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383 projects, most recent first. Page 2 of 7.

ANR

2024

E-CCLESIA — E-CCLESIA. Construire l'église-monument par les textes et les images dans l'Occident latin (IVe-XIIe siècle)

Le projet E-cclesia - Construire l’église-monument par les textes et les images dans l’Occident latin (IVe-XIIe siècle) a pour objectif de déterminer le statut du bâtiment-église dans la société tardo-antique et médiévale, au moment où il devient progressivement métonymie de l’Église-institution. Il part de l’hypothèse selon laquelle l’analyse des discours et des représentations est nécessaire pour saisir la nature, la fonction et la valeur symbolique mais aussi patrimoniale des édifices de culte. Il s’agit pour cela de mener une étude précise des sources textuelles et iconographiques pour mettre en évidence la transformation des lexiques verbaux et visuels comme expression d’une pensée complexe du rôle de l’Église-institution dans la société tardo-antique et médiévale ainsi que de la valeur matérielle et spirituelle du bâtiment-église. La production de travaux de recherche innovants sur cette question centrale des sociétés occidentales passe par une enquête inédite sur la terminologie concernant l’édifice et ses parties, propre à faire apparaître dans les stratégies de nomenclature des éléments jusque-là passés inaperçus. Cette réflexion passe par l’analyse historique d’un corpus original de textes et d’images relatifs à l’architecture et au décor des monuments chrétiens en Occident. Ce corpus est indexé et structuré par une base de données. L’exploitation de cette masse documentaire est à même de mettre en lumière les conceptions qui s’expriment à travers le bâtiment-église en tant que phénomène culturel majeur, notamment dans les espaces de la chrétienté occidentale. Pluridisciplinaire par essence et interrogeant l’édification comme fait de société, le projet E-cclesia réunit un réseau national et international de chercheuses et de chercheurs spécialistes des questions historiques, philologiques, artistiques, épigraphiques et archéologiques. Le projet comporte un volet de valorisation des résultats obtenus auprès du grand public via un programme d'expositions, de conférences, de podcasts et d'articles dans des magazines destinés à un large public.

ANR

2024

ALEAU — Écouter l’eau pour comprendre la relation des habitants à leurs milieux

Au croisement de la géographie humaine et environnementale, de l’éco-acoustique et des sciences cognitives, ce projet vise à étudier la relation des individus et des groupes aux paysages sonores ordinaires associés à la présence et/ou à la réapparition de l’eau dans des milieux urbains, périurbains et ruraux d’Ile-de-France en évaluant la capacité humaine à traiter auditivement et émotionnellement l'information acoustique véhiculée par cette ressource. Pour ce faire, nous travaillerons à partir de l’analyse de sons de trois petites rivières franciliennes (la Bièvre, le Morbras et la Vieille Mer), présentant des profils hydrogéomorphologiques variés, ainsi que des degrés d’urbanisation et de restauration divers. Nous faisons ainsi l'hypothèse que ces rivières participent à la construction de paysages sonores distincts en fonction de critères hydrogéomorphologiques (taille du cours d’eau, , types de débits et de courants, charge sédimentaire, etc.), temporels (période d’étiage ou de crue, saisons, jour/nuit, etc.), fonciers (espaces publics / espaces privés), des contextes plus ou moins urbanisés dans lesquels ces rivières se trouvent et des efforts de restauration écologique entrepris. Le croisement de ces différents critères, nous permettra à la fois de définir les éléments qui participent de la définition de paysages sonores ordinaires de l’eau et d’analyser les conséquences sensibles des restaurations en cours pour les usagers de ces rivières. Nous chercherons ainsi à comprendre non seulement en quoi l’eau participe à l’organisation de ces paysages sonores mais aussi dans quelle mesure elle favorise le bien-être, l’attachement et la connaissance des petites rivières urbaines par leurs usagers. Le son de l’eau ne sera donc pas étudié en et pour lui-même ; il sera au contraire appréhendé dans sa relation à l’environnement, humain et non-humain, afin de mieux saisir de quelle façon il peut participer au ressourcement des populations, à leur attachement notamment émotionnel aux lieux et à leur capacité à s’adapter voire à se protéger des risques associés à cette ressource (crue mais aussi étiage dans un contexte de changement climatique). Les apports attendus de ce projet sont donc de plusieurs ordres : 1) théoriques, en ce qu’il vise à mieux qualifier les paysages sonores ordinaires de l’eau, ainsi que les relations des habitants à ces paysages ; 2) méthodologiques, puisqu’il associe de manière originale et novatrice des dispositifs issus de la géographie humaine et environnementale, de l’éco-acoustique et des sciences cognitives ; 3) sociaux par l’attention qu’il porte au partage des connaissances qui seront produites au cours de cette recherche avec les usagers, les habitants et les aménageurs de ces petites rivières franciliennes.

ANR

2024

PREcare — Précarité et solidarités dans les villes petites et moyennes

Le projet PREcare regroupe des chercheurs et enseignants-chercheurs en géographie (géographie sociale et urbaine, analyse spatiale), études démographiques et urbanisme et aménagement, et des représentants de Croix Rouge Mobilités. Il a pour objectif d’apporter une contribution théorique et opérationnelle à l’analyse de la précarité dans les villes petites et moyennes françaises, et à celle des actions solidaires (publiques, associatives ou informelles), mises en œuvre pour accompagner les plus fragiles. Dans quelle mesure les situations de précarité dans les villes petites et moyennes présentent-elles ou non des spécificités ? En quoi sont-elles largement invisibilisées ? Quels sont les dispositifs d'accompagnement des plus précaires mis en œuvre aux côtés ou en dehors de l'action publique ? Le projet se fonde sur trois principales hypothèses : 1. La précarité dans les villes petites et moyennes s’accentuerait ces dernières années et présenterait des logiques spatiales à appréhender aux échelles inter- et intra-urbaines ; 2. Il s’agirait d’un phénomène assez largement invisibilisé, face à des discours et des actions misant avant tout sur l’attractivité résidentielle et économique ; 3. Les villes petites et moyennes, en raison notamment de liens d’interconnaissances facilités, seraient marquées par un rôle central du monde associatif et de formes plus informelles de solidarités locales mises en œuvre à destination des plus précaires. En articulant analyses statistiques et cartographiques nationales et locales, entretiens semi-directifs sur le terrain et élaboration d’un documentaire vidéo, le projet PREcare ambitionne d’apporter une contribution théorique et opérationnelle à l’analyse de la précarité dans les villes petites et moyennes. Il s’inscrit au cœur de l’axe D7 Sociétés et territoires en transition et contribuera à la compréhension de la complexité des situations de précarité dans les villes petites et moyennes, de l’échelle nationale à l’échelle locale, et aux actions mises en œuvre face à la division sociale de l’espace dans des horizons non métropolitains. Il répond à une forme demande locale et nationale concernant l’appréhension des situations de précarités dans ces territoires et des stratégies d’action mises en œuvre. L'équipe dispose d'une bonne connaissance du cadre des villes petites et moyennes et d’une solide expérience dans la maitrise des méthodes quantitatives (bases de données, indicateurs multivariés) et qualitatives (entretiens semi-directifs, réalisation de documentaires scientifiques). Les questions relatives à la précarité et aux solidarités locales ont émergé à partir de premiers travaux de terrains exploratoires réalisés à Ruffec et à Angoulême (Charente). Elles se sont articulées à de premières analyses statistiques menées à l’échelle nationale et à des échanges avec des acteurs hors du monde universitaire, ayant émis la volonté de participer aux réflexions de l’équipe de recherche : la Croix-Rouge française et l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires. L’enjeu du projet est, d'une part, de proposer une mesure fine et une différenciation des situations de précarité dans les villes petites et moyennes de l'échelle nationale (outre-mer inclus) à l'échelle intra-urbaine (communes-centres et aires urbaines). L’objectif est d'analyser, d’une part, les pratiques et représentations des populations en situation de précarité et, d’autre part, les types d'actions destinées à les accompagner, que ce soit dans le cadre de l’action publique, de l’investissement associatif ou encore de formes de solidarités familiales. Le projet se structure en quatre workpackages (WP) : WP1. Mesurer la précarité et les solidarités dans les villes petites et moyennes ; WP2. Appréhender les expériences sociales et spatiales de la précarité ; WP3. Analyser les actions solidaires face à la précarité ; WP4. Rendre visible la précarité et les solidarités dans les villes petites et moyennes.

ANR

2024

SympaSoli — Sympathie et solidarité. La phénoménologie du social de Max Scheler La phénoménologie du social de Max Scheler

L’objectif du projet est de reconstruire la philosophie sociale de Scheler en montrant comment différents grands thèmes de Scheler sont systématiquement liés entre eux. Le point de départ de la philosophie sociale de Scheler est le problème de l’intersubjectivité qui, pour Scheler, ne peut être compris que dans une perspective anthropologique. C’est parce que les êtres humains se comportent de manière sympathique les uns envers les autres par le biais de leur comportement expressif visible sur leur corps qu’ils peuvent se comprendre. Ce n’est que parce que les êtres humains sont reliés entre eux par le lien de l’amour vital, ce n’est que parce que leurs sentiments peuvent agir sur les autres dans l’expression de leurs corps et devenir compréhensibles, que l’intersubjectivité humaine est possible. Les êtres humains sont liés entre eux par les différentes formes de sympathie, par le sentiment commun et la participation à la vie d’autrui dans la compassion. Dans la philosophie sociale de Scheler, l’être humain n’est pas le seul à intervenir. Contrairement à de nombreuses autres philosophies sociales, Scheler pense l’être vivant qu’est l’être humain comme étant en contact vital avec la nature vivante qui l’entoure, ce contact étant pensé comme une forme particulière de participation (comprise au sens classique de « faire partie de quelque chose »). Scheler parvient ainsi, en partant des formes simples de la rencontre, à mettre en lumière l’interpénétration des dimensions descriptives et normatives de l’existence humaine. Notre objectif est de comprendre les grands ensembles de problèmes évoqués ici, à savoir l’amour, la vie, la sympathie, la nature, la sociologie et la solidarité, dans leur interaction. Pour ce faire, nous voulons distinguer les perspectives épistémologiques, ontologiques et métaphysiques beaucoup plus fortement que dans la recherche actuelle et montrer qu’une pleine compréhension de la philosophie sociale de Scheler, conçue comme un système, n’est possible que si ces trois perspectives sont clairement distinguées et considérées dans leur droit respectif. La reconstruction de la philosophie sociale de Scheler se fait dans l’intention de montrer qu’elle a un grand potentiel pour apporter une contribution importante aux grandes questions urgentes de notre époque, mais surtout pour exposer leur contexte. Il s’agit d’une part de questions théoriques sur la nature de l’empathie et de la compassion, sur l’importance fondamentale de la sympathie vitale (résonance), des sentiments communs, des sentiments de protection et d’exclusion (honte et ressentiment), et d’autre part de questions pratiques sur la manière dont la solidarité est possible dans des sociétés hautement complexes et socialement différenciées, sur la manière dont nous pouvons penser le rapport à la nature autrement que dans le cadre d’une pensée simplement orientée vers le calcul coûts-bénéfices.

ANR

2024

MIXTAPES — méthodes et données MIXTes pour l’Analyse des Pratiques d’Ecoute en Streaming

MIXTAPES (méthodes et données MIXTes pour l'Analyse des Pratiques d'Ecoute en Streaming) est un laboratoire commun à l'UMR Géographie-cités et à Deezer. Il s'inscrit dans la continuité du PRCE ‘RECORDS' (2020-24) qui a consolidé une collaboration continue depuis 2017 entre les deux partenaires. Laboratoire pluridisciplinaire dédié à l'étude des dynamiques de consommation de contenus sur les plateformes de streaming, il hébergera des recherches qui visent à mesurer, analyser, modéliser la diversité sociale et spatiale des écoutes et des goûts, la circulation des œuvres à l’ère numérique, ou encore les relations entre les préférences déclarées par les personnes dans les enquêtes et leurs consommations de musique au quotidien. Pour ces études, MIXTAPES s’appuiera sur des protocoles expérimentaux qui ont été conçus collaborativement par les partenaires ces dernières années. Ces protocoles associent, dans le respect du RGPD et de l'anonymat des enquêté.e.s, données d’écoute sur Deezer et données d'enquête. Depuis 2019, ces protocoles ont été déployés pour conduire des enquêtes auprès de dizaines de milliers d’utilisateurs/trices de Deezer en France. Il s’agira d’internationaliser ces protocoles d’enquêtes pour réaliser des études comparatives à l’échelle européenne, dans plusieurs autres pays dans lesquels Deezer est un acteur important de la diffusion musicale. Sur le plan méthodologique, les recherches menées dans MIXTAPES étendront celles menées par les deux partenaires ces dernières années, en expérimentant de nouvelles façons de collecter et combiner des sources d’information hétérogènes sur les écoutes et les goûts des personnes. Sur le plan thématique, les recherches porteront sur la géographie des écoutes à l’échelle mondiale, sur l’évolution des goûts et des écoutes au cours de la vie, et sur la transmission familiale des goûts musicaux. Les corpus constitués par ces recherches expérimentales permettront à Deezer d'innover dans les fonctionnalités de navigation et de recommandation de contenus. Elles permettront également à Deezer de mieux valoriser ses communautés d’utilisateurs en constituant un panel, sur le modèle des panels internet soutenant la recherche en sciences sociales. Pour le CNRS, MIXTAPES représente une opportunité de pouvoir alimenter des recherches fondamentales issues de différentes disciplines avec un matériau empirique documentant au niveau le plus fin les consommations individuelles de musique et de podcasts au quotidien. Un tel accès pérenne par la recherche publique à des données individuelles, longitudinales et anonymisées de consommation effective de contenus culturels, est à ce jour sans précédent en France. Après une période de montage administratif et juridique planifiée au second semestre 2024, le laboratoire commun démarrera ses activités début 2025.

ANR

2024

TELE — Ontologie, phénoménologie et éthique de l'expérience distale

TELE est un projet de réseau destiné à préparer une candidature à l' ERC Synergy. L'appel vise des projets collaboratifs portés par 2 à 4 chercheurs. Le financement maximum est de 10 millions €*. La durée maximale d'un projet SyG est de 6 ans. Le projet ERC SyG TELE sera porté par Sandra Laugier qui est dans la dernière année de son projet ERC AdG DEMOSERIES (2020-2024). S. Laugier a engagé la réflexion sur TELE en collaboration avec Andrea Pinotti, également porteur d’un projet ERC AdG dans le domaine des humanités. Un autre PI spécialiste de numérique est en cours d’intégration et un 4e est envisagé. Le projet TELE vise à réunir des chercheurs en philosophie, esthétique, histoire de l’art, histoire des sciences, sciences des données en vue d’explorer, analyser et renouveler l’ontologie contemporaine de la distance. Il est délibérément ancré dans les humanités. Il vise à définir le nouveau contenu conceptuel du préfixe TELE- (de télévision à télépathie, téléportation, télémédecine). Il ne s’agit pas d’étudier les différents dispositifs de communication à distance qui se sont largement développés ces dernières années ou les formes politiques de pouvoir à distance, mais de cartographier la transformation réelle du monde par les modifications du medium distal. TELE correspond aux ambitions d’un projet Synergy par la nouvelle question de recherche qu’il pose et le concept qu’il porte et par sa dimension d'excellence. « Je n’y arrive pas ! » « C'est trop loin ! » Combien de fois chacun de nous a-t-il fait l’expérience de frustration face aux possibilités et au moyens d'appréhender ou d’atteindre le monde et ses objets ? Combien de fois avons-nous dû recourir à des prothèses, des outils, des dispositifs pour pallier cette insuffisance ? Inversement, combien de fois avons-nous ressenti une personne ou une situation comme trop proche, étouffante, « donnez-moi de l’air » ? Combien de fois avons-nous senti une personne physiquement proche et pourtant distante, froide ? Combien de fois avons-nous avons fait l’expérience de sa proximité émotionnelle, intellectuelle ou humaine malgré sa distance spatiale ? Cette polarisation simple mais fondamentale de l'expérience de la distance dans l'anthropologie de la vie quotidienne nous introduit au thème central que TELE entend explorer : l'ambivalence constitutive de la distance, dans les formes de l'expérience humaine ; son agentivité, le préfixe TELE- indiquant à la fois la distance et la possibilité ou la difficulté d’atteindre, la transformation contemporaine de l’ontologie de la distance et la réévaluation des termes ordinaires télé-vision, télé-phonie etc. Notre idée de recherche directrice est que le préfixe TELE renvoie à des phénomènes et expériences en rupture avec les représentations actuelles de la distance. Nous proposons une approche conceptuellement unifiée d’une série de phénomènes qui n’ont pas été étudiés systématiquement mais seulement de façon disséminée, tels: - Les ascendances théologiques des nouvelles technologies de réalité virtuelle : par exemple, le concept d'« avatar » et ses racines dans les doctrines hindoues de l'incarnation. - La télé-pathie comme piste inédite pour les transformations des relations humaines - La téléportation comme promesse de rendre le don de bilocation accessible à tous - La relation aux environnements éloignés : distants de façon permanente (physiquement et géographiquement), comme les îles isolées, les villages de montagne, les prisons polaires ou l'espace extra-atmosphérique, ou momentanée - La tension entre l’environnement vu à distance (terre vue « d’en haut ») et l’environnement quotidien proche - La question du care à distance, les pratiques de la télémédecine Le réseau de 4 PI va préparer la candidature pendant 18 mois pour une soumission en 2025. La demande financière porte sur des missions destinées à l'organisation de workshops hébergés par les différents PI et le recours à un prestataire pour l’accompagnement au montage du projet.

