LGP · Unité mixte
Laboratoire de géographie physique : environnements quaternaires et actuels
Rattachement
Pas encore de présentation publiée pour cette structure.
2 457
Publications HAL
76
Chercheurs
10
Projets
Tutelles
Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, Université Paris est Créteil Val de Marne, Centre national de la recherche scientifique, Institut National de Recherches Archeologiques Preventives
Localisation
Thiais
Création
1998
Identifiants pérennes
Références de cette unité dans les référentiels publics : elles servent à la recouper avec d’autres sources, et ne changent pas quand le nom change.
Domaines
Part des publications HAL par domaine
Géographie
663
Archéologie et Préhistoire
631
Sciences de la Terre
540
Milieux et Changements globaux
226
Environnement et Société
215
Interfaces continentales, environnement
111
Etudes de l'environnement
76
Océan, Atmosphère
54
Histoire
49
Biodiversité et Ecologie
26
Mots-clés fréquents : holocene, eemian, eemien, neanderthal, géomorphologie, france, river restoration, holocène, pleistocene, geomorphology
Chercheurs
76 personnes ayant publié depuis 2022
Projets
10 projets
2024
Le projet EPICEs vise à explorer la variabilité climatique et environnementale des interglaciaires passés à travers l'Europe tempérée afin de 1) discuter des relations homme-climat-environnement pendant la Préhistoire et 2) documenter les changements de biodiversité dans le temps, pour fournir des clés de compréhension de la répartition actuelle des biocénoses et de gestion de leur modification en réponse au changement climatique global. Depuis quelques décennies, l'équipe qui propose ce projet a développé une méthodologie pluridisciplinaire éprouvée (stratigraphie, géochimie, malacologie, paléobotanique, archéologie) pour étudier les dépôts de tuf. Il a été démontré que ces formations carbonatées constituent le seul enregistrement des optima interglaciaires passés en contexte alluvial, et qu'elles constituent l'une des meilleures archives continentales pour l’étude conjointe des paléoenvironnements et paléoclimats. Parmi les interglaciaires du Pléistocène, le SIM5e (dernier interglaciaire ou Eemien) est le mieux représenté par de nombreux tufs à travers l'Europe, certains d'entre eux conservant également des vestiges archéologiques. Deux tufs eemiens feront l'objet de nouvelles recherches : Resson (Aube, France) et Burgtonna (Thuringe, Allemagne), tandis qu'un troisième gisement possible en Slovaquie (Ganovce) a été identifié. Les résultats seront comparés aux données disponibles (Caours, France) afin d'établir un transect européen ouest-est de la variabilité environnementale et climatique au cours du dernier interglaciaire et de positionner les occupations néandertaliennes dans ce cadre dynamique. De plus, les interglaciaires passés (et en particulier les MIS 11, 5e et l'Holocène pré-Anthropocène) serviront de "références" pour mieux comprendre la biodiversité actuelle, fortement impactée par l'anthropisation.
