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2023

ECOMED — Les économies méditerranéennes à la fin du Moyen Âge (1350-1500) : crises, reconstructions, restructurations

Le projet ECOMED (Économies de la Méditerranée à la fin du Moyen Âge, 1350-1500) rassemble 41 chercheurs titulaires provenant d’Espagne, de France, d’Italie et de Grèce, spécialisés dans l’étude des mondes méditerranéens et intéressés par les questions liées à l’interculturalité comme à l’interconnexion entre sociétés différentes. Il part du constat d’une divergence entre les historiographies concernant l’Europe du Nord et celle de la Méditerranée, les premières s’appuyant sur un faisceau de recherches portant sur le climat, les incidences de la peste et la conjoncture économique qui font encore assez largement défaut pour l’espace méditerranéen. Celui-ci est considéré par le projet comme un espace unique où les questions se posent de la même manière. L’hétérogénéité du régime documentaire des mondes byzantin, musulman et chrétien a donné naissance à des historiographies très différentes, bien que les problèmes rencontrés soient analogues : la présence et la récurrence de la peste, la multiplication des disettes et des famines dans un climat devenu instable et tendant à être plus humide et plus froid au début du « petit âge glaciaire », l’instabilité politique qui se manifeste par des guerres incessantes et dévastatrices et des recompositions étatiques constituent des données de fait communes à l’ensemble du bassin. La pertinence d’une divergence au XVe siècle entre Sud et Nord doit être examinée, de même que doivent être examinées les différences entre Est et Ouest et les recompositions territoriales internes alors que tout montre aussi des pratiques favorisant l’interculturalité entre mondes musulman et chrétien. Le projet ECOMED étudiera les défis environnementaux rencontrés de part et d’autre de la mer ; les productions agricoles et artisanales ; l’utilisation des matières premières et la circulation des marchandises ; les institutions et les conflits structurant la période et la zone ; il s’intéressera enfin à la mobilité sociale et à la croissance.

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2023

GARLAND — Les jardins comme oppertunité pour conserver la biodiversité en milieu péri-urbain

Les jardins privés constituent la plus grande partie des espaces verts urbains et sont également le type d'espace extérieur le plus fréquemment utilisé par les citadins. En milieu urbain, ils contribuent par conséquent de manière significative à la préservation de la biodiversité et au fonctionnement des écosystèmes. Il a également été démontré qu'ils sont précieux pour le bien-être et la santé humaine, et permettent aux citadins de faire des expériences de la nature au quotidien. Le projet GARLAND porte sur les jardins périurbains, notamment les jardins potagers, qui ont été peu étudiés jusqu’ici. Le potentiel des jardins périurbains pour la biodiversité est déterminé par une combinaison de facteurs socio-écologiques et environnementaux opérant à différentes échelles. Le projet propose une approche interdisciplinaire associant l'écologie, la sociologie et la géographie pour explorer ces facteurs sociaux et écologiques, les motivations et les barrières pour une meilleure gestion de la biodiversité dans les jardins privés, à la fois à l'échelle individuelle et à l'échelle de la municipalité. L'objectif principal du projet est de développer une compréhension qualitative et quantitative des déterminants de la biodiversité dans ces socio-écosystèmes de jardins périurbains, afin d'identifier les opportunités de conservation de la biodiversité. Le projet cherchera également à déterminer si certaines pratiques liées aux jardins tendent à accroître le sentiment de connexion des citadins avec la nature, ce qui constituerait un levier potentiel pour augmenter les comportements pro-environnementaux généraux de ces derniers. Le projet se concentre sur deux sous-secteurs de la ceinture périurbaine étendue du Grand Paris (Île-de-France) présentant des caractéristiques socio-économiques contrastées. Le processus d'acquisition de données est structuré en trois axes : le premier explorera le rôle joué par les politiques publiques locales sur la présence et le profil des jardins dans les zones périurbaines et rurales de la région Ile-de-France. Il est fait l'hypothèse que les choix locaux effectués par les autorités de planification au niveau municipal peuvent conduire à des situations hétérogènes en termes de réglementations qui peuvent favoriser, ou au contraire, entraver la préservation des jardins. Le second axe étudiera la relation entre les habitants et leurs jardins en tenant compte du contexte socio-économique. En particulier, l'objectif sera de déterminer les principaux facteurs liés aux habitants qui influencent la proportion de surface végétalisée dans les jardins et l'hétérogénéité des habitats, deux paramètres très déterminants pour la biodiversité. Les liens potentiels entre les relations des habitants avec leur jardin et la biodiversité dans ces jardins seront également examinés. Le troisième axe du projet étudiera comment la diversité des plantes à fleurs et des pollinisateurs dans les jardins périurbains est influencée par l'interaction entre les facteurs écologiques (caractéristiques du jardin et du paysage) et les facteurs sociaux (caractéristiques des ménages et de la ville). Les plantes à fleurs et les pollinisateurs ont été choisis comme modèles d'étude pour les analyses de la biodiversité parce qu'ils sont fréquents dans les jardins, relativement faciles à inventorier, et qu'ils réagissent à la structure du paysage à une petite échelle spatiale. Les résultats du projet permettront d'identifier les leviers d'action potentiels et de co-construire des solutions avec les acteurs impliqués, pour promouvoir la biodiversité à l'échelle des municipalités et des individus.