DIM Ile-de-France

2024

ThierryNum — Numérisation et description enrichie des archives photographiques des Thierry (Caucase du sud et Anatolie orientale)

Généreusement donné à l’INHA en 2017, le fonds Thierry est constitué des archives de Nicole et Jean-Michel Thierry, médecins essonniens devenus spécialistes des arts de la Cappadoce, de l’Arménie et de la Géorgie médiévales. Ces archives, comprenant près de 100 000 photographies de monuments, de populations et de paysages, sont le fruit de voyages menés entre les années 1950 et 2000. Une riche documentation constituée de leurs carnets de voyage, de dossiers de recherche, de relevés ou encore de correspondances, est associée à ces photographies. Ces explorations scientifiques ont eu lieu dans plus d’une vingtaine de pays, de l’Europe de l’est jusqu’en Asie centrale, en particulier en Anatolie et dans le Caucase du sud. Le corpus sélectionné pour ce projet au sein de ce vaste fonds couvre le patrimoine artistique et architectural arménien et géorgien médiéval, dispersé entre les territoires actuels de l’Arménie, de la Géorgie, de la Turquie, de l’Azerbaïdjan et de l’Iran. Il revêt une importance considérable tant pour la recherche que pour la sauvegarde d’un patrimoine matériel en danger, notamment en raison de la dégradation ou de l’inaccessibilité actuelle d’une partie des monuments concernés, voire de leur destruction. La préservation par la numérisation de ces images est d’autant plus impérative que les supports photographiques se détériorent rapidement, alors même que des conflits géopolitiques mettent en péril les monuments qu’ils documentent. Le projet vise donc à décrire, numériser et mettre en ligne plus de 25 000 clichés, représentant plusieurs milliers de monuments et de sites archéologiques médiévaux principalement arméniens et géorgiens, intégrant parfois aussi des paysages et des habitants, afin de les mettre à disposition de toutes et tous. L’objectif est non seulement de permettre, par sa numérisation, l’exploitation scientifique d’un fonds limité par la précarité de ses supports physiques, mais aussi d’améliorer la description des images en mobilisant la communauté scientifique grâce à une plateforme d’annotation collaborative.

DIM Ile-de-France

2024

ScieCoPat — Scie pour la corrosion et le patrimoine archéologique

La morphologie complexe des objets archéologiques et du patrimoine nécessite d’utiliser des outils de préparation optimisés afin d’obtenir des échantillons adaptés pour la mise en oeuvre de différentes techniques d’analyses microstructurales. Parmi celles-ci la préparation de coupe transversale est primordiale pour comprendre les mécanismes de formation, d’élaboration et d’altération des matériaux anciens. C’est pourquoi nous souhaitons acquérir une scie de découpe de précision performante et adaptable à tous types de matériaux (métal, scories, minerai, roches, verres, céramique, os…). L’objectif de ce type d’équipement est de travailler à partir d’échantillons bruts ou mis en résine. Une découpe de précision est un préalable indispensable pour obtenir un état de surface plan nécessaire à une préparation pour examen micrographique (microscopie optique, électronique à balayage) et des analyses chimiques à l’échelle micrométrique (spectroscopie dispersive en énergie, en longueur d’onde, spectroscopie Raman et infrarouge, LA-ICP-MS…), voire nanométrique sur lame mince (microscope électronique en transmission, XPS, FIB, analyses sous rayonnement synchrotron…). L’échantillon sera fixé sur une table rainurée à l’aide de différents outils de bridage adaptables aux morphologies variées des échantillons. Son positionnement sera assuré à l’aide d’une visée laser. L’équipement sera doté de différents types de meules (SiC, alumine, diamant) afin d’adapter la découpe au matériau constitutif de l’échantillon. De même il sera possible de moduler la vitesse de rotation de la scie pour limiter les échauffements lors de la coupe. L’utilisation de disque diamanté permettra en outre de limiter le trait de coupe jusqu’à 150 μm d’épaisseur afin de réduire la perte de matériau archéologique. L’équipement sera doté d’un système de refroidissement à l’eau et d’un raccordement direct à un système d’aspiration externe pour limiter l’encrassement de la scie. Enfin la découpe s’opère sous un capot fermé qui assure une utilisation en toute sécurité.

DIM Ile-de-France

2024

CARTOSILEX — CARTOSILEX ouvert

Le projet consiste à réaliser les développements informatiques afin de répondre aux besoins suivants : (i) Créer une application cartographique web en code ouvert permettant de diffuser ces données vers la société capable de fonctionner sur tout type de support, d’environnement informatique et d’interface (ii) Développer une application mobile en code ouvert pour la géolocalisation, le travail collaboratif et la diffusion des données ayant trait aux ressources siliceuses utilisées pendant la Préhistoire en s’appuyant sur la solution MERGIN Maps pouvant fonctionner sur de nombreux types de dispositifs mobiles sous Android et iOs et l’extension MERGIN Maps pour le logiciel de système d’information géographique QGIS (iii) Créer la base de données à partir des deux applications développées en code ouvert. Le projet permettra la publication des données et métadonnées sous licence ouverte et les applications seront également publiées en code ouvert. L’ensemble du projet permettra ainsi de répondre aux principes FAIR en facilitant la réutilisation des outils développés et des données et métadonnées publiées, conformément aux préconisations des plans nationaux de la science ouverte.

DIM Ile-de-France

2024

Chips — Vers un référentiel international de données chimiques en paléosidérurgie

Le référentiel numérique de données chimiques CHIPS a été développé récemment par le LAPA (UMR 7065 IRAMAT et UMR 3685 NIMBE) en vue de répondre à un besoin fondamental de la communauté des archéométallurgistes : disposer de données de référence harmonisées, facilement accessibles, et associées à toutes les métadonnées analytiques nécessaires à l’évaluation de leur qualité. Ce référentiel, développé sous PostgreSQL, offre d’ores et déjà un accès ouvert aux résultats de plus de 2400 analyses chimiques associées à plus de 600 contextes archéologiques de par le monde. Nous souhaitons franchir une étape supplémentaire de développement de ce référentiel en mettant en place un ambitieux programme d’analyses chimiques globales (plus de 600 analyses prévues) dont l’objectif est de consolider une dynamique de recherche internationale autour de l’exploitation des données chimiques liées à la réduction des minerais de fer. La communauté scientifique francilienne (associant des chercheurs du CNRS, des universités Paris Panthéon-Sorbonne et Paris 8, et de l’INRAP) est particulièrement dynamique en ce qui concerne les recherches en archéométallurgie du fer. Le projet confortera le rôle moteur de cette communauté à l’échelle internationale, et confirmera ce référentiel francilien en tant que support majeur pour les recherches qui seront menées en archéométallurgie du fer dans les prochaines années.

DIM Ile-de-France

2024

CORE — Collections de référence, Ordonnancement et REcension

Le projet CORE a pour but d’engager un travail systématique pour produire et développer une plateforme pleinement opérationnelle des collections de référence au sein de l’UMR 8068 TEMPS. Cette plateforme réunit des collections de différentes natures (archéologiques, expérimentales, naturalistes, ethnologiques), pour lesquelles l’état des connaissances n’est pas uniforme. Le projet CORE vise justement à offrir un accès efficace et documentée de toutes les collections de référence de l’UMR 8068 TEMPS. Ceci nécessite, au préalable, la mise en œuvre d’un travail systématique pour rendre homogène l’organisation des collections dans leur dimension physique, qui implique : (1) la création d’une procédure pour identifier chaque élément au sein de tous les référentiels ; (2) la production des BDD relatives à chacune de ces collections et les publications qui s’y rattachent ; (3) le déploiement d’un agencement ergonomique des référentiels garantissant une consultation facilitée. Le projet CORE cible plusieurs publics souhaitant accéder physiquement aux collections de référence de la plateforme. En premier lieu, les chercheurs, post‐doctorants et doctorants pourront consulter ces collections, dans le but de les compléter, voire d’en créer de nouvelles, ou bien de promouvoir de nouveaux projets de recherche ou d’expérimentations collaboratifs. En deuxième lieu, ces référentiels sont destinés aux enseignants des universités Paris 1 Panthéon‐Sorbonne et Paris‐Nanterre ou des membres du DIM, intéressés par des supports pédagogiques pour leurs étudiants. Enfin, en dernier lieu, certaines collections ou parties de collection serviront de supports démonstratifs ou illustratifs à destination du grand public lors d’événements s’inscrivant dans une démarche de Science ouverte (Journées européennes de l’Archéologie ou du Patrimoine, Fête de la Science).

DIM Ile-de-France

2024

EduGreen — Atelier pour une conservation-restauration verte

L’atelier s’attachera à définir comment de nouveaux contenus pédagogiques, portant sur les solutions plus respectueuses des humains et de l’environnement, peuvent être insérés dans les formations destinés aux restaurateurs, physiciens, chimistes et instrumentistes en Europe. Il portera l’attention sur les nouveaux développements en matière de chimie et d’outils de prise de décision numériques. L’atelier rassemblera un panel international multidisciplinaire composé d’experts en conservation restauration verte, de spécialistes de l’enseignement et des pédagogies y compris en chimie et en sciences de l’environnement. Dans ce contexte, nous rassemblerons les principales institutions impliquées dans la formation des conservateurs restaurateurs (Courtauld, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université d’Amsterdam) ainsi que les institutions dans lesquelles les départements scientifiques développent des activités de formation spécifiques basées sur des objectifs et des pratiques de conservation de l’art (par exemple, ENS Paris-Saclay, Université d’Amsterdam, Université de Bologne). L’atelier s’inscrit dans le cadre des activités développées par le Groupe de travail « Recherche et restauration » du DIM. Il s’inscrit également dans le cadre du consortium européen GoGreen, qui développe actuellement des solutions respectueuses de l’environnement pour protéger le patrimoine culturel. Dans le cadre de ce projet, des modules de formation seront élaborés sur le leadership écologique en conservation-restauration, la détermination des sensibilités matérielles, les traitements écologiques et leur évaluation et les outils de prise de décision écologiques.

DIM Ile-de-France

2024

IRoperando — Spectroscopie Infra-Rouge operando pour l’étude du patrimoine

La spectroscopie infra-rouge constitue un outil puissant de caractérisation des matériaux du patrimoine, capable de fournir des informations sur les techniques de préparation aussi bien que sur leur vieillissement, et d’observer leurs composantes inorganiques autant qu’organiques, et leurs interactions mutuelles dans les matériaux composites. Le projet IRoperando est basé sur l’acquisition d’un spectromètre IR de pointe qui sera entièrement dédié aux applications « patrimoine », au LAMS et dans le cadre de collaborations entre laboratoires d’Ile-de-France. Il présente la spécificité unique d’intégrer une rampe de prétraitement in situ, permettant des traitements thermiques des échantillons sous atmosphère contrôlée (operando), et donc de reproduire les conditions de synthèse et d’évolution du monde réel.

DIM Ile-de-France

2024

EXPOLE — Organisation d’une exposition sur l’histoire des expéditions polaires françaises à partir du fonds d’archives Simone Weiller

Le projet EXPOLE vise à valoriser un fonds documentaire exceptionnel lié aux expéditions polaires françaises entre 1947 et 1987, constitué des archives de Simone Weiller, secrétaire puis attachée de presse des expéditions. Ce fonds comprend des documents variés, tels que des photographies, cartes, lettres, articles de presse et objets comme des manchots empaillés, qui permettent de retracer l’histoire des expéditions menées par Paul-Émile Victor. Le projet est porté par des équipes scientifiques du LSCE et de GEOPS, en collaboration avec des institutions comme le LUMEN, l’IDHES-Evry et les Archives Nationales, afin de créer une exposition itinérante inaugurée à l’automne 2025 au LUMEN, centre de culture scientifique à Paris-Saclay. L’exposition comprendra 12 panneaux informatifs, des éléments visuels et sonores, ainsi que des objets historiques. Elle a pour but de sensibiliser le grand public aux missions scientifiques en Antarctique et de mettre en lumière les personnes moins connues ayant contribué à ces expéditions, telles que Simone Weiller. Ce projet de médiation scientifique s’inscrit également dans une volonté de renforcer les liens entre science et société en proposant un contenu accessible et immersif.

DIM Ile-de-France

2024

ANACARB — ANAlyse isotopique haute précision des matériaux CARBonatés en faible quantité

L’objectif du projet ANACARB est de maintenir les capacités d’analyse isotopique à haute résolution des archives carbonatées en sciences de l’Homme et du patrimoine (Archéologie, Paléontologie, Climatologie, Paléoenvironnement, Paléobiologie) en Île-de-France et d’en améliorer les performances. Il repose sur l’acquisition d’un couplage robot préparateur de carbonates – spectromètre de masse de rapport isotopique (IRMS) pour analyser la composition isotopique du carbone et de l’oxygène (∂13C et ∂18O) à partir de faibles quantités de matière prélevées (< 20 μg) au sein des archives carbonatées. Les partenaires du projet sont issus de 9 laboratoires de recherche franciliens. Ils sont tous investis dans l’étude d’objets soit précieux ou de petites tailles, soit permettant de restituer les informations biologiques et/ou environnementales à une échelle temporelle fine. Pour cela, le prélèvement préalable de faible quantité de matière de façon séquentielle peut être nécessaire. D’autre part, ces études nécessitent généralement de grandes quantités d’analyses. Le nouveau couplage permettra : 1. de répondre aux besoins exprimés croissant d’analyse dans des domaines scientifiques variés ; 2. d’élargir sensiblement la gamme des archives pouvant être analysées ; 3. d’augmenter la résolution temporelle des applications.

Horizon Europe

2023 – 2029

WomatWork — Women at work: for a comparative history of African female urban professions (Soudn, Tanzania and Ghana), 1919-1970

WomAtWork represents the first comparative investigation into the history of female urban popular professions in three African countries – Ghana/Gold Coast, Sudan, and Tanganyika/Tanzania – over the course of fifty years (1919-1970). Not only is this topic under-studied in African history, but these professions (i.e. midwives, beauticians, wedding singers, market vendors, craftswomen) are also characterised by fascinating and unsettling aspects. For example, notions such as a set price for a service and fixed working times or workplace did not apply to many of them. WomAtWork aims first to discover the peculiarities of these labour patterns and see their historical transformations as a result of political changes and the introduction of new technologies and commodities. Secondly, it examines professional subjectivities, the work ethos, norms and values of women at work. Finally, it questions the relationship between these professionals and their communities – including in the light of the social stigma sometimes attached to them – as well as the nexus between these labourers and protest, charting when and why they laid down their tools. Based on an innovative methodology, this project seeks to overcome the invisibility of women in official archives by weaving together different threads of sources. It begins inside those photographic archives connected with institutions that had conscious agendas of representation and routines of intense textual production (for example, missionary stations). In some cases, these visual and textual sources lead to networks or families of women professionals, whose oral history will be solicited. Third, the project aims to analyse the vernacular press combined with oral accounts. Through these objectives and methodologies, WomAtWork will be a participant in the mission of writing a more democratic, more inclusive history, one that firmly establish the centrality of women’s labour in African his

Horizon Europe

2023 – 2027

Tracks4Crafts — Transforming crafts knowledge for a sustainable, inclusive and economically viable heritage in Europe

Tracks4Crafts examines and transforms the transmission of traditional crafts knowledge (TCK) to enhance the societal and economic valuation of crafts and align them with a future-oriented heritage approach in Europe. As intangible cultural heritage (ICH), crafts and TCK can be seen as resources for competitiveness, innovation, and sustainable development and quality of life, contributing to SDG 4, 8 and 11. Yet the tools, formats and instruments needed to foster the transmission and employment of TCK are lagging behind, which hampers the full development of its potential. Our objectives are to enhance and transform the transmission of TCK for a more effective economic as well as societal valuation of crafts. This is achieved in 4 Tracks, in which we (1) transform learning processes in physical spaces in which crafts people collaborate (in hi-tech environments, including fablabs and maker spaces etc.), (2) develop new digital technologies that enhance and transform transmission of TCK, (3) produce tools and instruments which enable capturing and optimising the value of the produced TCK (business modelling, certification and property protection), and (4) create networks to foster and disseminate the societal and economic value of TCK (e.g. through the CHARTER-alliance). The output is based on experiments in 8 craft ecosystems in which we develop and test formats for learning and tools for certification and validation in which (1) the economic and cultural barriers related to traditional TCK-transmission are addressed (i.a. the lengthy nature of learning, the fear of the craft getting lost…) and (2) the full potential of technology is tapped (i.a. for turning embodied TCK in open-source knowledge). To ensure that the solutions bridge the heritage perspective and the economic and societal needs and that our solutions are shared and transferable, our approach is deeply interdisciplinary and based on processes of multi-stakeholder co-creation (including action research).