2024
Au croisement de la géographie humaine et environnementale, de l’éco-acoustique et des sciences cognitives, ce projet vise à étudier la relation des individus et des groupes aux paysages sonores ordinaires associés à la présence et/ou à la réapparition de l’eau dans des milieux urbains, périurbains et ruraux d’Ile-de-France en évaluant la capacité humaine à traiter auditivement et émotionnellement l'information acoustique véhiculée par cette ressource. Pour ce faire, nous travaillerons à partir de l’analyse de sons de trois petites rivières franciliennes (la Bièvre, le Morbras et la Vieille Mer), présentant des profils hydrogéomorphologiques variés, ainsi que des degrés d’urbanisation et de restauration divers. Nous faisons ainsi l'hypothèse que ces rivières participent à la construction de paysages sonores distincts en fonction de critères hydrogéomorphologiques (taille du cours d’eau, , types de débits et de courants, charge sédimentaire, etc.), temporels (période d’étiage ou de crue, saisons, jour/nuit, etc.), fonciers (espaces publics / espaces privés), des contextes plus ou moins urbanisés dans lesquels ces rivières se trouvent et des efforts de restauration écologique entrepris. Le croisement de ces différents critères, nous permettra à la fois de définir les éléments qui participent de la définition de paysages sonores ordinaires de l’eau et d’analyser les conséquences sensibles des restaurations en cours pour les usagers de ces rivières. Nous chercherons ainsi à comprendre non seulement en quoi l’eau participe à l’organisation de ces paysages sonores mais aussi dans quelle mesure elle favorise le bien-être, l’attachement et la connaissance des petites rivières urbaines par leurs usagers. Le son de l’eau ne sera donc pas étudié en et pour lui-même ; il sera au contraire appréhendé dans sa relation à l’environnement, humain et non-humain, afin de mieux saisir de quelle façon il peut participer au ressourcement des populations, à leur attachement notamment émotionnel aux lieux et à leur capacité à s’adapter voire à se protéger des risques associés à cette ressource (crue mais aussi étiage dans un contexte de changement climatique). Les apports attendus de ce projet sont donc de plusieurs ordres : 1) théoriques, en ce qu’il vise à mieux qualifier les paysages sonores ordinaires de l’eau, ainsi que les relations des habitants à ces paysages ; 2) méthodologiques, puisqu’il associe de manière originale et novatrice des dispositifs issus de la géographie humaine et environnementale, de l’éco-acoustique et des sciences cognitives ; 3) sociaux par l’attention qu’il porte au partage des connaissances qui seront produites au cours de cette recherche avec les usagers, les habitants et les aménageurs de ces petites rivières franciliennes.
2021
Chassés, mangés, utilisés, les grands herbivores ont tenu une place centrale pour les chasseurs collecteurs nomades du Paléolithique européen. Depuis près de 200 000 ans, Néandertal vivait dans des environnements changeants et variés, s'adaptant à des conditions parfois extrêmes. Cette énorme adaptabilité des sociétés humaines est directement liée à la flexibilité éco-éthologique de leurs ressources essentielles : les animaux, notamment les grands et mégabivores - les "BigGame". Le projet BigGame vise à identifier la manière dont ces changements ont eu une incidence sur la faune consommée et utilisée par des sociétés de Néandertaliens «Super-Predateurs» dans les plaines du Nord de la France. Un vaste corpus archéologique et faunique atteste des changements écologiques marqués dans cette région, mais la plasticité de l'espèce et le détail des réponses humaines est largement inconnue. BigGame vise à enquêter sur les détails de ces processus, à courtes et à longues échelles de temps, à travers différentes spécialités des interfaces des sciences humaines et des géosciences, avec l'intention d'appliquer un corpus de méthodes à la pointe des dernières avancées en paléoanthropologie et archéologie préhistorique, où l'animal sera examiné dans les différents composantes de sa relation avec les chasseurs nomades Néandertaliens. Nous allons nous concentrer sur la période du MIS 7 au MIS 3 qui a vu plusieurs cycles glaciaires / interglaciaires et l'émergence, le développement et la disparition des cultures de Néandertal, au total 34 sites archéologiques et plus de 90 niveaux sédimentaires seront pris en compte dans notre ensemble de données. En initiant une transversalité entre les disciplines qui traitent des aspects matériels, des sociétés et des relations environnementales, le projet BigGame a l'intention de répondre à une zone vierge de toute approche systémique. BigGame est une occasion unique de réunir des travaux scientifiques récents et des technologies de pointe pour effectuer une enquête approfondie approfondie des relations humaines avec son environnement. Le projet vise à apporter de nouvelles lumières sur les détails des comportements des Néandertaliens durant la plupart de son expansion chronologique. BigGame sera la première étude à grande échelle, intégrative et systémique, englobant différents taxons d'animaux tout au long du développement et de la disparition d'une espèce humaine fossile. L'équipe BigGame est composée de 20 scientifiques de 11 laboratoires français, d'une entité privée et de 4 institutions internationales. Sur la base de collaborations de longue date, BigGame permettra aux collègues de différents partenaires institutionnels de renforcer les relations scientifiques tout en créant de nouvelles dynamiques de recherche. La composante de communication et de diffusion mettra en place de nouvelles collaborations et une formation aux étudiants. La communication et la diffusion des résultats concernent la communauté scientifique et le grand public.