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2023

MAMA_AFRICA — Ampleur et nature des troubles mentaux courants chez les étudiants des collèges en Afrique et obstacles à la recherche de soins (Sénégal, Cameroun, RD Congo, Algérie).

Selon l'OMS, la santé mentale est une urgence mondiale, en particulier pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Les universités et les établissements d'enseignement supérieur du monde entier sont confrontés à des taux croissants de troubles mentaux chez les étudiants. La demande de services sur les campus dépasse les ressources disponibles. Par conséquent, la plupart des étudiants ne sont pas diagnostiqués ou traités. La nécessité d'une prévention efficace, d'une détection précoce, d'un traitement novateur et d'approches de soutien pour les troubles mentaux courants chez les étudiants est de plus en plus reconnue. Des données fiables sont essentielles pour planifier et mettre en œuvre des interventions durables et efficaces. Pourtant, on manque d'études sur les troubles mentaux communs chez les étudiants des universités et des collèges, ainsi que d'interventions pertinentes dans les pays africains. L'étude proposée vise à apporter des éléments probants pour combler cette lacune dans la recherche. L'objectif de cette étude est d'utiliser une méthodologie mixte combinant power of stories and power of numbers [10] qualitative et quantitative, pour combler cette lacune en apportant des preuves sur l'étendue des troubles mentaux et leurs facteurs associés chez les étudiants de premier cycle, décrire les expériences vécues, les principaux obstacles et les facteurs facilitant l’accès aux soins pour les troubles mentaux chez les étudiants de premier cycle dans quatre pays africains : Sénégal, Cameroun, République Démocratique du Congo, Algérie. Plus précisément, nous voulons : 1. Estimer la prévalence des troubles mentaux courants (CMD) - c'est-à-dire la dépression, l'anxiété, les troubles liés à la consommation d'alcool et de substances, et les comportements suicidaires - par le biais d'une enquête anonyme. 2. Décrire les déterminants des troubles mentaux communs, les facteurs sociodémographiques, les facteurs personnels et liés au mode de vie, les facteurs propres à la famille, les variables liées à l'université et les facteurs communautaires associés aux troubles mentaux communs - c'est-à-dire la dépression, l'anxiété, les troubles liés à la consommation d'alcool et de substances psychoactives et les comportements suicidaires - par le biais d'une enquête anonyme. 3. Documenter les significations individuelles et partagées, les vécues concernant les troubles mentaux et décrire les principaux obstacles et facilitateurs de l’accès aux soins - observations, entretiens approfondis, entretiens biographiques. Pour atteindre les objectifs de cette étude, une approche multidisciplinaire ainsi qu'un dialogue étroit entre les sciences biomédicales, les sciences humaines et les sciences sociales sont nécessaires. MAMA_AFRICA réunit des chercheurs de différents horizons. Le projet est porté par l’UMR PRODIG - UMR8586 et la division de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent du Centre Hospitalier Charles Perrens. Les disciplines représentées dans le consortium s'articulent autour de l’anthropologie, l’épidémiologie, la sociologie, la psychologie et la, psychiatrie. À notre connaissance, il s'agit de la première étude multidisciplinaire et multi-sites, combinant power of numbers et power of stories [10] pour étudier les troubles mentaux dans les universités africaines francophones. Notre échantillon fait de notre étude la plus importante sur le sujet, à notre connaissance, du moins en Afrique francophone. Notre étude bénéficiera aux universités étudiées tout en apportant des données solides pour s'attaquer à un problème critique de santé publique à l’échelle mondiale. À court et à moyen terme, les résultats de notre étude contribueront à l'élaboration de modèles de politique de santé mentale durables afin de faciliter et de guider la transition des jeunes diplômés vers le marché du travail et la vie familiale. À long terme, les résultats de notre étude contribueront à la réalisation de la cible 3.4 des objectifs du Milléna