Horizon Europe

2023 – 2025

SculpSi — A digital edition of Greek and Roman Sculptors’ signatures (323 BCE-138 CE)

SculpSi aims at reconstructing the lives and the works of Greek and Roman sculptors between the Hellenistic period and the reign of Hadrian (323 BCE-138 CE) in the areas corresponding to Roman Italy and the provinces of Achaia and Asia. SculpSi focusses on sculptors’ signatures, taking them as a source of information and a starting point for reconstructing their professional careers: signatures open up many research paths that have yet remained unexploited: their wording, their position on statues or bases, palaeographic dating, language and dialect, etc. They can also help us to reconstruct the work of individual sculptors, attribute them specific artworks and track their mobilities in the Mediterranean. SculpSi will be the first systematic study on sculptors’ signatures between 323 CE and 138 CE: the analysis will be carried out on a corpus of ca. 550 signatures, and will be based on bibliographic data and, whenever relevant, autoptic study; such data will be used to feed Polycles, a prosopographic database already created by the LIMC team at my host institution, but still awaiting launching. The project breaks down disciplinary barriers by combining art history, epigraphy, archaeology, and digital humanities and posing theoretical questions (e.g. role of the artist within society, the idea of authorship) which go well beyond Classical studies. The database -only one of the research products of Sculpsi- will constitute a perennial gate for scholars and students of several disciplines, giving access to data scattered in different parts of Europe and beyond and to the first English and French translations of many inscriptions. Besides being trained in digital humanities, the researcher will develop a unique expertise in Epigraphy and ancient Art History, filling a gap between disciplines which rarely communicate. Collaborations with international museums and academic institutions will open up several opportunities for the researcher, both in France and abroad.

Horizon Europe

2023 – 2026

TFBIC — The Filmmaker in Brazilian Indigenous Communities: the impacts of a new social and political position

This project combines approaches from anthropology and film studies to investigate how the systematic use of audiovisual equipment and techniques has contributed to the creation and consolidation of the position of ‘the filmmaker’ in Brazilian indigenous communities. Designed in collaboration with indigenous filmmakers, it will study three communities from different parts of Brazil, each with different histories and traditions of filmmaking - the Kuikuro, the Maxakali, and the Guajajara. In undertaking these studies, BFIC proposes an expanded and comparative analysis of the filmmaker's consolidation as a new social-political position that holds great prestige alongside traditional roles like the community leader, the health agent, the shaman, and the teacher. Around 90% of Brazilian indigenous communities now have their own filmmaker. They are responsible for transmitting technical audiovisual knowledge to younger generations; for cultural registration; and for disseminating information to mainstream media. However, it is also undeniable that indigenous production has gone beyond the limits of ‘ethnographic film’ and occupies a place in wider cinematographic culture. The filmmaker is therefore central to the exchange of symbolic production, and their work contributes to subverting and decolonising commonly held visual notions of what it is to be indigenous. The open access journal articles and collaborative short film produced by this project will explore the consolidation of the position of ‘filmmaker’ in detail for the first time. Alongside a range of dissemination activities targeted at academics and an interested general public, it will also hold audiovisual workshops in indigenous villages to directly strengthen ties between the Kuikuro, Maxakali and Guajajara communities. In doing so, BFIC will help to reinforce the struggle of indigenous peoples for the right to land, life and the preservation of the environment.

Horizon Europe

2023 – 2026

GenHumCap — Genealogies of Human Capital

Genealogies of Human Capital (GenHumCap) explores the rise of human capital theories between the collapse of the labor theory of value and the World Bank’s recent Human Capital Plan. Specifically, it charts how human life, although formally absent from market exchange, was rendered tractable to neoclassical practices of valuation and calculated investment; then how diverse experts used these methods to reconfigure healthcare, development aid, and population control programs in the name of maximized future wellbeing. Using methods from sociology, the history of science, and the digital humanities, the project will gather new data from archives, expert interviews, and new text-mining techniques, analyzing the results in light of contemporary French sociological studies of the social sciences. It will do so in close dialogue with leading sociologists at the CESSP in Paris, under the supervision of Professor Gisèle Sapiro. To disseminate its findings, the project will result in a conference, two academic articles, and a book manuscript; and in public-facing summaries in newspapers and EU-sponsored dissemination projects. Through innovative, interdisciplinary methods, GenHuC will provide the first substantial investigation into human capital, advancing multiple fields by reframing a series of sociological debates on 'neoliberalism,' 'biopolitics,' and 'biocapital,' and creating new connections between the history of science, sociology, and economics. In the process it will cement the base for a competitive research career in European academia.

ANR

2023

PolyBota — Polythéisme et Botanique en Grèce Antique. Noms, cultes, récits

Les cités de la Grèce antique ont honoré leurs dieux en leur attribuant des noms et des épithètes tirés du vocabulaire végétal. Les plantes ont servi de point d’ancrage d’activités cultuelles et ont été l’un des moyens d’inscrire la présence d’une divinité dans un territoire. Les récits des poètes ont souvent utilisé le lexique botanique, ou l’évocation de plantes et de paysages particuliers, pour rendre compte des prérogatives d'un dieu ou de sa manière d'intervenir dans les affaires humaines. Les documents épigraphiques et littéraires offrent un riche témoignage de ce phénomène. Les sources s'étendent de la période archaïque (VIIIe-VIIe siècles avant notre ère) jusqu'au Ve siècle de notre ère. Elles se réfèrent à l’ensemble des côtes hellénisées de la Méditerranée. Pourtant, elles n'ont pas encore été collectées et, a fortiori, elles n’ont pas fait l’objet d’une analyse systématique. Le projet « PolyBota. Polythéisme et botanique en Grèce antique. Noms, cultes, récits » s’attache à recueillir ces témoignages et à en fournir la première étude complète. Il croise les approches les plus récentes du polythéisme grec avec l’intérêt croissant que les sciences humaines portent au rôle de l'environnement végétal dans la vie culturelle des sociétés humaines. PolyBota vise à comprendre comment les connaissances végétales et les pratiques environnementales des anciens Grecs ont participé à façonner leurs représentations religieuses et leurs activités rituelles. Une approche multidisciplinaire et « bottom-up » permet à PolyBota d’aller au-delà de l'état de l'art de la bibliographie sur ce sujet et d'atteindre quatre objectifs principaux : (1) surmonter la nature fragmentaire et souvent datée des études existantes ; (2) reconstruire l'encyclopédie botanique, tacite et partagée, selon laquelle les hommes et les femmes de la Grèce antique ont pu interpréter la présence du monde végétal dans les noms, les cultes et les récits de leurs dieux ; (3) accéder à des cosmologies qui ne correspondent pas à la division entre nature et société courante dans les sociétés postindustrielles ; (4) construire une analyse du monde grec plus sensible aux multiples liens qui inscrivent l’action humaine dans son environnement non-humain. Le projet PolyBota sera soumis au panel SH6 – The Study of the Human Past des ERC Starting Grants 2025.

ANR

2023

NEOMAT — La transmission du savoir mathématique néoplatonicien

Le projet ‘Transmission du savoir mathématique néoplatonicien’ (NEOMAT) se trouve au croisement de l’histoire des sciences et de l’histoire des textes. Il poursuit deux objectifs principaux. Il s’intéresse à deux épisodes clés dans la transmission des textes grecs mathématiques. Le premier concerne la transmission des traités mathématiques grecs vers l’arabe. L’historiographie traditionnelle suppose que cette transmission s’est effectuée à partir des traités grecs antiques vers l’arabe, de manière directe ou par l’intermédiaire d’une version syriaque. Cependant, cette manière de penser est anhistorique et envisage la période antique comme uniforme. Le caractère innovant revient à évaluer la pertinence de l’hypothèse qui découle de la doxa actuelle qui guide la démarche d’un certain nombre d’éditeurs de textes scientifiques grecs, selon laquelle la transmission en arabe permet l’accès à un état du texte antique épargné par les couches de lecture et d’étude successives en grec. Les retombées d’un tel projet sont importantes, car il est susceptible de 1)modifier notre vision de la transmission des traités grecs scientifiques ; 2)changer notre regard sur le lien entre la science grecque antique et la science arabe ; 3)permettre d’évaluer le degré d’innovation des différentes transmissions, et de faire ressortir l’originalité de la réception du traité grec d’origine dans des espaces linguistiquement et culturellement différents. Le deuxième enjeu majeur concerne l’enseignement néoplatonicien à proprement parler et son importance pour notre connaissance de l’enseignement des mathématiques grecques à la fin de l’Antiquité. Entre le IIIe et le VIe siècle de notre ère, le néoplatonisme repose sur un réseau d’écoles unifié par un cursus d’étude en philosophie – principalement des traités d’Aristote et de Platon (Festugière) –. Conformément aux recommandations de Platon dans la République (VII 522 C – 531 C), leur étude est précédée de l’enseignement de quatre disciplines dont la maîtrise est nécessaire pour accéder à la connaissance de la philosophie. Ces disciplines sont l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique. Le néoplatonisme offre donc un témoignage privilégié et unique pour examiner les modalités de l’enseignement des mathématiques à la fin de l’Antiquité. L’intérêt d’une partie de ces textes est qu’ils ont été sous-évalués en histoire des mathématiques. Cela a directement contribué à biaiser notre appréciation de la manière dont on faisait des mathématiques à la période antique. L’utilisation néoplatonicienne de ces traités offre un rare exemple de textes mathématiques antiques pour lequel il est possible d’étudier le lien entre mathématique et philosophie, puisqu’on dispose de traces et de témoignages d’utilisation des textes. La caractéristique du néoplatonisme est que les enseignants néoplatoniciens composent des commentaires aux œuvres étudiées. Plusieurs d’entre eux nous sont parvenus. On conserve aussi des commentaires rédigés à partir de notes prises par des étudiants. Ces différents documents fournissent un vaste corpus pour développer comme axe transversal du projet une étude sur ce en quoi consiste l’enseignement à cette période. Le projet repose aussi sur l’exploitation des méthodes et outils de la philologie. L’étude des commentaires en général et la question de l’impact des commentaires dans la transmission des textes constituent un autre point important. Dans le cas des commentaires néoplatoniciens, les textes sont à leur tour utilisés à Byzance dans le cadre d’un enseignement et tout l’enjeu sera de comprendre comment pour pouvoir exploiter le témoignage des sources médiévales qui en transmettent le contenu.

ANR

2023

FemSen — CORPS FÉMININS, SENSATIONS FÉMININES Une histoire de la corporéité féminine et de la perception sensorielle dans la science médiévale

Les “Women’s studies”, “Body studies” et “Sensory studies” constituent trois grandes tendances de la recherche interdisciplinaire actuelle. Le projet “CORPS FÉMININS, SENSATIONS FÉMININES” se situe à l'intersection de ces trois domaines. Dans ce contexte, et en adoptant une approche historico-philosophique, le projet vise à étudier les conceptualisations scientifiques médiévales de la corporéité féminine en relation avec les théories de la perception sensorielle qui sont simultanément produites dans la science médiévale. Voici les objectifs que nous souhaitons poursuivre: (i) fournir une étude approfondie des théories scientifiques médiévales sur la féminité, le corps féminin et la perception sensorielle; (ii) montrer si et dans quelle mesure les différences de sexe et de genre étaient déjà considérées comme jouant un rôle dans les théories psychologiques pré-modernes; et (iii), d'autre part, explorer le rôle et l’influence potentielle des théories des perceptions sensorielles sur les visions médiévales du corps féminin et de la féminité en général. Cette étude devrait parvenir (a) à découvrir certaines racines historiques méconnues des théories scientifiques actuelles liant la psychologie et les études sur le sexe et le genre, et (b) aider à clarifier les vues scientifiques médiévales sur les femmes, en montrant la variété des approches qui peuvent être trouvées au cours de ces siècles, qui sont généralement et indistinctement considérés comme “misogynes”.

ANR

2023

MICA — Développer une approche matérielle pour modéliser l’impact de la Conquête et de la colonisation sur les populations andines, africaines et afro-descendantes du nord du Pérou (XVIe – XVIIIe siècles)

Dans le continent sud-américain, la colonisation a dès le début du XVIe siècle introduit des changements profonds dans l’organisation des sociétés préhispaniques de l’Aire Andine Centrale, correspondant au Pérou actuel. Ces changements ont concerné les modes de vie de ces populations, bouleversés par les déplacements forcés, tout comme leurs pratiques économiques et culturelles par l’imposition de composantes de la société européenne telles que le culte chrétien. Les populations andines ont néanmoins perpétué de nombreuses coutumes anciennes, par des processus de résistance conduisant à un syncrétisme entre traditions préhispaniques et européennes. Ce syncrétisme s’est aussi produit à travers les contacts entre populations andines et communautés d’esclaves africains et afrodescendants, amenés de force sur les côtes péruviennes depuis le début du XVIème siècle. La Période Coloniale apparaît ainsi comme un moment clé de l’histoire de l’Aire Andine, mais elle est le plus souvent abordée à travers la discipline historique et l’étude des archives écrites par l’administration coloniale. L’histoire qui est faite de cette période est donc surtout une histoire politique et économique écrite du point de vue espagnol, laissant peu de place au quotidien, aux expériences vécues et aux processus de négociation des populations andines, africaines et afrodescendantes avec les normes européennes. Le projet MICA vise à bousculer l’état actuel de la recherche en apportant des hypothèses novatrices sur l’histoire des populations anciennes de la côte nord du Pérou. Cette région est un cas d’étude majeur pour étudier la transition entre la période préhispanique et coloniale, qui a vu l’installation de plusieurs Ordres religieux fondant des églises et des villages où ont coexisté les populations espagnoles, andines, africaines et afrodescendantes. Dans cette région, l’archéologie coloniale est une discipline naissante, qui grâce à une approche matérielle et multiscalaire aborde les relations entre européens et populations andines. Ces recherches mettent en évidence la continuité de pratiques préhispaniques, tout en témoignant de processus d’ethnogenèse. Toutefois, se concentrant le plus souvent sur la fouille de contextes rituels, peu de connaissances scientifiques existent sur le quotidien des populations andines, et encore moins sur celui des esclaves qui restent les grands oubliés de cette recherche. En omettant l’étude des relations entre communautés andines et africaines, ces recherches peinent à illustrer dans quelle mesure leurs interactions ont contribué à façonner l’identité nationale péruvienne. Le projet MICA propose d’étudier pour la première fois trois sites fondés au XVIème siècle dans la vallée de Jequetepeque, pour définir l’impact du régime colonial sur les pratiques domestiques, sociales, économiques et culturelles des populations andines, africaines et afrodescendantes durant le premier siècle de la colonisation. A travers une approche matérielle, fondée sur la fouille archéologique des églises Anlape et Omnep, des secteurs d’habitat associés, ainsi que de San Pedro de Lloco, première ville fondée dans la vallée, il s’agira de confronter les connaissances historiques pour la période et de replacer dans ce discours la perspective des communautés andines, africaines et afrodescendantes. Ce projet s’appuie sur une solide collaboration internationale entre des institutions européennes, péruviennes et nord-américaines, et se distingue par son caractère hautement pluridisciplinaire en réunissant des chercheurs issus de la discipline archéologique, historique et anthropologique. Le projet contribuera à fonder une méthode réplicable d’étude des vestiges coloniaux, adaptée aux enjeux du contexte andin. La particularité de cette recherche tient également à sa réalisation dans un contexte urbain, rendant essentiel de coupler cet intérêt scientifique à un projet social, culturel et économique avec les autorités et les populations locales.

ANR

2023

EArTH — Architecture en terre, traditions et patrimoine. Durabilité de l'architecture et pratiques sociales des communautés néolithiques au Proche-Orient et dans ses marges.

Le projet ERC Starting Grant EArTH a pour objectif de documenter l’évolution technique de l’architecture de terre au cours du Néolithique (12000-5000 BC) au Proche-Orient et dans ses marges (Caucase, Anatolie, Chypre) afin de définir quels sont les mécanismes évolutifs (invention, diffusion, adaptation) en architecture de terre et les modalités de transmission des techniques de construction. La construction en terre crue représente un patrimoine transhistorique universel vieux de plus de 11000 ans au Proche-Orient. Plus encore, il a été observé que des points de convergence technique sont attestés dans toutes les aires géographiques de genèse de l’architecture de terre et cela dans des contextes socio-culturels et historiques variés disséminés sur l’ensemble du globe (Asie Centrale, Amériques, Afrique, Europe et Proche-Orient). Toutefois, ce projet défend l’hypothèse que l’origine et le développement de ces innovations recouvre une histoire complexe et semblent se décliner en de multiples variantes, liées à la disponibilité des ressources naturelles, à des choix techniques ou culturels et à des évolutions sociales. Le projet ERC Starting Grant EArTH nécessite la mise en place d’un programme ambitieux mobilisant différents contextes socioculturels et historiques pour définir des mécanismes universels en architecture. À cet égard, ce projet entend dépasser la stricte approche archéologique pour obtenir une vision anthropologique détaillée des sociétés passées par l’étude des populations anciennes et actuelles selon une approche comparatiste. Il s’agit d’un projet interdisciplinaire qui est basé sur une approche multiscalaire combinant un travail de terrain et en laboratoire – par des fouilles archéologiques en Iraq et en Azerbaïdjan et des études archéométriques de matériaux de construction et de sols – des enquêtes ethnographiques – par des terrains menés auprès de populations actuelles en Afrique de l’Est (Djibouti, Éthiopie, Soudan), dans la Péninsule Arabique (Oman) et en Amérique du Nord (Mexique) – et la création d’un modèle de simulation multi-agents à partir des données empiriques récoltées afin de définir les processus de diffusion des techniques de construction et les mécanismes d'échange. Le projet ERC Starting Grant EArTH poursuit les objectifs suivants : 1) Fournir une étude complète des vestiges architecturaux au Proche-Orient et dans ses marges soutenue par la mise en place d’une base de données et d’un SIG unique pour la région ; 2) Analyser les voies d’approvisionnement des ressources et les dynamiques de mobilité à une échelle multiscalaire (site, territoire, région) afin d’interpréter les mutations architecturales sur la longue durée et mettre en évidence les réseaux d’interaction régionaux et extra-régionaux ; 3) Explorer les transferts et les phénomènes sociaux (déplacement de populations, processus d’acculturation totale ou partielle, diffusions ou non-diffusions culturelles) afin de définir les modes de structuration des réseaux sur les échanges d’idées et de savoir-faire en architecture ; 4) Comprendre l’impact environnemental, culturel et social selon les choix techniques réalisés par les populations. Au vu de l’extinction progressive des savoirs traditionnels et du remplacement de la terre crue par des matériaux modernes face à une pression économique et sociale grandissante, il devient urgent de documenter ce patrimoine commun de l’humanité, chaque jour davantage menacé. Les connaissances acquises par le projet ERC Starting Grant EArTH permettront d’envisager des solutions durables face aux défis démographiques et écologiques actuels. Les qualités d’un matériau terre (isotherme, économique, recyclable) en voie de disparition doivent être valorisées à l’heure où les enjeux écologiques sont au cœur du débat public. Dans ce cadre, la sauvegarde de ce patrimoine vivant et des connaissances techniques ancestrales s’avère un enjeu de société crucial face à la globalisation des cultures.