2019
Le stade isotopique (MIS) 11 (incluant localement le MIS 10) est une étape cruciale de l’évolution humaine en Europe et une rupture. Après le stade glaciaire MIS 12 considéré comme une crise climatique majeure, le nombre d’occupations augmente; de nouveaux comportements de subsistance et des innovations techniques apparaissent et une régionalisation des traditions semble se mettre en place. Cette rupture, qui correspond à la fin du Paléolithique inférieur (et Acheuléen) et au début du Paléolithique moyen, est sous-étudiée, en particulier les processus qui expliquent pourquoi et comment les innovations apparaissent et se diffusent parmi les populations. Les raisons conduisant à ces modifications, repoussant les racines du monde néandertalien, sont encore à identifier : (1) Est-ce que cette évolution prend source dans les traditions préexistantes ?, (2) Est-ce dû à l’arrivée de nouvelles populations et/ou à l’émergence de Neandertal parmi les groupes d’hominidés du Pléistocène moyen ?, (3) Est-ce la croissance de la population qui conduit à la mise en place d’une régionalisation et à la diffusion des innovations, ou/et (4) Est-ce due à une adaptation aux changements environnementaux suite aux modifications des cycles climatiques ? Le MIS 12 est une sévère période froide. Le MIS 11 est un exceptionnel long interglaciaire qui a pu encourager l’occupation humaine en Europe et permettre une plus grande disponibilité de la biomasse et des grands herbivores, affectant du coup la mobilité des groupes humains. NEANDROOTS est un projet interdisciplinaire qui propose : (1) de réaliser une large base de données archéologiques entre 450 et 350 ka, (2) d’enrichir et uniformiser les données chronologiques des sites et les données environnementales, (3) de développer des approches méthodologiques afin d’identifier les traits régionaux et proposer des modèles de diffusion des innovations, (4) de modéliser le rôle de la taille et structure des populations, et (5) tester l’impact de l’évolution climatique sur l’adaptation humaine (modèles iLOVECLIM et ECNM). Cette contribution multidisciplinaire concerne une période clé de l’histoire humaine mal connue et a comme objectif de: (1) proposer des modèles des réponses humaines à de nouveaux (et variés) environnements basés sur la disparition et l’acquisition d’outillages et d’expertises, (2) comprendre les mécanismes de transmission culturelle au cours du temps et les processus avec lesquels les innovations et les inventions se développent et sont maintenues. L’objectif est de contribuer à comprendre le plus ancien cycle de régionalisation européen, bien antérieur à celui contemporain de la fin des Néandertaliens (MIS 4-3). Cette approche n’a jamais été appliquée pour le début du monde néandertalien. La réalisation d’une chronostratigraphie unifiée aidera à replacer dans le temps les nouveaux comportements, les avancées technologiques et les modifications anatomiques des hominidés dans leur cadre climatique et environnemental. La réalisation de cartes synthétiques à haute résolution permettra de corréler les données climatiques, environnementales et archéologiques. Cette analyse détaillée des interactions entre Humains et Environnements pourrait devenir un modèle pour comprendre des évolutions analogues, entre passé et présent. Enfin, nous questionnons la question de la résilience des sociétés face aux changements climatiques. L’étroite association entre les mécanismes physiques, les données climatiques et archéologiques repoussera les limites des méthodes utilisées à ce jour. Ce projet interdisciplinaire implique sept équipes françaises, chacune avec des compétences complémentaires : MNHN, LSCE, EPOC/PACEA/Université de Bordeaux, IGE, LMD, LGP et Université de Lille. Un large réseau européen contribue également à ce projet, regroupant des préhistoriens, un anthropologue, des tracéologues et un spécialiste de la modélisation en paleodémographie.
