec son empirisme, ainsi que sur leur influence sur deux régions européennes particulièrement réceptives à cet empirisme : les Provinces Unies et la Grande Bretagne. La première partie de ce projet cherchera à montrer le rôle des recherches de Gassendi dans différents domaines scientifiques (optique, astronomie, physique, mécanique) pour la constitution de sa théorie empiriste de la connaissance. Pour Gassendi, l’expérience n’est pas seulement la source d’une connaissance générale obtenue par induction, mais elle joue également un rôle crucial pour rendre compte de phénomènes naturels particuliers. La spécificité de l’approche gassendiste de l’expérience et ce qui la rend particulièrement intéressante d’un point de vue historique est qu’elle repose à la fois sur une théorie de la connaissance s’appuyant sur les données sensibles et sur une étude de l’optique ainsi que sur des pratiques d’observation qui sont cruciales pour produire des explications des phénomènes naturels. L’articulation, dans la pensée de Gassendi, entre sa théorie de la connaissance, sa théorie de la vision et ses pratiques expérimentales, retiendra particulièrement notre attention. À la suite de la rénovation de l’optique menée par Kepler, Gassendi promeut en effet une nouvelle conception de la vision articulant une physique de la lumière, une physiologie de la vision et une psychologie de la vision. Le projet étudiera ces trois dimensions, en particulier en s’appuyant sur la correspondance, en partie inédite, de Gassendi avec Boulliau, Peiresc et Hortensius. Il s’attachera également à montrer comment Gassendi a élaboré une théorie empiriste dans un contexte polémique avec Descartes et quelles conséquences cela revêt pour sa conception des mathématiques. La deuxième partie de ce projet s’attachera à étudier la diffusion et l’influence de la pensée de Gassendi dans deux régions particulièrement réceptives à l’empirisme : les Provinces Unies et la Grande Bretagne. Dans les Provinces Unies, l’empirisme de Gassendi a notamment joué un rôle polémique contre la métaphysique cartésienne. Mais Gassendi a également échangé de nombreux rapports d’observations astronomiques avec son réseau de correspondants néerlandais, ce qui a joué un rôle important dans l’établissement de la science moderne, en particulier dans la défense du copernicianisme. En Grande Bretagne, les ouvrages de Gassendi ont été largement diffusés et traduits, en particulier grâce à la Physiologia de Charleton. Nous nous attacherons à retracer les voies de diffusion de l’empirisme gassendiste en Grande Bretagne, en particulier en contexte scientifique. Gassendi a en effet exercé une influence importante sur des figures telles que Locke, Boyle, Newton ou Thomas Willis. Ce faisant, il s’agira de montrer que la constitution de différentes formes d’empirisme au 17e siècle n’est pas réductible à l’influence du Chancelier Bacon et de mettre en évidence l’importance de la pensée de Gassendi dans ces processus.
2018
Les fonctions complexes du système nerveux reposent sur deux grandes familles de cellules : les neurones d’une part et les cellules gliales d’autre part. Alors que les neurones sont responsables du traitement des informations, les cellules gliales assurent une grande palette de fonctions de soutien. Chez les vertébrés, certaines cellules gliales (oligodendrocyte dans le système nerveux central et cellule de Schwann dans le système nerveux périphérique), sont responsables de la synthèse de la gaine de myéline, qui enroulée autour des axones à longue projection, pourvoie à leur isolement électrique, assure une accélération considérable de la vitesse de conduction de l’influx nerveux et en subvenant à leur soutien métabolique est nécessaire à leur survie. De ce fait il est clair que l’acquisition de la gaine de myéline a été un élément clef du succès évolutif des vertébrés, alors que chez les invertébrés les cellules gliales ne sont pas capables de former une gaine de myéline. Malheureusement, la survenue de démyélinisation, c’est à dire de la perte de la gaine de myéline, dans certaines affections neurologiques humaines, dont la plus fréquente est la Sclérose en Plaques (SEP), est extrêmement délétère pouvant conduire à un handicap sensori-moteur sévère et permanent. Bien que puisse survenir dans la SEP une remyélinisation spontanée, les études neuropathologiques ont clairement illustré que ce mécanisme remarquable de réparation des lésions de démyélinisation est le plus souvent insuffisant, malgré la présence en abondance, dans et autour des lésions, de cellules du lignage oligodendrocytaire. Quelles sont les raisons qui empêchent ces cellules de remyéliniser ? Est-ce une absence à la surface des axones de molécules attractives ou au contraire ces axones dénudés expriment-ils à leur surface des molécules répulsives, inhibitrices de la myélinisation ? Alternativement est-ce le programme de myélinisation oligodendroglial qui est inhibé par la présence de quelques facteurs inconnus ? Notre ambition réside dans notre volonté d’amener biologistes et physiciens théoriciens à déchiffrer les mécanismes moléculaires qui contrôlent les interactions entre neurones et cellules gliales et de briser le code qui empêche les cellules gliales d’invertébrés de s’enrouler autour des axones. Nous souhaitons dans le même temps, grâce à la présence dans notre groupe d’une philosophe historienne des sciences, développer le cadre théorique qui nous permet d’aboutir à nos résultats dans le contexte des progrès scientifiques antérieurs et présents. Dans une premier temps nous définirons les bases physiques de la sélection naturelle et nous appuierons sur un modèle simple d’invertébré (la drosophile) afin de définir les réquisits génétiques nécessaires au développement de l’enroulement des axones par les cellules gliales. Afin d’identifier les traits conservés au cours de l’évolution, les gènes d’intérêt seront testés dans un système vertébré, en les appliquant à notre système déjà bien établi de chimère invertébré-vertébré (Drosophile-Xénope) en co-culture ainsi que par transplantation intra cérébrale. La perspective historique nous conduira à articuler nos approches expérimentales et à peaufiner nos modèles de fibres nerveuses. Le but de notre projet est donc de découvrir le minimum requis pour induire un programme de myélinisation sous un angle complètement innovant jamais appliqué, à notre connaissance, à ce jour. Nous anticipons qu’outre les apports théoriques fondamentaux de notre démarche, briser le code du programme de myélinisation, c’est à dire d’enroulements successifs autour des axones, ouvrira des perspectives originales et inattendues de traitement des maladies démyélinisantes.