ANR

2023

ECLAT — Processus contrôlant la dynamique environnementale et les impacts sociétaux des contaminants géogéniques et anthropiques des métaux traces en Guyane française

En Guyane française (GF), l'exposition des populations vivant le long des fleuves et des zones côtières aux métaux traces et métalloïdes (MT) est une préoccupation majeure pour les organismes de santé publique. L’origine de ces expositions demeure encore aujourd’hui mal comprise. Les niveaux élevés de MT potentiellement toxiques (e.g., Hg, Pb, As) dans les couvertures latéritiques (latérite et sol) résultent d’une accumulation naturelle au cours des millions d'années. Cet équilibre est aujourd’hui perturbé d’une part, par le forçage climatique (glissements de terrain, tempêtes tropicales…), mais surtout par les activités anthropiques, au premier rang desquelles l’orpaillage légal ou illégal, dont la gestion des pollutions induites (notamment au mercure) constitue un défi de taille pour ce territoire. Le remaniement et l'érosion, naturels ou non, des couvertures latéritiques favorisent le transfert des particules riches en MT dans les hydrosystèmes guyanais. Les MT sont alors soumis à de nombreuses transformations biogéochimiques qui peuvent modifier leur spéciation vers des formes toxiques et/ou bioaccumulables dans les chaînes trophiques. En outre, l'addition de MT (Pb et Hg) issus des activités anthropiques (orpaillage, agriculture, chasse…) à un fond géochimique naturellement élevé exacerbe les risques d'exposition des populations. Le projet ECLAT fédère 6 laboratoires et universités de Guyane et de France hexagonale pour documenter les cycles biogéochimiques des MT, et apporter des réponses sociétales et de santé publique à cette problématique en GF. Par une approche transdisciplinaire (géosciences et sciences humaines et sociales), le projet s’attachera à comprendre les processus d’accumulation, de transfert, et le devenir des MT, depuis les couvertures latéritiques vers les grandes rivières guyanaises. Le projet sera mené sur deux hydrosystèmes ; le Maroni et la Mana, contrastés par leurs débits et la qualité de leurs eaux en raison d’une densité de population et des activités d’extraction aurifère très différentes sur leurs rivages. En premier lieu, la dynamique socio-environnementale et économique (orpaillage, occupation du territoire…) des deux bassins versants sera analysée sur la base d’archives historiques. Ces résultats permettront d’évaluer, de reconstituer et de comparer l'évolution spatiotemporelle des flux de MT et de la pression anthropique au cours des deux derniers siècles. En parallèle, l’étude minéralogique, géochimique et géochronologique des couvertures latéritiques actuelles permettra de caractériser les processus et la dynamique d'accumulation des MT géogéniques et anthropiques sur des échelles de temps allant du siècle au million d’années. Enfin, la réactivité des phases porteuses minérales et/ou organiques des MT (une fois remobilisées dans les hydrosystèmes) sera étudiée pendant le transport en suspension et au cours des dépôts transitoires (de la crue à l’échelle saisonnière) pour documenter le parcours et le devenir de ces contaminants. L’utilisation de méthodologies innovantes (sur le terrain et en laboratoire), de thématiques et d’outils de pointe variés et complémentaires (minéralogie, géochronologie et géochimie élémentaire et isotopique) permettra l’identification des sources et la caractérisation des processus biogéochimiques en jeu dans la dynamique des MT. Ce projet apportera une vision nouvelle de ce socio-écosystème complexe, et des réponses à la société sur les risques d’exposition aux MT. La diffusion des savoirs (workshop, enseignement, diffusion, et vulgarisation) vers l’Université de Guyane, les agences d’états et le grand public permettra à la population guyanaise d'accéder à une information qualitative et quantitative sur l'impact des mines (il)légales et sur l'exposition des populations au fil du temps. Le projet ECLAT permettra donc de proposer une meilleure gestion de l'environnement et de la santé humaine et d'accroître le développement de l'éducation à cette problématique.

ANR

2023

SOGO — Sols et sous-sols de chantier : des ressources minérales et organiques pour la ville

Les différents chantiers réalisés dans les espaces urbains, de voirie, de construction comme de tunnels, ont en commun de de rendre mobiles des matières de natures très variées - organiques ou minérales, polluées ou non par d’anciennes activités anthropiques - que l’on nomme « terres excavées ». Ces terres issues des chantiers du Bâtiment et Travaux publics acquièrent un statut de déchets mais peuvent constituer une ressource en étant utilisées comme sols – surface plane remblayée mais aussi matière organique pouvant permettre un usage agricole -, comme aménagements ou encore matériaux de construction. Constat est fait qu’en dépit de réglementations appelant une plus grande valorisation à l’échelle nationale et européenne, les terres de chantier sont fréquemment mises en décharge ou utilisées sous forme de remblais. Au-delà des conditions techniques de mise en œuvre des matériaux, la gestion des terres est déterminée par les pratiques de chantier, l’espace disponible pour leur gestion, les besoins locaux en ressources minérales et organiques, la structuration de filières de nouveaux usages ou encore le cadre réglementaire qui lui-même se définit à différentes échelles. Le projet entend analyser ces différents aspects en considérant la filière des terres excavées depuis les chantiers jusqu’à leur nouvel usage, les pratiques assurant leurs transformations et circulations ainsi que les textes qui les gouvernent dans différents contextes spatiaux (Europe en Union Européenne et hors UE et Brésil). Mobilisant des méthodes de sciences sociales et croisant géographie, aménagement, droit de l’environnement et génie civil, la recherche déploiera la pratique photographique pour ensuite proposer une restitution du métabolisme des terres excavées sous forme de récits textuels et visuels et engager la création de nouveaux scénarios de valorisation. L’approche en termes de filière sera alors mobilisée et testée dans la formation des praticiens et d’étudiants enseignants.

ANR

2023

RESPGLOB — Une mondialisation responsable ?

La mondialisation contemporaine accroît la distance entre le consommateur et le producteur et rend plus difficile la traçabilité des produits. Les préoccupations environnementales et sociales de la société civile poussent les entreprises à s'engager dans des actions responsables. La responsabilité sociale des entreprises (RSE) consiste à gérer la tension entre l'optimisation de la chaîne de valeur mondiale (CVM) et le respect des engagements de responsabilité. L'industrie de l'habillement est l'un des premiers secteurs à avoir déplacé sa production vers des pays à bas salaires dans les années 1990. C'est également la deuxième industrie la plus polluante au monde. Le développement des CVM a entraîné de l'opacité sur le respect des conditions de travail et l'impact environnemental des usines à l'étranger. La négligence des multinationales a été médiatisée et les a forcés à améliorer leurs pratiques. En outre, l'empreinte carbone "du berceau à la tombe" de la production de chaque vêtement peut désormais être calculée. Face aux chocs de réputation, les détaillants multinationaux rejoignent des initiatives internationales, multiplient les certifications éthiques, ou se désengagent des approvisionnements problématiques. Cependant, nous savons très peu de choses sur la réalité de ces ajustements. Notre projet quantifie un large ensemble d'ajustements effectués par les entreprises d’habillement en réponse à la tension entre la fragmentation de leurs chaînes de valeur mondiales et leurs nouvelles responsabilités. Nous construisons une nouvelle base de données pour aborder : i. les répercussions des chocs de réputation sur la demande des consommateurs et les contrats d'approvisionnement des entreprises, ii. les engagements et les certifications environnementales et sociales adoptées par les entreprises, et iii. les stratégies des entreprises pour s'adapter aux préférences potentiellement conflictuelles des consommateurs.

ANR

2023

ETEWI — Transition écologique, emploi, travail et inégalités

Les études existantes des effets de la transition écologique sur l’emploi se concentrent sur la quantité d’emplois potentiellement créés (les emplois « verts ») ou détruits mais abordent rarement la question de la qualité de ces emplois et des caractéristiques des travailleurs les occupant. Si la transition écologique peut constituer une opportunité pour de nouveaux emplois et compétences, elle comporte également des risques d’accroissement des inégalités sur le marché du travail. Ce projet vise à analyser la manière dont la transition écologique peut avoir un impact sur l’emploi, la qualité des emplois et les inégalités, en prenant en compte la perspective des entreprises et celles des individus dans ce processus, ainsi que le rôle des politiques publiques. Notre projet adopte une approche pluridisciplinaire croisant économie et sociologie et combinant des approches quantitatives (mobilisation de grandes bases de données et microéconométrie) et qualitatives (entretiens semi-directifs). Notre projet aborde de manière transversale la question des inégalités de genre dans la mesure où les femmes sont pour l’instant fortement sous-représentées dans les emplois verts. En outre, une analyse spécifique est menée sur le secteur agricole, amené à jouer un rôle crucial dans la transition écologique. Un premier axe de recherche considérera la perspective des entreprises et analysera comment les innovations environnementales et les investissements verts peuvent avoir un impact sur l’emploi, la qualité des emplois et les inégalités sur le marché du travail. Un deuxième axe considérera la perspective des travailleurs et étudiera la définition, la dynamique et la qualité des "emplois verts" et plus généralement de tous les emplois impactés par la transition écologique. Un troisième axe s’appuiera sur les développements des deux premiers pour analyser comment les politiques publiques (liées au travail, à la formation et aux incitations envers les entreprises) peuvent influencer les effets de la transition écologique sur l’emploi et les inégalités sur le marché du travail.

ANR

2023

FRONTIER — Impérialisme et périphérie : les empires centrasiatiques et leurs frontières durant l'Antiquité

Où tracer la frontière d’un empire ? Dans le contexte de l’Asie centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan et Chine du Nord-Ouest), qui mêle monde des steppes et monde des oasis, la cohésion territoriale des grands empires repose sur une politique d’expansion intense et multiscalaire, ainsi que sur l’émergence de larges réseaux d’échanges. Néanmoins, l’approche centre-périphérie ne rend que partiellement compte de la notion de frontière - compris ici comme un espace d'interactions avec ou sans délimitation précise -, à savoir sa manifestation, sa perception et sa perméabilité, aussi bien culturellement et matériellement que géographiquement. Ce projet se propose d’aborder cette problématique en se concentrant, non sur le centre, mais sur les limites des empires centrasiatiques entre le Ve siècle avant et le Ve siècle après J.-C. Cette période voit en Asie centrale l’émergence et l’implantation de vastes empires (achéménide, hellénistique, kouchan, Qin puis Han) se distinguant par l’intensité de leurs interactions matérielles et commerciales. L’attention des historiens et archéologues s’est tout particulièrement portée sur le cœur de ces empires, ainsi que sur les manifestations parmi les élites du multiculturalisme créé par ces échanges. Néanmoins, l’expansion des empires sous-entend un ancrage territorial à construire intellectuellement et matériellement, sous la forme de politique religieuse, d’évolution de l’idéologie royale, de réseaux diplomatiques, du contrôle des voies de commerce par la construction d’espaces de surveillance, mais également de pétroglyphes. Se fondant sur un corpus de plus de 300 sites archéologiques, d'environ 1 000 textes chinois et de près de 6 000 pétroglyphes, le projet FRONTIER associe données archéologiques, architecturales, épigraphiques, numismatiques et des pétroglyphes. L’objectif du projet sera ainsi, par l’étude des objets, des nouvelles données textuelles et des modèles de peuplement, de (re)définir un impérialisme aux frontières.

ANR

2023

DEFI — Droits, Économies, Femmes, Italie: Venise, Florence, Naples, Palerme, XVIe-XVIIIe siècle

Le projet DEFI, basé sur la collaboration entre des spécialistes français et italiens d'histoire du genre, d’histoire du travail, d’histoire urbaine et d'histoire du droit et de la famille, se propose une étude interdisciplinaire des rôles économiques et des activités de travail des femmes dans quatre grandes villes de l’Italie moderne: Venise, Florence, Naples, Palerme, qui représentent des réalités sociales économiques, politiques différentes. Le projet entend dialoguer avec la recherche sur l'Europe du Nord et questionner, du point de vue de l'histoire du genre, le modèle de la 'Petite divergence' proposé par les historiens de l'économie et récemment revisité par des recherches sur les activités économiques des femmes aux Pays-Bas à l'époque médiévale et moderne. Il se fonde sur un ensemble de sources comparables dans les quatre villes (archives des institutions d’assistance et sources notariales, complétées par des sources spécifiques à chacune des villes) étudiées pour trois périodes : 1- décennies centrales du XVIe siècle, (reconfiguration de l'économie italienne dans le contexte de la progressive ‘marginalisation’ de la Méditerranée, développement de l'industrie du luxe à Florence et Venise et réorganisation des ports de Naples et Palerme) ; 2- décennies centrales du XVIIe siècle (épidémies et crises économiques) ; 3- dernières décennies du XVIIIe siècle, (aboutissement d'un processus pluriséculaire de développement proto-industriel qui remet en cause la prépondérance urbaine). Les bases de données réalisées seront mises à la disposition de la communauté scientifique, dans une optique de recherche open access. Des séminaires de recherche, une semaine de formation doctorale, un colloque international en France et la participation à des colloques internationaux permettront de valoriser les résultats du projet, qui feront l’objet de publications en anglais et en français.

ANR

2023

PASTAtolls — Approche pluridisciplinaire des socio-écosystèmes des atolls polynésiens dans le temps

Les atolls du Pacifique tiennent aujourd’hui une place importante dans les débats relatifs aux effets globaux du réchauffement climatique et de la montée des eaux. La mise en œuvre des capacités de résilience des populations des atolls y est souvent soulignée mais peu de cas est fait de la longue histoire de l’occupation et de l’adaptation humaine aux conditions environnementales hostiles et contraignantes de ces îles si particulières. Afin d’éclairer ces processus complexes, le projet PASTAtolls propose une approche pluridisciplinaire et multifocale de l’évolution des socio-écosystèmes d’atolls en Polynésie Centre-Orientale (actuelle Polynésie française) sur la longue durée. Si les atolls polynésiens sont bien documentés du point de vue écologique, il en va différemment dans le domaine des SHS avec des travaux éparpillés et disparates. Ainsi, ces sociétés insulaires ont longtemps été considérées comme incapables de complexité car soumises à des milieux perçus comme trop contraignants par les observateurs occidentaux. Ce déterminisme environnemental a plus récemment été remis en question par des travaux en archéologie et anthropologie menés en partie par des membres de notre équipe. Néanmoins, nos connaissances sur les relations Polynésiens-atolls restent encore parcellaires. C’est l’objet de ce projet que de combler cette lacune, en appréhendant les modes de vie originaux, passés et actuels, des habitants des atolls alors même qu’ils sont confrontés à de nouveaux défis, notamment liés au changement climatique. Le projet s’organise autour de quatre objectifs : 1. Affiner la chronologie de l’histoire géologique et de l’occupation humaine des atolls polynésiens, 2. Documenter les processus d’introductions de plantes et d’animaux et leurs impacts sur les écosystèmes, 3. Reconstituer les savoirs et savoir-faire techniques traditionnels menacés de disparition, et 4. Examiner les représentations symboliques entretenues par les populations avec leur environnement par la documentation des pratiques rituelles anciennes. PASTAtolls est un Projet de Recherche Collaboratif (PRC) d’une durée de quatre ans à huit partenaires, regroupant, pour la première fois, un ensemble d’experts en Sciences Humaines et Sociales et Sciences de l’Environnement (archéologues, anthropologues, linguistes, paléobotanistes, géomorphologues) engagés de longue date sur les atolls polynésiens. L’approche pluridisciplinaire, structuré en huit work-packages, sera appliquée à cinq atolls-cibles appartenant à trois archipels différents aux conditions environnementales et aux trajectoires culturelles variées (d’Ouest en Est : Teti’aroa, Niau, Anaa, Takume et Temoe). Plusieurs missions de terrain permettront la collecte de données au travers des fouilles archéologiques, d’études paléoenvironnementales et de recueils ethnographiques et linguistiques. Si les questions et les enjeux du projet concernent avant tout les SHS, ils contribuent également à restituer une dimension diachronique de la biodiversité, cruciale pour les biologistes. Il s’agit aussi d’une contribution à la connaissance des mécanismes de résilience des populations du Pacifique, qui résonnent particulièrement aujourd’hui à l’heure de grands défis globaux.