2018
DIGUES (Digues, Interactions, Gestion, Usages, Environnement et Scénarios) : quelles transitions des systèmes d'endiguement maritimes et fluviaux au 21e siècle en France, entre usages, paysage, nature et protection ? La France est à un tournant des relations que la société entretient avec ses digues maritimes et fluviales sur un linéaire de 9000 km. Longtemps considérée comme un objet technique de défense contre les eaux, la digue est aujourd'hui perçue selon un paradigme incorporant aussi les usages, la nature et le paysage. A partir de 2018, les collectivités locales prendront en charge la compétence de protection contre les inondations. Accompagner les acteurs locaux dans ce contexte changeant revient à entrecroiser de multiples enjeux et à réfléchir à des orientations variées de gestion des digues, parfois nouvelles en France, oscillant entre fermeture et ouverture, rehaussement et abaissement, artificialisation et renaturation. Cela oblige à considérer l'ensemble du système d'endiguement, i.e. la digue et le territoire endigué qu'elle protège. Nous avons comme objectif majeur l'établissement de propositions nouvelles relatives au devenir des digues et l'évaluation des conditions de faisabilité et d'acceptabilité de ces propositions. Celles-ci pourront prendre diverses orientations, souvent combinables, dans les domaines de la défense dure ou douce contre les eaux, de la gestion de la végétation, de la fréquentation et de la patrimonialisation. Ces propositions et leurs conditions seront livrées sous forme de scénarios de transition des systèmes d'endiguement. À partir de scénarios situés, établis en milieu fluvial (Loire, Marais Poitevin, Seine & Marne) et côtier (Dives, Veys, Authie), nous construirons des scénarios génériques et reproductibles au moyen de méthodes interdisciplinaires d'étude et de facilitation, mais aussi d'une collaboration avec les acteurs locaux et d'échanges de bonnes pratiques avec des ingénieurs anglais et zélandais. Du fait du défi qu'elle suppose, la construction même de ces scénarios constituera un objectif scientifique. Un 3e objectif consistera à tester des outils aidant à construire les scénarios : le jeu de rôle, la médiation paysagère, la comparaison et l'histoire. En termes de résultats, nous serons en mesure de caractériser les trajectoires possibles des systèmes d'endiguement et d'évaluer leurs degrés d'acceptabilité en fonction des types de population et de milieux, des enjeux concernés, des orientations possibles et de méthodes de facilitation. Nous pourrons aussi évaluer le caractère durable des systèmes d'endiguement dans les territoires, systèmes non plus considérés comme de purs objets techniques mais intégrant plusieurs dimensions. Le projet aidera, enfin, à consolider la présence de la France dans le débat européen sur les digues, montrant qu'elle peut porter une réflexion nouvelle sur les conditions d'acceptabilité de solutions innovantes, définies au moyen d'une approche non uniquement économique ou sécuritaire. Trois verrous seront à lever. Nous veillerons à ne pas transformer en handicap la diversité des sites, des discours et des approches en pratiquant la transversalité et en prévoyant des temps de croisement des résultats et d'élaboration des scénarios. Il s'agira de lever des verrous sociopolitiques en cas de crise hydrologique majeure ou face à une enquête ou des scénarios évoquant des techniques peu acceptées : il nous faudra faire comprendre que nos scénarios sont des propositions scientifiques dénuées d'a priori, et non des obligations. In fine il faudra passer de scénarios situés à des scénarios génériques. Ils seront reproductibles car nous déterminerons quelles variables conduisent en théorie à quel scénario, et quels scénarios sont envisageables dans un territoire, et à quelles conditions. MOTS-CLEFS : digue, paysage, scénarios, approche multi-acteurs, interactions écosystèmes/sociosystèmes, gestion durable. PARTENAIRES : LGP, LAREP, PRODIG, LADYSS, CRH, LIENSs
2018