2017
Le but du projet MATHESIS est de promouvoir l’étude des manuscrits mathématiques inédits du philosophe et mathématicien Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), au moyen d’un travail d’édition et de commentaire. Nous prévoyons l’édition de près de 800 pages de textes imprimés, ainsi que deux volumes de traductions et commentaires. L’idée d’une collaboration européenne dans ce domaine est déjà ancienne puisqu’elle fut proposée dès 1901, lors du lancement de l’édition des œuvres complètes de Leibniz. La première guerre mondiale empêcha malheureusement cette collaboration d’aboutir, avec pour effets regrettables d’une part un retard considérable dans les travaux du Leibniz-Archiv, et d’autre part un frein évident à la recherche. A ce jour, plus d’un siècle après le lancement de l'idée, près des trois quart du travail mathématique de Leibniz pendant la période qui va nous intéresser dans ce projet (1676-1716) reste encore inédits. Il ne sera pas nécessaire d’insister sur l’obstacle que cette situation impose à la recherche portant sur l’un des plus grands mathématiciens et philosophes européens de son temps. D’après les projections des Archives Leibniz (basées à Hanovre pour ce qui concerne l’édition des textes mathématiques), il faudra attendre 2022 au plus tôt pour que ce corpus puisse être simplement abordé, et 2053 au plus tôt pour que l’entreprise puisse espérer aboutir. Notre ambition est d'initier une dynamique remédiant à cette situation très insatisfaisante pour les chercheurs, mais aussi, plus généralement, pour tous ceux qui s’intéressent aux travaux de Leibniz. En nous appuyant sur le recrutement de jeunes chercheurs et sur les dynamiques de recherche existantes, nous nous proposons de travailler à l’édition et au commentaire des travaux sur la géométrie, dans ses différentes déclinaisons leibniziennes : analysis situs, théorie de la perspective et géométrie projective, théorie des courbes, « mathématique universelle », axiomatisation ou encore théories du continu. Nous concevons ce projet comme une première étape sur laquelle appuyer ensuite des projets de plus grande ampleur, notamment au niveau européen. Le projet bénéficie d’une synergie particulièrement favorable due aux développements récents des recherches sur l’histoire et la philosophie des mathématiques leibniziennes. En 2010 furent initiés deux programmes importants consacrés aux mathématiques de Leibniz : d’un côté, la création en France d’un groupe, dirigé par D. Rabouin et V. Debuiche, rassemblant à l’échelle nationale les chercheurs travaillant sur les mathématiques leibniziennes au sein du Centre d’Etudes Leibniziennes ; d’un autre côté, le programme engagé au Max-Planck-Institut für Wissenschaftsgeschichte sous la direction de Vincenzo de Risi : « Modern Geometry and the Concept of Space ». Peu de temps auparavant, un grand colloque organisé à Nancy par Ralf Krömer (depuis élu professeur à l’Université de Wuppertal) sur la réception scientifique de Leibniz au XXème siècle avait déjà témoigné du renouveau des études leibniziennes sur les mathématiques et de la fécondité des collaborations franco-allemandes dans ce domaine. C’est donc tout naturellement que le Leibniz Archiv de Hanovre s’est tourné vers ces différents partenaires quand il s’est agi d’aborder un corpus pour lequel une expertise scientifique est nécessaire pour l'avancement du travail éditorial proprement dit. Le présent projet décrit les modalités de cette collaboration, déjà initiée par de nombreuses collaborations ponctuelles, et détaille ses retombées auprès d’un public plus large, notamment sous la forme d’un site web dédié à la valorisation des manuscrits mathématiques de Leibniz.
Data provenance
Sources : RNSR (MESR), scanR, Annuaire de l’établissement, HAL. Data compiled on 27/10/2026. Found an error? It is corrected in the original source (HAL, RNSR, directory); see how.