ANR

2023

Homeland — Entre essor et déclin dans le Sud-Caucase : trajectoires communes et spécifiques des communautés Kura-Araxes (Bronze ancien) en Arménie

La recherche sur le phénomène Kura-Araxe (KA) (Bronze Ancien, 3500-2500 av. n. è.) est depuis une vingtaine d’années extrêmement dynamique : la diffusion depuis le berceau Sud Caucasien (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) vers l’Anatolie, l’Iran et le Levant à partir de 3000 av. n. è. ainsi que les conditions d’émergence et d’effondrement de cette culture ont largement retenu l’attention. HOMELAND vise à éclairer une facette encore très mal connue des sociétés KA, à savoir la transition entre le KA I et II sur le territoire de l’Arménie, à la fois berceau et carrefour du phénomène KA. Les recherches récentes en Arménie ont démontré que la séquence KA était divisée en deux phases dites KA I et II avec une transition aux alentours de 2900 av. n. è. Cette période charnière expérimente le remplacement d'un complexe précoce marqué par une grande homogénéité (KA I) du matériel céramique par une phase de fragmentation (KA II) caractérisée par l’émergence de quatre faciès culturels régionaux, l’abandon quasi généralisé des établissements du KA I et l’implantation sur de nouveaux sites. L’originalité d’HOMELAND réside dans son approche comparative qui repose sur l’étude simultanée de quatre sites (Karnut, Ayrum, Voskeblur, Artanish) localisés dans chacune des sub-régions définies par la céramique. Pour chacun d’entre-eux il s’agira de retracer les aspects les plus importants de la vie quotidienne, parmi lesquels : les traditions architecturales, la culture matérielle (artefacts lithiques, macrolithiques et métalliques), les stratégies de subsistance et les stratégies d'approvisionnement en ressources naturelles. Les enjeux sont (1) de caractériser le mode de vie de ces communautés KA II dans chacun des quatre complexes culturels afin de préciser les spécificités et les similitudes de leurs trajectoires, (2) d’étudier les dynamiques des systèmes de peuplement à l’échelle de l’Arménie à la transition KA I-II, (3) d’établir les causes (environnementales, sociales, économiques) de cette transformation profonde entre le KA I et II ainsi que les raisons du morcellement culturel qui s’ensuit. Le projet adopte une méthodologie résolument interdisciplinaire qui combine archéologie, bio-archéologie (paléobotanique, archéozoologie, analyse isotopique), reconstitution paléoenvironnementales et climatiques, analyses spatiales, statistiques et bayésiennes. En outre, l’utilisation des méthodes analytiques de pointe (micromorphologie, tracéologie, analyse de résidus, pXRF, LA-ICP-MS, spectroscopie infrarouge, analyses isotopiques, GDGTs) encore peu utilisées en Arménie, permettront de réviser de manière critique les connaissances existantes. HOMELAND combine des données inédites provenant de missions de terrain en cours et des données anciennes issues soit de la bibliographie, soit de collections non publiées (musées, instituts). Notre recherche générera ainsi une très grande quantité de données dont la gestion reposera sur une géodatabase appelée "DataKA". Cette dernière permettra de stocker, harmoniser, manipuler, analyser et cartographier ces données. L’intérêt majeur sera de fournir une vue multiscalaire, diachronique et thématique des évolutions chrono-culturelles du phénomène KA sur le territoire de l'Arménie et au-delà. Le Projet HOMELAND regroupe des partenaires impliqués depuis de nombreuses années dans l’archéologie, la biorchéologie et le paléoenvironnement du Sud Caucase, et repose sur un solide réseau de collaborations locales.

ANR

2023

ECOMED — Les économies méditerranéennes à la fin du Moyen Âge (1350-1500) : crises, reconstructions, restructurations

Le projet ECOMED (Économies de la Méditerranée à la fin du Moyen Âge, 1350-1500) rassemble 41 chercheurs titulaires provenant d’Espagne, de France, d’Italie et de Grèce, spécialisés dans l’étude des mondes méditerranéens et intéressés par les questions liées à l’interculturalité comme à l’interconnexion entre sociétés différentes. Il part du constat d’une divergence entre les historiographies concernant l’Europe du Nord et celle de la Méditerranée, les premières s’appuyant sur un faisceau de recherches portant sur le climat, les incidences de la peste et la conjoncture économique qui font encore assez largement défaut pour l’espace méditerranéen. Celui-ci est considéré par le projet comme un espace unique où les questions se posent de la même manière. L’hétérogénéité du régime documentaire des mondes byzantin, musulman et chrétien a donné naissance à des historiographies très différentes, bien que les problèmes rencontrés soient analogues : la présence et la récurrence de la peste, la multiplication des disettes et des famines dans un climat devenu instable et tendant à être plus humide et plus froid au début du « petit âge glaciaire », l’instabilité politique qui se manifeste par des guerres incessantes et dévastatrices et des recompositions étatiques constituent des données de fait communes à l’ensemble du bassin. La pertinence d’une divergence au XVe siècle entre Sud et Nord doit être examinée, de même que doivent être examinées les différences entre Est et Ouest et les recompositions territoriales internes alors que tout montre aussi des pratiques favorisant l’interculturalité entre mondes musulman et chrétien. Le projet ECOMED étudiera les défis environnementaux rencontrés de part et d’autre de la mer ; les productions agricoles et artisanales ; l’utilisation des matières premières et la circulation des marchandises ; les institutions et les conflits structurant la période et la zone ; il s’intéressera enfin à la mobilité sociale et à la croissance.

ANR

2023

GARLAND — Les jardins comme oppertunité pour conserver la biodiversité en milieu péri-urbain

Les jardins privés constituent la plus grande partie des espaces verts urbains et sont également le type d'espace extérieur le plus fréquemment utilisé par les citadins. En milieu urbain, ils contribuent par conséquent de manière significative à la préservation de la biodiversité et au fonctionnement des écosystèmes. Il a également été démontré qu'ils sont précieux pour le bien-être et la santé humaine, et permettent aux citadins de faire des expériences de la nature au quotidien. Le projet GARLAND porte sur les jardins périurbains, notamment les jardins potagers, qui ont été peu étudiés jusqu’ici. Le potentiel des jardins périurbains pour la biodiversité est déterminé par une combinaison de facteurs socio-écologiques et environnementaux opérant à différentes échelles. Le projet propose une approche interdisciplinaire associant l'écologie, la sociologie et la géographie pour explorer ces facteurs sociaux et écologiques, les motivations et les barrières pour une meilleure gestion de la biodiversité dans les jardins privés, à la fois à l'échelle individuelle et à l'échelle de la municipalité. L'objectif principal du projet est de développer une compréhension qualitative et quantitative des déterminants de la biodiversité dans ces socio-écosystèmes de jardins périurbains, afin d'identifier les opportunités de conservation de la biodiversité. Le projet cherchera également à déterminer si certaines pratiques liées aux jardins tendent à accroître le sentiment de connexion des citadins avec la nature, ce qui constituerait un levier potentiel pour augmenter les comportements pro-environnementaux généraux de ces derniers. Le projet se concentre sur deux sous-secteurs de la ceinture périurbaine étendue du Grand Paris (Île-de-France) présentant des caractéristiques socio-économiques contrastées. Le processus d'acquisition de données est structuré en trois axes : le premier explorera le rôle joué par les politiques publiques locales sur la présence et le profil des jardins dans les zones périurbaines et rurales de la région Ile-de-France. Il est fait l'hypothèse que les choix locaux effectués par les autorités de planification au niveau municipal peuvent conduire à des situations hétérogènes en termes de réglementations qui peuvent favoriser, ou au contraire, entraver la préservation des jardins. Le second axe étudiera la relation entre les habitants et leurs jardins en tenant compte du contexte socio-économique. En particulier, l'objectif sera de déterminer les principaux facteurs liés aux habitants qui influencent la proportion de surface végétalisée dans les jardins et l'hétérogénéité des habitats, deux paramètres très déterminants pour la biodiversité. Les liens potentiels entre les relations des habitants avec leur jardin et la biodiversité dans ces jardins seront également examinés. Le troisième axe du projet étudiera comment la diversité des plantes à fleurs et des pollinisateurs dans les jardins périurbains est influencée par l'interaction entre les facteurs écologiques (caractéristiques du jardin et du paysage) et les facteurs sociaux (caractéristiques des ménages et de la ville). Les plantes à fleurs et les pollinisateurs ont été choisis comme modèles d'étude pour les analyses de la biodiversité parce qu'ils sont fréquents dans les jardins, relativement faciles à inventorier, et qu'ils réagissent à la structure du paysage à une petite échelle spatiale. Les résultats du projet permettront d'identifier les leviers d'action potentiels et de co-construire des solutions avec les acteurs impliqués, pour promouvoir la biodiversité à l'échelle des municipalités et des individus.

ANR

2023

MAMA_AFRICA — Ampleur et nature des troubles mentaux courants chez les étudiants des collèges en Afrique et obstacles à la recherche de soins (Sénégal, Cameroun, RD Congo, Algérie).

Selon l'OMS, la santé mentale est une urgence mondiale, en particulier pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Les universités et les établissements d'enseignement supérieur du monde entier sont confrontés à des taux croissants de troubles mentaux chez les étudiants. La demande de services sur les campus dépasse les ressources disponibles. Par conséquent, la plupart des étudiants ne sont pas diagnostiqués ou traités. La nécessité d'une prévention efficace, d'une détection précoce, d'un traitement novateur et d'approches de soutien pour les troubles mentaux courants chez les étudiants est de plus en plus reconnue. Des données fiables sont essentielles pour planifier et mettre en œuvre des interventions durables et efficaces. Pourtant, on manque d'études sur les troubles mentaux communs chez les étudiants des universités et des collèges, ainsi que d'interventions pertinentes dans les pays africains. L'étude proposée vise à apporter des éléments probants pour combler cette lacune dans la recherche. L'objectif de cette étude est d'utiliser une méthodologie mixte combinant power of stories and power of numbers [10] qualitative et quantitative, pour combler cette lacune en apportant des preuves sur l'étendue des troubles mentaux et leurs facteurs associés chez les étudiants de premier cycle, décrire les expériences vécues, les principaux obstacles et les facteurs facilitant l’accès aux soins pour les troubles mentaux chez les étudiants de premier cycle dans quatre pays africains : Sénégal, Cameroun, République Démocratique du Congo, Algérie. Plus précisément, nous voulons : 1. Estimer la prévalence des troubles mentaux courants (CMD) - c'est-à-dire la dépression, l'anxiété, les troubles liés à la consommation d'alcool et de substances, et les comportements suicidaires - par le biais d'une enquête anonyme. 2. Décrire les déterminants des troubles mentaux communs, les facteurs sociodémographiques, les facteurs personnels et liés au mode de vie, les facteurs propres à la famille, les variables liées à l'université et les facteurs communautaires associés aux troubles mentaux communs - c'est-à-dire la dépression, l'anxiété, les troubles liés à la consommation d'alcool et de substances psychoactives et les comportements suicidaires - par le biais d'une enquête anonyme. 3. Documenter les significations individuelles et partagées, les vécues concernant les troubles mentaux et décrire les principaux obstacles et facilitateurs de l’accès aux soins - observations, entretiens approfondis, entretiens biographiques. Pour atteindre les objectifs de cette étude, une approche multidisciplinaire ainsi qu'un dialogue étroit entre les sciences biomédicales, les sciences humaines et les sciences sociales sont nécessaires. MAMA_AFRICA réunit des chercheurs de différents horizons. Le projet est porté par l’UMR PRODIG - UMR8586 et la division de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent du Centre Hospitalier Charles Perrens. Les disciplines représentées dans le consortium s'articulent autour de l’anthropologie, l’épidémiologie, la sociologie, la psychologie et la, psychiatrie. À notre connaissance, il s'agit de la première étude multidisciplinaire et multi-sites, combinant power of numbers et power of stories [10] pour étudier les troubles mentaux dans les universités africaines francophones. Notre échantillon fait de notre étude la plus importante sur le sujet, à notre connaissance, du moins en Afrique francophone. Notre étude bénéficiera aux universités étudiées tout en apportant des données solides pour s'attaquer à un problème critique de santé publique à l’échelle mondiale. À court et à moyen terme, les résultats de notre étude contribueront à l'élaboration de modèles de politique de santé mentale durables afin de faciliter et de guider la transition des jeunes diplômés vers le marché du travail et la vie familiale. À long terme, les résultats de notre étude contribueront à la réalisation de la cible 3.4 des objectifs du Milléna

ANR

2023

JuGe — Femmes et conflits matrimoniaux en Afrique de l'Ouest : Une étude comparative de deux dispositifs, historique et contemporain, de régulation des conflits

Ce projet analyse la demande de services de résolution de conflits matrimoniaux en Afrique de l'Ouest et l'impact de l'intervention de l'État sur les inégalités de genre. En utilisant l'expérience des tribunaux indigènes et des maisons de justice au Sénégal, nous examinons les effets à court et à long terme de l'expansion des services publics de justice sur les normes de genre et les relations des justiciables avec l'État. Nous proposons également des approches pour étendre les services publics de résolution de conflits matrimoniaux aux populations qui en ont besoin.

ANR

2023

AdApps — Des applications de sport et d’activité physique en quête d’usagers : une approche combinatoire en termes d’adoptation et d’ajustements

La pratique d’une activité physique (AP) stagne voire régresse en Europe, posant d’importants problèmes de santé publique (INSERM, 2019). Dans ce contexte, les objets connectés et applications de sport et d’activité physique (ASAP) semblent tomber à point nommé pour stimuler la pratique, tant auprès de la population générale (sédentaire ou active) que pour les personnes vivant avec des affections chroniques. Des promesses sont associées à ces dispositifs numériques conçus autour de trois leviers motivationnels centraux : objectiver l’évolution de ses performances pour ajuster l’intensité des séances ; bénéficier d’encouragements au sein de communautés d’utilisateurs ; rendre agréable une AP souvent appréhendée comme une souffrance. Pour autant, le recours aux ASAP ne constitue pas une lame de fond. Socialement différencié, il concerne surtout les hommes déjà sportifs, et moins les personnes à qui une AP est recommandée (notamment dans une perspective de santé). Plusieurs études pointent par ailleurs un taux élevé d’abandon, une fois la phase de découverte terminée. D’autres travaux montrent les visages pluriels des « sportifs connectés » : adaptant les prescriptions des ASAP, ils ignorent certaines fonctionnalités et s’adonnent à des usages sélectifs. Le numérique n’agit donc pas comme un agent providentiel de changement. Pour que ses usages deviennent pérennes, la technologie doit être encastrée dans un ensemble de pratiques, contraintes et habitudes, ce qui requiert un certain nombre d’alignements entre les perspectives initiales des éditeurs d’ASAP et des contextes sociaux « réinnovant » à partir de manières spécifiques de faire et de penser. Cet accommodement est en fait réciproque : l’industrie du self tracking associe de plus en plus les usagers ciblés pour calibrer les ASAP et favoriser un attachement durable. La littérature se focalise sur l’engagement, les usages et l’expérience des ASAP. Tout en approfondissant cette facette, le projet se focalise sur les ajustements mutuels entre éditeurs d’ASAP et cibles, en liant les « adoptations » côté usagers et les déclinaisons sectorielles côté offre. En particulier, nous observerons la circulation des dispositifs numériques entre trois secteurs correspondant à la fois aux principaux débouchés ciblés par les éditeurs d’ASAP et aux aires d’expertise des partenaires scientifiques : loisir sportif ; APA pour malades chroniques ; sport au travail. L’objectif consistera à 1) analyser les agencements construits au sein de chaque secteur ; 2) identifier les requalifications opérées à leur intersection au terme de pivots stratégiques ; 3) relever, au terme d’études centrées sur les usages de ces applications, les conditions dans lesquelles les appropriations d’une ASAP se trouvent facilitées ou entravées. Il s’agit donc d’observer la réception des solutions (par les utilisateurs ciblés, clients, acteurs intermédiaires et/ou prescripteurs), et, symétriquement, les stratégies de déploiement de dispositifs numériques affinés entre différents secteurs. Au-delà du double regard, l’originalité consiste à s’intéresser aux infléchissements procédant de cette rencontre entre deux dynamiques : des évolutions de solutions initialement pensées dans une logique sectorielle ; des besoins spécifiques émanant de publics dont rien ne garantit qu’ils adopteront ces ASAP « sur mesure ». Pour mener à bien ce projet, le consortium dispose d’un solide réseau de partenaires socio-économiques (entreprises de la sport tech, associations, acteurs publics) au sein de chaque secteur. Ceux-ci ont donné leur accord pour partager leur expertise, relater leurs expériences et ouvrir leurs organisations au regard des chercheurs : mise à disposition de data, réalisation d’entretiens pour cerner le développement et les déclinaisons des ASAP. Ils sont aussi fortement en attente de résultats et d’études d’usages (côté bénéficiaires) permettant d’optimiser leur positionnement stratégique.