Le projet TIREX s’inscrit dans la continuité de premières missions collectives réalisées en octobre dernier aux Antilles suite aux trois ouragans, Irma, José et Maria. L’objectif est de compléter l’analyse des impacts et de renforcer le suivi de la reconstruction territoriale, en favorisant l’analyse comparative entre territoires du Nord des Antilles, et en formalisant des méthodes de RETEX scientifique continu. Il se propose de participer à l’amélioration de l’alerte cyclonique, d’identifier les facteurs de vulnérabilité hérités, de renforcer les capacités d’adaptation et de réponse des territoires et des sociétés dans un contexte de changement climatique. TIREX sera organisé en tâches complémentaires croisant les compétences de tous les membres du groupement (géographie des risques, analyse spatiale, géomorphologie, sciences politiques, médiation scientifique, physique de l’atmosphère, modélisation, climatologie). TIREX porte une dimension pré-opérationnelle d’accompagnement des acteurs de la gestion des risques et de la reconstruction, populations comprises, via le transfert et la mise en pratique des résultats. La consolidation, dissémination et valorisation des résultats du projet sera adaptée au contexte culturel et géographique des territoires ciblés. Elle mobilisera des outils de transfert des savoirs et d’éducation novateurs, fondés sur des approches participatives, des mises en situation, des outils numériques en ligne et interactifs, des guides de bonnes pratiques… Le projet intégrera les dernières connaissances sur les évolutions futures du climat aux Antilles apportées par le programme en cours C3AF sur le changement climatique et ses conséquences aux Antilles.
2015
Le projet STORISK (48 mois) vise à développer et à appliquer un protocole méthodologique transdisciplinaire permettant d’améliorer la connaissance et la compréhension de la vulnérabilité et de la capacité d’adaptation des sociétés des petites îles tropicales aux événements extrêmes d’origine climatique (cyclones tropicaux, houles distantes, phénomène ENSO) et aux changements graduels dus au réchauffement du climat (élévation du niveau marin et augmentation des températures océaniques) et à l’acidification des océans. Dans cette perspective, ce projet s’appuie sur deux approches complémentaires fondées sur les concepts de Chaînes d’impacts et de Trajectoires de vulnérabilité, qui ont été mis au point par les principaux contributeurs au projet et font actuellement l’objet de développements méthodologiques. Ces derniers doivent permettre de reconstruire des Chaînes d’impacts complètes d’événements climatiques extrêmes et du changement climatique, ainsi que les Trajectoires de vulnérabilité de petites îles tropicales, à la fois montagneuses et basses. Ces deux approches sont complémentaires, en ce que la première permet d’appréhender la vulnérabilité à travers l’analyse approfondie des impacts des événements extrêmes et des changements graduels (résilience incluse) alors que la seconde décrypte les processus d’aménagement et de développement du territoire afin de cerner, à travers l’analyse de ses forces et faiblesses, les causes profondes de sa vulnérabilité. L’hypothèse centrale sur laquelle repose ce projet est que les petites îles tropicales présentent des profils de vulnérabilité variés, et connaîtront à partir de là des « trajectoires de risques » diversifiées dans le contexte du changement climatique. Les deux principaux enjeux scientifiques des développements méthodologiques réalisés dans le projet STORISK sont premièrement, d’intégrer de manière adéquate les différents champs de connaissance concernés par les risques actuels et futurs (des modèles climatiques et de submersion à la perception des risques, à l’intégration des dimensions socioéconomiques, et à la maladaptation), et deuxièmement de prendre en compte et d’évaluer les incertitudes (source, ampleur, implications en termes de vulnérabilité) afin de proposer une approche robuste des risques futurs à l’échelle locale. Sur la base d’une approche dynamique de la vulnérabilité (trajectoire plutôt qu’état à un instant t), fondée sur la prise en compte de l’ensemble des facteurs et des processus qui contrôlent son évolution, STORISK entend faire progresser la connaissance sur la vulnérabilité future des petites îles et, au-delà, des espaces côtiers. L’approche proposée dans STORISK permet de traduire les risques côtiers liés aux aléas actuels et au changement climatique en « trajectoires de risque ». Ces trajectoires concrètes et robustes, car enracinées dans les caractéristiques passées et actuelles des territoires, permettront d’engager des échanges concrets avec les acteurs concernés aux niveaux local, national et régional, sur les stratégies de réduction des risques et d’adaptation au changement climatique. Ce projet porte principalement sur les îles françaises de l’océan Indien (La Réunion et les Iles Eparses) et du Pacifique central (Polynésie Française). Il inclut des îles peu ou pas perturbées par les activités humaines (inhabitées ou rurales) et d’autres fortement perturbées (ex. : capitale d’atoll) afin de pouvoir déterminer les contributions respectives des facteurs naturels et anthropiques à la vulnérabilité. La mise en perspective de la situation des îles étudiées avec celle d’autres îles des mêmes régions océaniques (Seychelles, Kiribati et Iles Cook) permettra de dégager des enseignements plus généraux.
2015
Les modèles discutant des dynamiques de peuplement et de diffusion culturelle au Paléolithique et au Néolithique en Afrique utilisent souvent, à tort ou à raison, des arguments mettant en avant l’influence des changements climatiques, et en particulier ceux des périodes arides pléistocènes ou celui de la fin du « Sahara vert » à l’Holocène. Cependant, ces modèles n’intègrent, le plus souvent, qu’une partie du continent ; l’Afrique de l’Ouest y est quasiment inexistante et n’aurait eu aucun rôle, aucune interaction avec les autres régions. Loin de refléter la réalité, ceci résulte probablement davantage d’un raisonnement par défaut que d’une véritable réflexion basée sur l’analyse de données. Et pour cause, l’Afrique de l’Ouest souffre d’un manque de recherches, tant sur le plan archéologique que paléoenvironnemental : très peu nombreux sont les gisements paléolithiques ou néolithiques bien datés, et les données paléoenvironnementales reposent souvent sur l’étude de carottages marins ou lacustres, dont la pertinence pour la période étudiée à l’échelle ouest-africaine reste discutable. Les recherches préliminaires menées dans la vallée de la Falémé, à l’est du Sénégal, ont cependant montré le potentiel de cette région pour la réalisation d’une étude intégrant à la fois des données paléolithiques et néolithiques nouvelles et des données paléoenvironnementales locales : l’enregistrement stratigraphique de la vallée, quoique complexe, est bien conservé et les datations préliminaires effectuées par OSL et radiocarbone indiquent qu’il couvre l’ensemble du Pléistocène Supérieur et de l’Holocène. L’alternance de dépôts silto-limoneux et de chenaux grossiers qui le caractérise reste à expliquer d’un point de vue paléoclimatique. Les dépôts liés au stade isotopique 2 (OIS 2, 24-12 ka), pour partie contemporains de « l’Aride Ogolien » (20-12 ka), sont particulièrement développés et permettront une étude fine de cette période. Les assemblages archéologiques sont présents sur toute la puissance de la séquence stratigraphique, et tout particulièrement dans les niveaux préliminairement datés du OIS 2, période encore très mal connue au sud du Sahara. A cette époque, les populations humaines semblent disparaître subitement, hypothétiquement décimées par la sécheresse ou réfugiées dans des zones plus favorables. Notre projet vise donc à coupler des études archéologiques, paléoenvironnementales et géochronologiques (OSL et C14) sur un tronçon de la vallée de la Falémé de plus de 100 km de longueur. Les principaux objectifs sont les suivants : 1) Etablir un nouveau cadre chrono-culturel pour le Pléistocène final et le début de l’Holocène en Afrique