ANR

2023

SOLIFRO — AUX FRONTIÈRES DES SOLIDARITÉS

Ces dernières années, le soutien de la base aux personnes en migration, en particulier dans les lieux de blocage tels que les zones frontalières, joue un rôle central dans les expériences de mobilité vers et au sein de l'Europe. Les frontières européennes, tant internes qu'externes, sont devenues de plus en plus militarisées et difficiles à franchir, engendrant une violence racialisée et genrée à l'encontre des personnes migrantes du Sud global. Dans le même temps, ces frontières sont devenues des lieux de soutien et de militantisme. Offrir l'hospitalité, des soins, des produits de première nécessité ou des informations pratiques et juridiques, ce soutien - souvent qualifié de solidaire - vise à garantir les droits fondamentaux bafoués par les politiques migratoires sécuritaires et à faciliter la poursuite du voyage des personnes en migration. Malgré un nombre croissant de travaux sur les solidarités aux frontières, la question des violences de genre et sexuelles survenant dans les espaces de la cause des migrant·e·s semble encore taboue. Ce projet vise à comprendre les processus sociaux qui produisent des violences de genre et sexuelles dans les contextes de solidarités aux frontières françaises. Il entend mettre en lumière des violences jusqu'alors invisibilisées, qui semblent faire système dans le contexte politique de fermeture des frontières à certaines migrations et de disparition d'un droit d'asile effectif. Pour étudier ces formes de violence, il s'agit d'identifier les rapports de pouvoir en jeu dans les situations de frontières, en saisissant à la fois les mécanismes structurels et les implications individuelles qui les permettent. Il s'agit de comprendre comment ces violences sont rendues invisibles, créant une hiérarchie des violences aux frontières, entre celles qu'il faut dénoncer et celles qu'il faut taire "pour le bien de la cause". En abordant les questions des relations intimes, de la sexualité et de la violence sexuelle, l'étude vise à déconstruire les mythes de la solidarité "pure" et forcément légitime en faveur des personnes en migration. La recherche qualitative dans trois zones frontalières - la franco-britannique, la franco-italienne et la franco-espagnole - permettra une analyse détaillée de la (re)production des rapports et relations de pouvoir et de domination entre les acteur·rice·s de la solidarité et les personnes en migration. Elle examinera, à différentes échelles, la (non) régulation des relations intimes entre "solidaires" et "bénéficiaires de la solidarité" dans les différents contextes; il s'agira également d'étudier les parcours des bénévoles/militant·e·s et la manière dont les représentations et les fantasmes de genre et de sexualité façonnent les espaces d'accueil. Cela permettra de mettre en lumière la manière dont la violence de genre et sexuelle est produite, traitée et vécue dans chaque contexte frontalier local. Nous prêterons attention aux différentes formes de violence produites dans ces espaces et à la manière dont elles interagissent avec les pratiques de contrôle migratoire. Il s’agira également de voir comment ces questions sont problématisées de manière différenciée dans les espaces de solidarité queer et hétéronormés. Le projet vise à explorer ces nouvelles pistes de recherche, en particulier en ce qui concerne les liens entre contrôle des migrations, solidarité, sexualité, violence et (re)production de la race et du genre dans les zones frontalières. En outre, la recherche examinera si et comment les personnes en migration résistent à "l'ordre solidaire" en place aux frontières, en particulier dans les domaines de l'intimité et de la sexualité, et quelles formes alternatives de solidarité elles peuvent construire entre elles. Le résultat attendu de ce projet est à la fois de pouvoir ouvrir un nouveau champ de recherche académique et de soutenir concrètement les associations et les collectifs dans la prévention de la violence dans les espaces de solidarité.

ANR

2023

LONGCOV — Covid long : Processus de contestation et de stabilisation d’une pathologie émergente

LongCov propose d’étudier la reconnaissance d'une nouvelle entité nosologique, le Covid long, sous la pression des patients et avec leur participation. Alors que le Covid long est reconnu comme un problème majeur de santé publique, ses caractéristiques précises sont difficiles à stabiliser et certaines questions telles que le droit des patients à une prise en charge spécifique ou la reconnaissance du Covid long comme une maladie professionnelle sont loin d’être résolues. Notre étude, incluant des patients en tant que co-chercheurs, suivra en temps réel les obstacles à la stabilisation de cette nouvelle entité nosologique dans un contexte d'incertitude. Notre hypothèse est que les obstacles à la pleine reconnaissance du Covid long reflètent une difficulté de la médecine contemporaine à identifier les « maladies fonctionnelles », fondées essentiellement sur la parole des patients. De telles affections, plus fréquentes chez les femmes, sont perçues parfois comme « psychosomatiques » et ont tendance à être minimisées. Ce projet contribuera à une meilleure compréhension de la manière dont la médecine et la société traitent ces pathologies complexes qui sont source de souffrances majeures pour de nombreuses personnes. L'équipe LongCov combinera des approches sociologiques, historiques, épistémologiques, juridiques et éthiques pour examiner l'évolution de cette entité nosologique et les conflits que sa reconnaissance peut générer entre les acteurs. La question de la stabilisation du Covid long est aussi pratique et éthique, puisque l'organisation matérielle des soins devient beaucoup plus compliquée lorsqu'une pathologie n'a pas de fondement symptomatique bien défini, ne repose pas sur des tests diagnostiques fiables, et quand le « care » rencontre résistance et scepticisme. Une étude de la stabilisation du « Covid long», menée par une équipe pluridisciplinaire pose, outre son intérêt intrinsèque, des questions épistémologiques fondamentales sur l'évolution de la médecine contemporaine.

ANR

2023

DIRIVA — Diriger une entreprise (XVIIè-XXIè): la valeur du genre

Le projet cherche à analyser, sur longue durée (XVIIe -XXIe siècles), en France, la place et le rôle des femmes dans les activités de « direction d’entreprise », à partir de secteurs économiques actuellement féminisés. Il part du constat que malgré la progression de la mixité au travail et la féminisation de nombreuses activités professionnelles, le monde des dirigeants économiques, qu’il s’agisse des dirigeants salariés, des administrateurs ou des chefs de petites ou grandes entreprises, reste très majoritairement masculin. La perspective de longue durée vise à étudier la variation historique des normes et régimes de genre et de leurs effets, dans le cadre de contextes économiques et juridiques changeants. Il examine les contraintes juridiques qui pèsent sur l’exercice d’une fonction dirigeante par les femmes et leur évolution de la fin du XVIIème au XXIème siècle. En articulant sociologie économique, sociologie des élites, sociologie du travail de direction prises sous l’angle de l’histoire des entreprises, de l’histoire du droit (droit des affaires et droit civil) et de l’histoire du genre, il contribue de façon originale au renouveau de l’histoire de la présence des femmes dans les fonctions dirigeantes des entreprises et au réexamen des différences de genre dans le contrôle du capital. Il développe une hypothèse inédite consistant à analyser la valeur des dirigeant.es, au sens de crédit et confiance accordée à un agent économique lui permettant d’obtenir une position et un statut dans les relations économiques, au prisme du genre. Il articule pour cela valeur construite par le droit, par les arrangements conjugaux et familiaux et par les dimensions symboliques du genre. Il participe à l’analyse des inégalités sociales et économiques liées au genre, des processus d’inclusion et d’exclusion des femmes du contrôle des affaires économiques, et de l’identification des difficultés d’accès aux droits pour les femmes.

ANR

2023

AXDEF — Définitions axiomatiques

La relation entre les axiomes et les définitions a été un tournant clé dans la transformation contemporaine de la logique, des mathématiques et de la science, à la suite du développement de l'axiomatique moderne. On dit souvent que les définitions ne jouent aucun rôle dans les systèmes axiomatiques, si ce n'est celui d'abréviations. Les axiomes sont souvent considérés comme des définitions implicites ou des caractérisations des termes primitifs qui apparaissent dans les axiomes. Le projet aborde l'étude des définitions axiomatiques de deux points de vue complémentaires : historique et théorique. Les principaux objectifs seront respectivement 1) d'étudier l'origine de la notion de définitions axiomatiques, et 2) de classer les définitions axiomatiques et d'étudier le type de problèmes auxquels elles sont appliquées en logique et en philosophie des mathématiques. L'enquête historique est basée sur l'hypothèse générale de recherche selon laquelle les définitions, ainsi qu'un éventail plus large de facteurs, ont contribué à la transformation de l'axiomatique en une étude des systèmes hypothético-déductifs. Cette hypothèse sera testée en vérifiant trois affirmations plus spécifiques : 1) la croyance selon laquelle les axiomes servent à définir ou à caractériser les entités mathématiques n'est pas apparue brusquement au XIXe siècle, mais est le résultat de débats complexes sur la distinction entre axiomes et définitions et sur le rôle de la déduction, qui remontent au moins à l'époque moderne ; 2) il n'y a pas de sens unique dans lequel les axiomes peuvent être considérés comme des définitions implicites dans les débats des mathématiciens et logiciens des 19e et 20e siècles ; 3) plusieurs critères d'adéquation des définitions ont été discutés dans l'histoire de l'axiomatique, et il n'y a pas de théorie unique qui ait recueilli un consensus général. L'enquête théorique est basée sur l'hypothèse de recherche générale selon laquelle une compréhension plus rigoureuse du rôle joué par les définitions axiomatiques contribuerait fortement à une meilleure compréhension de plusieurs débats contemporains en philosophie de la logique, en mathématiques et en philosophie des sciences. Deux hypothèses de recherche spécifiques guideront cette partie du travail : 1) les définitions peuvent jouer un rôle à la fois inférentiel et sémantique ; 2) les définitions axiomatiques sont philosophiquement cruciales pour comprendre le débat contemporain sur la prouvabilité formelle et informelle. Les difficultés rencontrées dans les recherches sur le thème des définitions sont leur omniprésence, leur ambiguïté et leur technicité dans les présentations axiomatiques, ce qui explique leur manque de traitement systématique. Ces difficultés seront abordées et résolues grâce à la création d'un large consortium de philosophes, logiciens et mathématiciens ayant une expertise dans l'étude de l'histoire des sciences mais aussi dans les développements plus formels de la logique contemporaine. Les résultats attendus comprennent l'évaluation du rôle des définitions dans le développement de l'axiomatique hypothético-déductive ; une histoire détaillée de la relation entre axiomes et définitions en logique et en mathématiques de la Renaissance au début du 20ème siècle ; une classification des définitions apparaissant dans les présentations axiomatiques ; une meilleure compréhension de la relation entre définitions et déduction ; et une analyse des rôles épistémiques joués par les définitions dans la prouvabilité formelle et informelle. La valeur ajoutée du projet réside dans l'effort d'offrir un premier traitement historique et théorique systématique des définitions axiomatiques. Le projet apportera de nouvelles connaissances à la fois sur le rôle qu’elles ont joué dans l'histoire de l'axiomatique et sur les rôles épistémiques qu'elles jouent dans la philosophie contemporaine.

ANR

2023

IndivEco — Individuer les écosystèmes: une approche interdisciplinaire de leur organisation fonctionnelle distinctive

Ce projet interdisciplinaire vise à élaborer un cadre original pour individuer les écosystèmes en combinant des approches conceptuelles, théoriques et de modélisation. Les écosystèmes sont délimités de manière moins nette que d'autres systèmes biologiques (les organismes), et leurs frontières apparaissent plutôt floues et poreuses. Il s’agit non seulement d’un problème central pour le travail théorique, mais les politiques de conservation et de gestion doivent aussi s'appuyer sur des critères bien établis pour délimiter les écosystèmes et les fonctions de leurs composants. L'individuation des écosystèmes va de pair avec leur stabilité et leur résilience. Le projet explore comment les écosystèmes, qui présentent des régimes d'ordre très improbables, se maintiennent dans la biosphère en contraignant les flux de matière et d'énergie. Notre hypothèse est double : 1/ les contraintes sont exercées par des éléments de la biodiversité et des facteurs abiotiques, qui peuvent être compris comme des parties fonctionnelles du système; 2/ les contraintes réalisent un régime de dépendance mutuelle, qui fournit un critère pour tracer les limites de l'écosystème global. L'organisation des contraintes est donc le principe théorique qui rend compte de la stabilité des écosystèmes, les individualise dans l'espace et le temps, et identifie leurs composants fonctionnels. Le projet vise à explorer les implications conceptuelles et théoriques de ce cadre, et sa capacité à guider l'élaboration de modèles mathématiques et informatiques précis de l'organisation écosystémique et de la dynamique éco-évolutive. L'enquête sur l'individuation des écosystèmes sera menée en considérant conjointement plusieurs niveaux d'organisation. En particulier, le projet analysera les analogies, les différences et les interactions inter-niveaux entre les écosystèmes et les organismes.

ANR

2023

SOYLANDIA — Les nouvelles régulations environnementales au service de la réactivation des fronts agricoles au Brésil ?

Au Brésil, l’expansion agricole s’est accélérée depuis les années 2000, avec de nouvelles combinaisons entre grandes cultures (principalement soja) et élevage bovin. Or, cette période est marquée par le déploiement de politiques environnementales, notamment dans les propriétés privées (Cadastre Environnemental Rural, licences de déforestation, droits d'eau, etc.). Ces politiques ont laissé entrevoir un scénario alternatif à la déforestation : on parlait de de stabilisation de la frontière agricole, voire même de « tournant environnemental » . Mais après une spectaculaire réduction du taux de déforestation de 2004 à 2012 en Amazonie, celui-ci repart à la hausse dans l’ensemble du pays. Les instruments de politiques environnementales ne soutiennent-ils pas, plus qu’ils ne contraignent, les dynamiques d’expansion des fronts de l’agrobusiness ? Comment les acteurs de ces politiques et de ces dynamiques spatiales justifient-ils alors leurs pratiques dans un contexte de dégradations environnementales accélérées ? L’hypothèse générale de notre projet est que les nouvelles formes de régulation des activités agricoles dans les propriétés privées favorisent l’expansion spatiale de l’agriculture industrielle. Ce processus articule étroitement les politiques agroenvironnementales et foncières, selon des modalités à identifier dans chaque région. Nous avons donc une seconde hypothèse, spatialement explicite, qui veut que les stratégies territoriales de l'agrobusiness sont une composante active de la coexistence entre régulation environnementale croissante et avancée des fronts. Notre troisième hypothèse est que cette expansion est masquée voire justifiée par des discours de réconciliation entre production agricole et conservation, soutenus par des communautés épistémiques fonctionnant depuis l’échelle locale jusqu’à l’échelle internationale. L’objectif de SOYLANDIA est d’identifier la façon dont les acteurs du secteur agro-industriel construisent, modulent ou utilisent ces instruments pour développer leurs activités, à travers trois entrées complémentaires (WPs): 1) la co-construction des cadres légaux et réglementaires, 2) les pratiques spatiales des entreprises agricoles, et 3) la genèse de récits environnementaux favorables à l’agro-business. Les territoires d’étude sont des fronts récents d’expansion du soja, situés aux frontières tropicales humides du pays (Amazonie et Pantanal), et des fronts en réactivation, grâce à l’irrigation, dans les savanes des hauts plateaux centraux (Cerrado). Le projet présente deux principales originalités: 1) une approche interdisciplinaire et multiscalaire permettant de saisir les stratégies d’expansion agroindustrielle dans leurs dimensions matérielles et discursives, et 2) une prise en compte de la complexité de ces stratégies au-delà des questions de déforestation, en incorporant les enjeux hydriques. Il se démarque des travaux courants sur la déforestation, basés sur le suivi des frontières agricoles par la télédétection. Nous misons donc sur la complémentarité entre géographie, sociologie et agroéconomie pour analyser conjointement les pratiques et les discours environnementaux de l’agrobusiness brésilien. L'équipe se compose de 11 chercheurs français confirmés en géographie, géomatique, agroéconomie, sociologie, sciences politique et droit. SOYLANDIA s'appuie sur deux UMR partenaires (ART-Dev et PRODIG). Il compte sur des collaborations avec différents chercheurs issus d'Universités brésiliennes, mais aussi de spécialistes issus d'ONGs et d'associations nationales et régionales au Brésil. En promouvant différentes actions de diffusion et de valorisation des résultats (site web, documentaires, exposition), ainsi que de formation à la recherche, il aura des applications directes pour la mise en débat des politiques environnementales avec la société, aussi bien en Amérique du Sud qu'en Europe.