de l’Ouest, qui pourra compléter et être comparé à celui d’Ounjougou (Mali), à 950 km au Nord-Est, dans une région actuellement plus aride ; 2) Retracer l’évolution climatique et environnementale, au moins sur les derniers 70 ka. Il s’agira notamment de voir comment les évènements de type Heinrich à la fin du Pléistocène et les différents épisodes de sécheresse de l’Holocène ancien et moyen se sont traduits dans la vallée sur le plan environnemental (précipitations, hydrologie, apports éoliens, végétation…) et de déterminer leur impact éventuel sur le plan humain (dynamique de peuplement, changements techniques et culturels). Notre projet, prévu sur 3 ans, s’appuiera sur les compétences complémentaires des quatre équipes françaises et suisses formant le consortium, en collaboration avec l’IFAN (Université de Dakar, Sénégal): l’IRAMAT-CRP2A (CNRS-Université Bordeaux Montaigne, France) en charge des datations OSL, le LPG (CNRS- Université Paris-Est Créteil, France) qui réalisera les analyses paléoenvironnementales, le Laboratoire APA (Université de Genève, Suisse) qui a la maîtrise du volet archéologique, et enfin l’IBP (ETH Zürich), pour les datations radiocarbones. Le budget s’élève à 390 k€ HT pour les équipes françaises et 468 k€ HT pour les équipes suisses.
2014
La promotion de la nature fait partie des outils retenus pour améliorer le cadre de vie urbain, limiter les pollutions, atténuer les effets du réchauffement climatique et participer au maintien d’une biodiversité. Mais les travaux en écologie urbaine ont ciblé avant tout les espaces verts et les toitures végétalisées. Très peu de recherche concerne la végétalisation des murs, des cours et des rues qui pourraient jouer un rôle social, écologique et physique fondamental sur la durabilité urbaine. Cette recherche est indispensable à une réflexion globale d’urbanisme et aux mises en place des trames vertes en ville dense. Nous proposons un consortium de laboratoires de recherche, de PME et d’associations impliquées dans la démarche urbaine, capable de faire un premier bilan des services écologiques fournis par ces végétalisations, d’étudier leurs fonctionnements écologiques et biochimiques, les techniques de mise en œuvre et les appréciations citadines mais aussi d’expérimenter des prototypes innovants. Notre programme se décline en deux grands axes : - Qu’est ce qui existe et comment cela fonctionne-t-il aujourd’hui ? Ce travail impliquera une étude bibliographique nationale et internationale (Phase A sur l’état de l’art et synthèse des connaissances sur la végétalisation écologique des murs, cours et rue en ville : services attendus, techniques mises en œuvre, implication sociale observée…) mais aussi des recherches actives sur les fonctionnements écologiques (Phase B sur l’évaluation des fonctionnements biotiques et abiotiques des techniques actuelles de végétalisation : quelle biodiversité, quelle relation aux substrats, aux conditions et contraintes physicochimiques…) et sociétaux (Phase C sur l’évaluation du fonctionnement sociétal de la végétalisation : quelle économie, quelle gouvernance, quelle réglementation, quelle perception…) - Quelles propositions innovantes peuvent-elles être apportées ? Cela implique des travaux expérimentaux à l’échelle du bâti (Phase D sur l’expérimentation de propositions innovantes de végétalisation : réflexion sur la mise au point de prototypes, expérimentations architecturales sur les enduits, substrats, modes d’irrigation…), mais aussi des études sur les potentialités et les fonctionnements à l’échelle globale (Phase E sur l’évaluation des potentialités urbaines et fonctionnement attendu dans un projet de rénovation urbaine, dans un éco-quartier ou à la parcelle : superficie disponible, typologie des supports et des propriétaires, relation avec les trames vertes, évolution souhaitable des réglementations…). Le travail est programmé sur 3 années et les analyses seront menées aux différentes échelles bâtiment/îlot/quartier/ville à Nantes et sur le territoire du Grand Paris.
2013
GeObs est un programme de recherche fondamental en sciences humaines portant sur la caractérisation des sources d’obsidienne d’Anatolie orientale. Nous proposons, en effet, une approche multidisciplinaire pour étudier l’exploitation de l’obsidienne et sa diffusion par les anciennes populations afin de fabriquer des outils et des objets de prestige dans l’ensemble du Moyen-Orient (y compris l’Anatolie et le Caucase). Nous proposons d’étudier précisément le contexte volcanologique et de caractériser en détail les 13 sources d’obsidienne d’Anatolie orientale. Jusqu’à présent, elles sont, en effet, insuffisamment connues et caractérisées, rendant impossible toute étude précise de la diffusion de cette matière première depuis les affleurements géologiques jusqu’aux sites archéologiques. Le projet GeObs repose donc sur une approche intégrée et pluridisciplinaire de l’étude des sources d’obsidienne fondée sur : 1. Un travail de terrain intensif permettra d’étudier le contexte volcanologique et géomorphologique de ces sources. L’évolution du volcan contrôle, en effet, les caractéristiques géochimiques alors que l’évolution géomorphologique contrôle l’accessibilité des sources. Cette étude concernera à la fois les affleurements géologiques et l’obsidienne remaniée, contenue dans les alluvions. 2. Caractérisation multi-méthodes de l’obsidienne. Nous analyserons d’abord les échantillons géologiques mais aussi des artefacts afin de définir leur propriété chimique et physique (propriétés magnétiques, pétrographie, minéralogie). Les échantillons géologiques seront analysés en laboratoire, utilisant des méthodes permettant la comparaison avec les résultats déjà publiés (LA-ICP-MS, XRF) et les artefacts seront analysés grâce à une méthode portable (p-XRF). Dans cette optique, nous serons particulièrement vigilants à la validation de la méthode p-XRF ainsi qu’aux problèmes liés aux comparaisons multi-méthodes. Les méthodes statistiques multivariées permettront d'analyser les résultats. Toutes les données seront interprétées en lien avec les résultats du travail de terrain. 3. Analyse spatiale et étude des processus de diffusion spatiale. Nous allons comparer les résultats obtenus sur les sources géologiques avec ceux établis sur les artefacts ; celles déjà publiées dans l’ensemble du Moyen-Orient comme celles obtenues dans le cadre de ce programme (p-XRF) sur les fouilles d’Anatolie. En utilisant les méthodes de l’analyse spatiale, nous essaierons de comprendre la diffusion de l’obsidienne pendant les périodes pré-historiques, des sources géologiques jusqu’aux sites archéologiques. Enfin, tous les résultats produits pendant ce projet de 4 ans seront intégrés dans une SIG et une base de données spatialisée. Après la publication des résultats dans les revues internationales, le SIG sera diffusé auprès de la communauté scientifique via un site internet dédié. En 2012, une première version du projet GeObs a été proposée à l’ANR (programme JCJC) et positivement évaluée puis qu’il a été placé dans la liste complémentaire. Nous proposons maintenant une version modifiée et complétée du projet, tenant compte de la précédente évaluation. L’équipe Franco-Turque réunie dans de ce projet a été rassemblée afin de mener une étude interdisciplinaire associant géomorphologie, géologie, archéologie et archéosciences. Elle est composée de chercheurs expérimentés ayant déjà travaillé et publié ensemble dans des revues internationales dans les champs disciplinaires couverts par ce projet (i.e. : étude des sources d’obsidienne, caractérisation géochimique, géomorphologie en domaine volcanique, processus de diffusion, Néolithique d’Anatolie).
Provenance des données
Sources : RNSR (MESR), Annuaire de l’établissement, HAL. Données consolidées le 27/10/2026. Une erreur ? Elle se corrige dans la source d’origine (HAL, RNSR, annuaire) ; voir comment.