ANR

2023

ECOBOOM — ÉCONOMIES POLITIQUES ET MORALES DU « BOOM EXTRACTIF » DANS LA « GRANDE TRANSITION »

Le projet ECOBOOM propose une analyse des transformations contemporaines du secteur minier dans la transition énergétique, et de ses effets sur les modes d’exploitation et les territoires. Il s’inscrit dans une perspective Nord/Sud, qui se déploie depuis les territoires extractifs jusqu’aux échelles nationales et globales. Il compare deux processus extractifs parallèles mais connectés dans l’arène minière globale, et dont il s’agit d’étudier les connections: le boom de l’extraction des métaux de la transition énergétique (MTE), qui concerne des métaux comme le lithium ou les terres rares, et celui de l’artisanal and small-scale mining (ASM) qui touche particulièrement la filière aurifère. Cette recherche collective repose sur l’hypothèse centrale d’une écologisation des ressources, entendue à la fois comme une nouvelle rhétorique visant à rendre « indispensable » l’exploitation de certains minéraux, et comme l’ensemble des dispositifs institutionnels et techniques qui y sont liés. Cette comparaison entre filières et ressources vise à prendre en compte l’articulation complexe entre échelles spatiales, temporalités et niveaux d’organisation socio-politiques, pour laquelle un cadre analytique commun est mobilisé. La notion d’« économie morale » permet de prendre en compte la production, la circulation et l’utilisation des sentiments moraux, des valeurs, des normes et obligations dans l’espace social global, qui se superposent à l’économie politique traditionnelle. La notion d’« espaces gouvernables » s’attache quant à elle aux impacts de ces changements, à la fois dans l’arène minière globale et sur les territoires. Cette perspective comparative replace l’étude de la transition énergétique dans le processus plus systémique de « grande transition » en termes de justice environnementale, sociale et globale Nord/Sud. Cette approche répond aux enjeux de l’axe « Sociétés et territoires en transition » en questionnant les transitions spatiales, les identités et les souverainetés territoriales, les rapports sociétés-territoires autour de la gestion des ressources, et les recompositions des relations entre centres et périphéries introduits par les nouveaux booms extractifs. Le projet s’oriente autour de trois axes de recherche : 1) les discours et les dispositifs de la rhétorique de l’écologisation des ressources, perçue comme une nouvelle économie morale globale que nous confrontons aux économies morales des sites extractifs de MTE et ASM (or) ; 2) la mise en pratique de cette écologisation sur les territoires miniers à partir d’une approche bottom up plus localisée des espaces gouvernables, qui indiquent à la fois les réorganisations des flux matériels propres à chaque ressource et leurs infrastructures, et la recomposition des formes de politisation, en termes de justice sociale et environnementale ; 3) une approche comparative entre filières visant à déterminer les forces motrices qui orientent leurs trajectoires respectives. Cette analyse des circulations discursives et matérielles vise à penser les effets de découplage entre filières « vertes » et « sales », dans un contexte de mise en concurrence des territoires extractifs. Les cas d’étude comparatifs ont été sélectionnés au Nord et au Sud pour leur complémentarité, l’expertise des membres du projet et les nouvelles orientations des politiques nationales vers l’extraction de MTE. Les terrains principaux sont la France, où sera mené un terrain collectif visant à renforcer la comparaison, la Nouvelle-Calédonie, la Bolivie et la Côte d’Ivoire. Ils seront complétés par des terrains secondaires (Arizona, Venezuela, Sénégal, Soudan) qui ont été sélectionnés pour servir de contrepoints aux terrains principaux ou pour éclairer des effets de découplage. Sur chaque terrain seront menés des ateliers avec les populations résidentes de manière à échanger sur la transition énergétique et à mener des réflexions communes vers une « grande transition » juste et équitable.

ANR

2023

EnversMet — L’envers de la métropolisation ? Mutations sociodémographiques et enjeux pour l’action publique des centres de Paris et Madrid

Depuis le début du XXIe siècle, un certain nombre de villes-centres de métropoles européennes ont vu, selon des intensités différentes et des modalités variées, leur population diminuer, alors même qu’à l’échelle de leurs agglomérations respectives elles continuaient de gagner des habitants. Ces dynamiques divergentes contribuent à reconfigurer les rapports entre centres et périphéries et conduisent à nuancer l’idée selon laquelle les métropoles seraient systématiquement des espaces privilégiés de croissance. Elles amènent à interroger, par ailleurs, les stratégies déployées par les pouvoirs publics locaux dans ce contexte territorial bien particulier. Paris et Madrid, deux métropoles-capitales de l’Ouest de l’Europe peu étudiées sous cet angle, connaissent des baisses de population importantes, alors que les deux métropoles font preuve de dynamisme démographique et d’attractivité économique. Les deux villes-centre sont, en outre, marquées par un processus de vieillissement. La part de personnes âgées s'avère bien plus importante que dans les communes périphériques. Ce projet entend ainsi étudier les mutations sociodémographiques de Paris et Madrid depuis 2010 ainsi que les enjeux pour l’action publique qui en découlent. Il s’agit, dans un premier temps, 1) d’étudier, par le biais d’analyses statistiques et cartographiques, la portée et les logiques spatiales de ces changements ainsi que les effets socio-spatiaux de ce processus (vieillissement, vacance, mutation de l’offre de services, etc.). Il s’agit, dans un deuxième temps, 2) d’analyser, par le biais d’analyses qualitatives, les répercussions de ces transformations sur celles et ceux (et notamment sur les personnes âgées) qui, par choix ou par contrainte, restent dans la capitale en questionnant la manière dont elles et ils résistent, subissent ou profitent des mutations à l’œuvre. Nous tâcherons enfin, 3) d’interroger la façon dont les pouvoirs publics traitent (ou non) ces évolutions sociodémographiques et quelle(s) sont les échelle(s) de gouvernance privilégiées (commune, métropole, communauté autonome/région, état central).

ANR

2023

DIVSky — Un ciel toujours partagé ? Interdépendances et asymétries le long de l’ancienne frontière interallemande.

Alors que des sociétés villageoises voisines, autrefois séparées par la frontière interallemande, sont aujourd'hui reliées par un réseau dense de mobilités et partagent les mêmes bassins d’emploi et la même stabilité sociale et économique, il est frappant de constater qu'elles ne coopèrent guère au-delà du travail et ne nouent pas de liens sociaux profonds ou d'amitié. Ce projet vise à éclairer ce paradoxe en saisissant et en analysant les expériences de vie, les pratiques sociales et les visions du monde des habitant·es de l'ancienne zone frontalière, qui séparait deux États idéologiquement ennemis. Nous prenons ainsi appui sur la proximité spatiale des sociétés villageoises le long de l'ancienne frontière interallemande pour interroger les effets de la séparation des deux États allemands ainsi que les processus de transformation, multiples et souvent asymétriques, qui ont accompagné la Réunification et dont les répercussions opèrent encore aujourd'hui. Le choix de trois sites d’enquête à cheval sur l'ancienne frontière permettra d'analyser les changements qui affectent à la fois l'Est et l'Ouest et de réexaminer, dans une perspective critique, la nature des processus en cours depuis 1989, interprétés dans la littérature tantôt en termes de « convergence », d’ « intégration » ou, plus récemment, de « co-transformation ». Le choix de « revisiter » des villages qui ont déjà fait l'objet de travaux de recherche dans les années 1990 confèrera une épaisseur temporelle originale à nos analyses. Nous mobiliserons une démarche ethnographique, complétée par des méthodes statistiques et cartographiques, afin de retracer la dissolution et le franchissement des frontières, ainsi que leur réaffectation et leur redéfinition. Le croisement réfléchi de trois approches disciplinaires (anthropologie sociale, sociologie et géographie) appliquées aux mêmes sites d'enquête nous permettra d’explorer plus particulièrement trois dimensions qui viendront expliquer l'émergence d'une frontière fantôme entre ces espaces sociaux, en dépit de la disparition des obstacles territoriaux et économiques : l'organisation de leur vie sociale et l'évolution des liens sociaux, familiaux et intergénérationnels (WP2), les ancrages territoriaux, les pratiques de mobilité et les aspects relationnels liés aux expériences de formation et d'emploi (WP3) ainsi que les rapports au politique et les formes d'engagement (WP4). En accord avec des considérations éthiques et de transfert, la valorisation (WP5) s'adressera tant au milieu académique qu’aux sociétés locales, qui seront invitées à participer au tournage d'un documentaire réalisé par une équipe professionnelle.

ANR

2023

EUCLIDES — Euclide à l'époque moderne : Une histoire des transmissions, traductions et transformations interculturelles des éléments

Euclide à l'époque moderne vise à mener une analyse étendue de l'impact culturel, social, scientifique et épistémologique de la diffusion des Éléments d'Euclide, le traité de mathématiques classiques le plus important et le plus largement diffusé, en Europe du XVIe au XIXe siècle. En étudiant les transformations de cette œuvre à travers ses diverses éditions, traductions et commentaires, ainsi que ses usages pédagogiques et pratiques, l'équipe de recherche internationale impliquée dans le projet (basée à Paris et à Wuppertal) souhaite établir une représentation globale et interdisciplinaire de la tradition moderne des Éléments et de son influence inégalée dans l'histoire des sciences, du savoir et de la culture. Les principaux objectifs du projet sont : (1) l'analyse des transformations apportées au texte et aux diagrammes des Éléments tout au long de sa tradition imprimée et la manière dont ils reflètent les changements qui ont eu lieu dans l'histoire des mathématiques et de l'épistémologie à l'époque moderne ; (2) l’étude de la diffusion et des usages pédagogiques et professionnels des Éléments à l’âge classique et leur impact sur la transformation du texte d'Euclide ; (3) l'établissement d'une base de données en libre accès pour parcourir et étudier le contenu des éditions imprimées des Éléments. Pour la partie (1), l’analyse montrera comment les contraintes logiques et épistémologiques qui déterminent le discours mathématique (dans ses principes, la structure de ses preuves et ses diagrammes) ont évolué au fil du temps, transformant le texte d'Euclide et son rôle dans la définition de l'idéal du savoir scientifique. Pour la partie (2), il sera montré comment l'interaction entre les Éléments et les mathématiques pratiques, ainsi que la diffusion de l'œuvre d'Euclide dans les langues vernaculaires à travers l'Europe (qui a été déterminante pour sa transmission en dehors des cercles lettrés et dans les contextes professionnels), ont influencé le contenu et l'utilisation des Éléments, ainsi que l’image des mathématiques euclidiennes dans différents contextes sociaux, institutionnels et culturels. L'étude de la promotion et de l'adaptation des Éléments d'Euclide aux nouvelles normes pédagogiques permettra de mieux comprendre la position changeante des mathématiques parmi les sciences et les changements qui ont eu lieu en mathématiques et dans les théories pédagogiques au début de l’ère moderne en Europe. Le dernier objectif (3) sera établi selon les principes du "green open access" et permettra aux chercheurs ainsi qu’aux non-spécialistes d'avoir un aperçu à la fois large et détaillé de l'évolution des Éléments d'Euclide au fil du temps, mais aussi d'obtenir des réponses rapides à des questions spécifiques sur la tradition imprimée des Éléments en Europe.

ANR

2023

Pasture Adaptation — Atténuation et adaptation dans les paysages culturels : Leçons tirées des systèmes pastoraux transhumants pour la gestion des nouveaux risques climatiques

Les paysages et leurs composantes écologiques et sociologiques fournissent des services écologiques et socioculturels et sont porteurs d'informations essentielles pour comprendre les impacts du et lutter contre le changement climatique. Ils sont aussi vulnérables à ces changements comme à d'autres facteurs de stress. En examinant les paysages associés au pastoralisme en France, en Norvège et en Espagne, nous détaillerons les menaces, notamment climatiques, qui pèsent sur ce patrimoine culturel immatériel (PCI). Nous investiguerons également les capacités d'adaptation des systèmes socio-écologiques associés à ces paysages, ainsi que les méthodes permettant de maintenir ce PCI par le biais d'actions communautaires et politiques. Notre projet présente trois objectifs de recherche-action établis en lien avec des partenaires de la société civile : - Développer une boîte à outils aidant les communautés et les décideurs à évaluer la vulnérabilité et la résilience des paysages culturels. - Développer des outils de communication pour le public et les décideurs précisant les menaces touchant le patrimoine culturel et la façon dont la connaissance de ce patrimoine culturel peut aider à la mise en oeuvre d'actions pour l'atténuation et l'adaptation au changement climatique . - Contribuer au champ scientifique autour de la vulnérabilité et la résilience des paysages culturels et autour de la construction de stratégies d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. Notre équipe s'appuie sur de multiples collaborations sur le long terme et une expertise des terrains d'étude. Partenaires français, espagnols et américains modélisent actuellement les changements futurs du système pastoral basque français. Le Centre basque pour le changement climatique est spécialisé dans le pastoralisme transhumant espagnol et la modélisation écologique ; les partenaires suisses ont conçu des outils pour mesurer la résilience des moyens de subsistance, et les partenaires norvégiens ont acquis une expérience en matière de modélisation du système pastoral basque français.

ANR

2023

FUSION — Diversité, créativité, unité et infusion culturelle

L'alphabétisation culturelle est essentielle pour les individus afin de soutenir l'acquisition des connaissances, des aptitudes et des compétences nécessaires à un dialogue interculturel et à une compréhension mutuelle dans les sociétés européennes traversées par des discours populistes et extrémistes, la peur de la migration et la montée des inégalités. Les recherches existantes ont examiné la valeur de l'alphabétisation culturelle dans l'éducation formelle et non formelle. Cependant, les connaissances sur les avantages potentiels de l'alphabétisation culturelle sur la cohésion sociale et l'inclusion sont limitées. L'objectif du projet FUSION est de comprendre comment l'alphabétisation culturelle pourrait produire des externalités positives via une approche transnationale et multidisciplinaire de circulation et de diffusion des connaissances à travers les frontières. La construction de la cohésion en Europe et l'inclusion des groupes défavorisés et des minorités dans la vie culturelle et sociale resteront illusoires tant que la prévention et l'inversion des inégalités dans l'éducation, la lutte contre la discrimination, l’appréciation de la diversité culturelle et la contribution de la culture au développement durable ne seront pas étudiées, comprises et mises en œuvre. Avec la multiplicité complémentaire de ses méthodologies ainsi que sa nature multidisciplinaire et ses approches innovantes, le projet FUSION mobilise l'expertise de la science des données, des sciences sociales, des sciences humaines, de la recherche politique, ainsi que des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, des acteurs culturels et créatifs pour relever ces défis urgents.

ANR

2023

CAPSULE — La tablette cunéiforme en argile, une capsule de données sur l'environnement de l'homme et de la nature dans l'Antiquité

Les tablettes cunéiformes en argile du Proche-Orient ancien documentent les deux premiers tiers de l'histoire humaine écrite. Ces tablettes d'argile ont traditionnellement été étudiées pour leurs textes et pour leurs contextes de dépôt et de redécouverte. Cependant, elles peuvent fournir une grande variété d'informations non textuelles grâce aux propriétés physiques de l'argile. D'autres informations sont non-intentionnelles, comme les empreintes des matériaux d'emballage sur la surface de l'argile, ainsi que la composition chimique et physique de l'argile, y compris les inclusions macro- et micro-fauniques et florales. CAPSULE utilisera de nouvelles technologies pour déchiffrer ces informations non textuelles contenues dans l’argile des tablettes cunéiformes, en considérant ces objets comme des ‘capsules de données’ sur l'environnement de l’homme et de la nature dans l’antiquité. Nous envisagerons d'abord les contextes sociaux immédiats dans lesquels ces capsules de données ont été créées, en reconstituant le sexe, l'âge, le milieu social et culturel de leurs producteurs, ainsi que les conditions environnementales (faune, flore, climat, etc.) au moment de leur création. Au-delà de ce contexte immédiat, nous examinerons également les conditions sociales et environnementales plus larges dans lesquelles ces objets ont été réalisés et déposés. (Q1) Comment l'argile des tablettes était-elle traitée à travers l'espace, le temps et le type de texte ? (Q2) Comment l'argile était-elle transformée en une tablette finie avec sa propre faculté d'action sur la société ? (Q3) Comment pouvons-nous savoir si les groupes de tablettes cunéiformes découverts lors des fouilles ont été stockés, abandonnés, jetés ou détruits par leurs anciens utilisateurs ? (Q4) Quelles sont les meilleures techniques pour préserver physiquement ces objets du patrimoine culturel ? Le développement rapide des nouvelles technologies permet désormais d'accéder à de nouveaux types de données qui répondent à des questions qui n'avaient pas été posées auparavant à ces objets. Notre méthodologie suivra le "cycle de vie" ou la "biographie" de la tablette d'argile, en situant l'objet lui-même dans une séquence d'actions qui va de l'approvisionnement en argile à la fabrication de l'objet, de son dépôt à la fin de son cycle de vie, sa conservation dans les musées et autres sites de conservation du patrimoine culturel. Cette approche garantit l'intégrité de la tablette d'argile en tant qu'objet dans l'Antiquité et aujourd'hui. Chacune des phases du cycle de vie d'une tablette d'argile nécessite une combinaison de méthodologies historiques, archéologiques et technologiques qui n'ont jusqu'à présent été mises en œuvre que de manière isolée ou partielle. Le projet implique quatre PI avec des expertises distinctes: assyriologie, conservation de musée et physique-chimie. La cPI, Cécile Michel (FR), DRCE2 CNRS et Professeure à l'Université de Hambourg, Assyriologue, mène ses recherches sur les textes cunéiformes assyriens et babyloniens datant du 2ème millénaire avant notre ère, et notamment sur la matérialité des textes et la constitution d'archives privées. La deuxième PI, Dominique Ngan-Tillard (NL), Maître de Conférence à l'Université de technologie de Delft, est spécialisée dans les essais non destructifs des géo matériaux ; elle applique son expertise à une grande variété d'artefacts archéologiques. La troisième PI, Caroline Waerzeggers, professeure d'assyriologie à l'Université de Leyde (NL), travaille sur les textes cunéiformes du 1er millénaire avant notre ère et a étudié de manière exhaustive la formation et la composition des archives à la fin de l'écriture cunéiforme. Le quatrième PI, hors de l'UE, est Jonathan Taylor (UK), conservateur de la collection cunéiforme du British Museum. Il travaille sur les aspects matériels des textes cunéiformes, en collaborant avec des physiciens et des chimistes.

ANR

2023

HerCha — Le patrimoine culturel face aux défis mondiaux

HerCha propose un réseau doctoral innovant sur la manière dont les patrimoine culturel peut relever les différents défis mondiaux auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines. Plus spécifiquement, il aborde : i) le changement climatique qui affecte presque tous les aspects de notre vie, y compris la santé, le logement, les moyens de subsistance ii) la santé et le bien-être iii) les migrations, les populations vulnérables et l'identité. iv) La décolonisation v) Le développement inégal des villes - parmi d’autres défis. HerCha aborde ces défis de manière systémique et interconnectée. Il considère que les complexités et les interdépendances entre les défis mondiaux existants et émergents continueront probablement à créer des tensions et des pressions environnementales en relation avec les dépendances et les sécurités géopolitiques, les déchets, les empreintes environnementales, l'exploitation minière et le traitement des matières premières essentielles, et les préoccupations éthiques. Le patrimoine culturel peut relever plusieurs parmi ces défis. C'est l'hypothèse principale sur laquelle repose ce projet de formation doctorale (DN). HerCha opère ainsi un changement de paradigme : alors que la recherche a étudié les façons dont les défis mondiaux peuvent avoir un impact sévère sur le patrimoine, peu d'études considèrent les différentes façons dont le patrimoine peut représenter un moyen d'atténuer ou de s'adapter à plusieurs d'entre eux. Or, pour conserver son sens au sein des sociétés contemporaines, le patrimoine devra soulever les défis cités ci-dessus. Il doit être une ressource pour lutter contre la pauvreté, les inégalités, le racisme, et les autres défis sociaux auxquels sont confrontées les communautés. HerCha aborde les nombreuses possibilités d'action par lesquelles le patrimoine pourrait contribuer à façonner des réponses aux mégatendances et aux défis émergents afin de favoriser un avenir plus positif, en termes de lutte contre les inégalités, de réduction des tensions sociétales, de centrage sur la durabilité et le bien-être, de ré-conception de l'apprentissage, la prise en compte des impacts et l'utilisation de l'anticipation. Le DN proposé dans le cadre de HerCha réunit 11 universités membres de l’Alliance Européenne Una Europa et un grand nombre de partenaires associés de leur écosystème (autorités locales, entreprises, ONG, institutions patrimoniales, membres de la société civile, etc.). Il repose sur une solide expérience de collaboration des partenaires académiques d’Una Europa, y compris dans le cadre de formation doctorale (Una Europa proposant une formation doctorale dans le champ du patrimoine culturel depuis 2021 réunissant 8 universités, organisée autour de cotutelles, et offrant un certificat joint en patrimoine culturel). HerCha propose 15 thématiques de recherche adressées à des chercehurs en début de carrière (ECR), abordant chacune un défi global et la façon dont le patrimoine culturel peut jouer un rôle dans son atténuation ou dans l’adaptation des sociétés.

ANR

2023

EnviroParCiPhil — Perceptions de l’environnement en lien avec la santé, participation citoyenne en vue du prototypage d’une méthodologie réplicable en études de santé publique

Qu’est-ce que l’environnement, en particulier celui pouvant avoir un impact sur notre santé ? Quelle est sa nature ? Comment le conceptualisons-nous ? L’environnement au sens large est au cœur de défis sociétaux parmi les plus urgents. Il soulève des enjeux qu’il n’est possible d’affronter qu’en conjuguant la recherche scientifique avec le point de vue des citoyens. On remarque auprès de ces derniers une sensibilité accrue, non seulement pour l’impact que l’environnement tel qu’on l’a transformé a sur notre santé, mais aussi pour la façon dont nos habitudes et expériences tout au long de notre vie nous transforment et peuvent contribuer au développement de certaines maladies. Le projet EnviroParCiPhil pose la question des méthodologies de recherche participative qui pourraient être employées à large échelle pour faire évoluer la définition des contours (spatio-temporels) de l’environnement en tant que déterminant de nos états de santé et de maladie. Il vise à instaurer une collaboration entre scientifiques et citoyens afin de co-élaborer une méthodologie réplicable à large échelle pour mieux comprendre les enjeux de « santé - environnement ». L’objectif est d’entendre le point de vue et les interrogations des membres de la société civile pour élargir le cadre des recherches en sciences biomédicales et en sciences humaines et sociales sur les déterminants environnementaux des maladies, et de renfoncer ainsi la pertinence de ces recherches sur un plan purement épistémique mais également au service des citoyens directement concernés par des « expositions » et les politiques de santé publique pouvant les protéger de ces expositions. L’objet de la co-construction est donc de co-élaborer une méthode d’amendement du concept d’environnement en santé dans le cadre de cohortes et permettre aux membres des cohortes de s’impliquer davantage dans l’élaboration de futures questions de recherche et méthodologies d’analyses qui concerneront d’autres projets en épidémiologie. Cette méthodologie a donc une dimension itérative, les concepts d’environnements exprimés seront aussi étudiés en philosophie des sciences sur les cohortes suivantes. Ce projet pilote a pour but de créer un précédent et inciter les chercheurs à utiliser, dans les études santé-environnement, des méthodologies de recherche mobilisant la participation en tant qu'outil conceptuellement et pragmatiquement enrichissant en recherche interdisciplinaire, par exemple avec du co-design d’études d’intervention. En fin de projet, un colloque réunira des chercheurs des domaines concernées afin d‘évaluer les résultats du projet et d’étudier la faisabilité de l’utilisation des méthodologies générées dans les futures recherches.

ANR

2023

TEMOINS3945 — Témoignages de la Seconde Guerre mondiale pour la Mémoire et pour l’Histoire

Le projet que nous proposons, largement inspiré de ce que nous avons pu faire depuis au moins dix ans, est de co-construire avec des structures issues de la société civile un programme scientifique à forte dimension mémorielle et sociétale. L’originalité du projet est de proposer un volume inédit de témoignages recueillis à diverses périodes sur la Résistance et ce que nous dénommons la déportation de répression, annotés et documentés. Alors que les derniers témoins disparaissent, il est impératif de fournir des corpus de référence. Dans ce projet TEMOINS3945, il s’agira concrètement et ensemble, de mettre en ligne des centaines de témoignages écrits, sonores et audiovisuels en les accompagnant d’une présentation, d’un appareil critique, de mots clés et de documents annexes (archives familiales et archives publiques). On touche au cœur de la démarche scientifique avec le repérage de sources et la constitution d’un appareil critique, tant on sait que les sources ne parlent pas d’elles-mêmes. La recherche de documents annexes relève également de cette démarche heuristique. Ce travail sera réalisé en commun par des académiques et par les réseaux de correspondants issus de la société civile. Ces partenaires comptent au premier rang de leurs priorités la transmission mémorielle. Les Fondations associées comme le Mémorial ont un conseil scientifique. Le partenariat est ancien, en particulier au sein de l’équipex MATRICE (2011-2024) dont les Fondations et le Mémorial du Camp de Rivesaltes sont partenaires dans un accord de Consortium.

DIM Ile-de-France

2023

GEOA2 — Acquisition d’un ICP-OES pour analyses géochimiques élémentaires appliquées aux géosciences et à l’archéologie

La caractérisation géochimique des matériaux géologiques et archéologiques est primordiale pour comprendre leur nature, origine, interactions avec l’environnement et leur évolution chimique au cours du temps. D’un point de vue analytique, cela nécessite la capacité de mesurer une grande variété d’éléments, qu’ils soient majeurs (abondance >1%), mineurs (0.1–1%) ou traces (<0.1%) avec précision et rapidité sur des échantillons relativement petits. Dans cette optique, ce projet vise à acquérir un ICP-OES (spectroscopie d’émission optique à plasma à couplage inductif) de dernière génération, permettant d’analyser en solution jusqu’à 70 éléments simultanément, en quelques minutes, avec des concentrations de quelques μg/L, sur quelques millilitres d’échantillon, quel que soit le nombre d’éléments mesurés. Cet instrument permet de mesurer des échantillons de nature variée, aussi bien liquides que solides (après digestion multi-acides ou par fusion alcaline). Il est donc bien adapté à l’analyse d’échantillons géologiques (roches, sédiments, sols, coquillages, coraux, concrétions, eau douce et salée), ainsi qu’aux matériaux archéologiques ou patrimoniaux (ossements, poteries, bijoux, peintures). L’ICP-OES sera installé au laboratoire GEOPS où il remplacera un AAS en fin de vie. Il sera géré par des personnels techniques ayant déjà une grande compétence sur les analyses de type ICP-MS et AAS et sur la préparation d’échantillons variés en salles propres. L’instrument complètera le parc instrumental existant à GEOPS et dans la plateforme PANOPLY. Ce projet est soutenu par un large consortium de partenaires franciliens, comprenant des laboratoires actifs en reconstructions paléoenvironnementales, géologie du Quaternaire, archéologie et géoarchéologie (GEOPS, LSCE, LGP, LAPA/IRAMAT, ArScAn et TEMPS). L’utilisation mutualisée de l’instrument ouvrira de nouvelles collaborations entre ces laboratoires et permettra à plusieurs laboratoires d’archéologie de développer davantage l’archéométrie et la géoarchéologie.

DIM Ile-de-France

2023

LID_EURE — Traitement des levés LiDAR HD pour une validation des signatures géomorphologiques et archéologiques en vallée de l’Eure

Ouvert à l’ouest du Bassin parisien, le bassin versant de l’Eure reste encore peu étudié. Situé à l’interface de différentes cultures matérielles, il offre un cadre original dans l’étude des dynamiques de peuplement et des mécanismes d’interaction entre les sociétés et leur milieu sur la longue durée. L’utilisation des nouvelles données LiDAR HD récemment rendues disponibles par l’IGN doit concourir à reconstituer l’évolution des paysages et à reconnaître l’implantation de sites archéologiques en les insérant dans leur contexte environnemental dans une perspective géoarchéologique et de conservation du patrimoine. Objectifs du stage : (i) Réaliser, sous SIG, les traitements préliminaires des données issues des levés LiDAR HD de l’IGN sur la portion orientale de la zone d’étude en focalisant sur les milieux boisés ; (ii) Révéler les signaux microtopographiques de l’évolution des paysages due aux aménagements anthropiques et à leur abandon en testant et en appliquant des outils de géovisualisation adaptés ;(iii) Formaliser et structurer la vectorisation des anomalies et leur description géomorphologique et/ou archéologique ; (iv) Préparer la documentation de terrain à l’appui des missions de vérification et de validation in situ ; (v)Réaliser une modélisation de l’inscription géomorphologique et paysagère des vestiges anthropiques/anthropisés potentiels sur l’ensemble du secteur d’étude.

DIM Ile-de-France

2023

DEWA_2023 — De la mine à l'objet – Dialogues archéométallurgiques entre Orient et Occident (IIIe-Ier millénaires av. n. è.)

L’archéométallurgie des non-ferreux en tant que discipline étudiant l’intégralité des processus de la métallurgie ancienne, de l’extraction du minerai de cuivre, d’étain, d’or ou d’argent à l’état actuel des objets archéologiques, s’est fortement structurée ces deux dernières décennies. Des progrès considérables ont été réalisés dans notre connaissance de ces processus, qu’il s’agisse de la métallurgie extractive, de l’élaboration (du minerai au métal) ou de la transformation (du métal aux objets finis), ainsi que de la biographie des produits de la métallurgie (des objets finis à leur état actuel). Cette structuration de la recherche archéométallurgique s’est accompagnée d’un certain cloisonnement. En résulte une recherche assez compartimentée entre les approches minières, archéométriques, technologiques et archéologiques d’une part, et entre Europe et Proche-Orient d’autre part. Dans une perspective d’interdisciplinarité, les différents intervenants évoqueront respectivement les questions : 1) d’extraction des minerais métalliques, 2) des lieux, des outils et des acteurs de la production métallurgique, 3) des chaînes opératoires – du métal aux produits finis et 4) des échanges et des usages des produits de la métallurgie (des contextes archéologiques au laboratoire).

DIM Ile-de-France

2023

WBRG_2024 — 15e Rencontre internationale du Groupe de recherche sur le travail des matières dures d’origine animale

La 15e Rencontre internationale duWorked Bone Research Group aura lieu à Paris en mai 2024. LeWBRG est un groupe international de travail de l’International Council for Archaeozoology (ICAZ). Il réunit des archéologues et archéozoologues engagés dans l’étude des matières dures d’origine animale travaillées, du Paléolithique au Moyen âge, sur un vaste champ géographique (Afrique, Asie, Amérique, Europe, Océanie). Cette communauté participe ainsi à mieux comprendre les relations humain/animal sur le temps long, sur le plan économique, social, symbolique et par extension les relations humains/environnement. Le WBRG structure ainsi une communauté qui ne cesse de s’agrandir et œuvre à en homogénéiser les « bonnes » pratiques. Par la diversité et la richesse des participants qu’il agrège, il offre un cadre de confrontation précieux des pratiques selon les pays et les périodes chronologiques. Les rencontres bisannuelles du WBRG permettent de renforcer les liens entre chercheurs et étudiants en offrant un espace d’échanges, creuset à de nouvelles collaborations et au maintien de liens interinstitutionnels entre les pays. La thématique des « matériaux du patrimoine » est au cœur de la 15e rencontre du WBRG. Pleinement ancrées dans les sciences humaines, les thématiques de cette manifestation intègrent aussi les sciences des matériaux et sont donc à même de favoriser les échanges interdisciplinaires, mais aussi trans-chronologiques et « trans-matériaux ». Cette rencontre est ainsi structurée autour de huit sessions abordant la démarche expérimentale, les interactions entre matériaux, les structures sociales et les traditions culturelles ; les innovations et stabilités techniques ; les avancées en archéométrie et les questions d’éthique associées. Cette manifestation scientifique doit aussi favoriser les ponts intergénérationnels, raison pour laquelle une session a été pensée comme une tribune libre dédiée aux étudiants de Masters et de Doctorat. La table ronde se tiendra dans le cadre des Séances de la SPF et fera l’objet d’une publication en ligne en open access.

DIM Ile-de-France

2023

EVOL — EVolution et chronOLogie du Paléolithique inférieur en Basilicate (Italie)

Cette thèse vise à améliorer les connaissances actuelles sur les natures et rythmes des changements culturels et comportementaux ayant eu lieu au cours du Paléolithique inférieur en Basilicate dans le sud de l’Italie (de 780 000 ans à ~ 350 000 ans). Pour cela, ce projet ambitionne d’obtenir des données géologiques, géochimiques et chronologiques robustes pour plusieurs sites archéologiques majeurs et séquences géologiques de cette période. Alors que l’obtention de chronologies fiables pour des sites associés à l’émergence en Europe de la culture dite « acheuléenne » (industries de façonnage dont l’outil emblématique est le « biface ») constitue toujours un obstacle majeur à la compréhension des changements évolutifs du Paléolithique européen dans sa globalité, la région de la Basilicate de par sa géologie, constitue un laboratoire unique à l’échelle européenne, propice au développement d’approches multidisciplinaires. Cette zone, fortement tectonique et associée à une forte activité volcanique, est propice à la conservation des vestiges (enfouissement rapide) mais aussi à leur datation. Les objectifs de la thèse sont les suivants : 1) Améliorer la datation de plusieurs sites majeurs de cette zone (Cimitero di Atella, Notarchirico et Loreto) par une approche muti-méthodes incluant des datations 40Ar/39Ar, de la téphrochronologie, des datations ESR et ESR-U/Th. 2) identifier et étudier par sédimentologie et géochronologie) d’autres localités du Paléolithique inférieur à fort potentiel archéologique mais également paléo-environnemental dans la région ; 3) caractériser d’un point de vue géochimique et géochronologique l’histoire éruptive du volcan Vulture, principale source des dépôts volcaniques datables dans cette zone et retrouvés dans les séquences archéologiques et paléo-environnementales.

DIM Ile-de-France

2023

FABRIC — De la matière première au produit fini : choix des fibres de camélidés des textiles andins préhispaniques

Les textiles andins préhispaniques sont de véritables œuvres d’art. Ils constituent aussi une source d’information unique sur les sociétés qui les ont produits, leur histoire sociale, culturelle et idéologique. Leur étude est souvent restreinte à la description des motifs et mode de tissage. Or les choix culturels qui ont présidé à l’élaboration et à la finalité des textiles (domestique, funéraire, pouvoir, etc.) concernent également la nature et l’origine de la matière première qui les constitue, et les colorants qui les ont teintés. La connaissance de ces paramètres permettrait également de restituer une part de leur valeur scientifique à des objets entrés en collections patrimoniales sans information attachée. Dans le cadre de FABRIC, le/la post-doctorant/e s’appuiera sur des approches innovantes en paléoprotéomique pour l’étude des fibres de camélidés sud-américains utilisées dans la confection des textiles de la culture Mochica de la côte nord du Pérou (100-850 apr. J.-C.). Après vérification de la qualité de préservation des kératines dans le temps, il/elle déterminera quelles espèces sauvages et/ou domestiques fournissaient les laines. Selon les espèces choisies, les artisans pouvaient disposer de ressources locales ou devaient les obtenir à travers des échanges avec les zones d’altitude. Une alternative est que les textiles étaient importés de la cordillère. Le prélèvement dans les textiles se fera en collaboration avec une restauratrice pour être le moins invasif possible. Les fibres textiles seront comparées avec des matières premières brutes issues de pièces muséales et de toisons d’animaux naturellement momifiés découvertes sur des sites archéologiques. Il/elle participera également à une première expérience d’utilisation de l’imagerie multispectrale de photoluminescence pour proposer une première identification in situ non destructive des colorants. Cette technique devra aussi permettre de reconnaitre l’altération des couleurs originales qui peut avoir des conséquences pour l’interprétation des observations visuelles des motifs.