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2023

JuGe — Femmes et conflits matrimoniaux en Afrique de l'Ouest : Une étude comparative de deux dispositifs, historique et contemporain, de régulation des conflits

Ce projet analyse la demande de services de résolution de conflits matrimoniaux en Afrique de l'Ouest et l'impact de l'intervention de l'État sur les inégalités de genre. En utilisant l'expérience des tribunaux indigènes et des maisons de justice au Sénégal, nous examinons les effets à court et à long terme de l'expansion des services publics de justice sur les normes de genre et les relations des justiciables avec l'État. Nous proposons également des approches pour étendre les services publics de résolution de conflits matrimoniaux aux populations qui en ont besoin.

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2023

AdApps — Des applications de sport et d’activité physique en quête d’usagers : une approche combinatoire en termes d’adoptation et d’ajustements

La pratique d’une activité physique (AP) stagne voire régresse en Europe, posant d’importants problèmes de santé publique (INSERM, 2019). Dans ce contexte, les objets connectés et applications de sport et d’activité physique (ASAP) semblent tomber à point nommé pour stimuler la pratique, tant auprès de la population générale (sédentaire ou active) que pour les personnes vivant avec des affections chroniques. Des promesses sont associées à ces dispositifs numériques conçus autour de trois leviers motivationnels centraux : objectiver l’évolution de ses performances pour ajuster l’intensité des séances ; bénéficier d’encouragements au sein de communautés d’utilisateurs ; rendre agréable une AP souvent appréhendée comme une souffrance. Pour autant, le recours aux ASAP ne constitue pas une lame de fond. Socialement différencié, il concerne surtout les hommes déjà sportifs, et moins les personnes à qui une AP est recommandée (notamment dans une perspective de santé). Plusieurs études pointent par ailleurs un taux élevé d’abandon, une fois la phase de découverte terminée. D’autres travaux montrent les visages pluriels des « sportifs connectés » : adaptant les prescriptions des ASAP, ils ignorent certaines fonctionnalités et s’adonnent à des usages sélectifs. Le numérique n’agit donc pas comme un agent providentiel de changement. Pour que ses usages deviennent pérennes, la technologie doit être encastrée dans un ensemble de pratiques, contraintes et habitudes, ce qui requiert un certain nombre d’alignements entre les perspectives initiales des éditeurs d’ASAP et des contextes sociaux « réinnovant » à partir de manières spécifiques de faire et de penser. Cet accommodement est en fait réciproque : l’industrie du self tracking associe de plus en plus les usagers ciblés pour calibrer les ASAP et favoriser un attachement durable. La littérature se focalise sur l’engagement, les usages et l’expérience des ASAP. Tout en approfondissant cette facette, le projet se focalise sur les ajustements mutuels entre éditeurs d’ASAP et cibles, en liant les « adoptations » côté usagers et les déclinaisons sectorielles côté offre. En particulier, nous observerons la circulation des dispositifs numériques entre trois secteurs correspondant à la fois aux principaux débouchés ciblés par les éditeurs d’ASAP et aux aires d’expertise des partenaires scientifiques : loisir sportif ; APA pour malades chroniques ; sport au travail. L’objectif consistera à 1) analyser les agencements construits au sein de chaque secteur ; 2) identifier les requalifications opérées à leur intersection au terme de pivots stratégiques ; 3) relever, au terme d’études centrées sur les usages de ces applications, les conditions dans lesquelles les appropriations d’une ASAP se trouvent facilitées ou entravées. Il s’agit donc d’observer la réception des solutions (par les utilisateurs ciblés, clients, acteurs intermédiaires et/ou prescripteurs), et, symétriquement, les stratégies de déploiement de dispositifs numériques affinés entre différents secteurs. Au-delà du double regard, l’originalité consiste à s’intéresser aux infléchissements procédant de cette rencontre entre deux dynamiques : des évolutions de solutions initialement pensées dans une logique sectorielle ; des besoins spécifiques émanant de publics dont rien ne garantit qu’ils adopteront ces ASAP « sur mesure ». Pour mener à bien ce projet, le consortium dispose d’un solide réseau de partenaires socio-économiques (entreprises de la sport tech, associations, acteurs publics) au sein de chaque secteur. Ceux-ci ont donné leur accord pour partager leur expertise, relater leurs expériences et ouvrir leurs organisations au regard des chercheurs : mise à disposition de data, réalisation d’entretiens pour cerner le développement et les déclinaisons des ASAP. Ils sont aussi fortement en attente de résultats et d’études d’usages (côté bénéficiaires) permettant d’optimiser leur positionnement stratégique.

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2023

SOLIFRO — AUX FRONTIÈRES DES SOLIDARITÉS

Ces dernières années, le soutien de la base aux personnes en migration, en particulier dans les lieux de blocage tels que les zones frontalières, joue un rôle central dans les expériences de mobilité vers et au sein de l'Europe. Les frontières européennes, tant internes qu'externes, sont devenues de plus en plus militarisées et difficiles à franchir, engendrant une violence racialisée et genrée à l'encontre des personnes migrantes du Sud global. Dans le même temps, ces frontières sont devenues des lieux de soutien et de militantisme. Offrir l'hospitalité, des soins, des produits de première nécessité ou des informations pratiques et juridiques, ce soutien - souvent qualifié de solidaire - vise à garantir les droits fondamentaux bafoués par les politiques migratoires sécuritaires et à faciliter la poursuite du voyage des personnes en migration. Malgré un nombre croissant de travaux sur les solidarités aux frontières, la question des violences de genre et sexuelles survenant dans les espaces de la cause des migrant·e·s semble encore taboue. Ce projet vise à comprendre les processus sociaux qui produisent des violences de genre et sexuelles dans les contextes de solidarités aux frontières françaises. Il entend mettre en lumière des violences jusqu'alors invisibilisées, qui semblent faire système dans le contexte politique de fermeture des frontières à certaines migrations et de disparition d'un droit d'asile effectif. Pour étudier ces formes de violence, il s'agit d'identifier les rapports de pouvoir en jeu dans les situations de frontières, en saisissant à la fois les mécanismes structurels et les implications individuelles qui les permettent. Il s'agit de comprendre comment ces violences sont rendues invisibles, créant une hiérarchie des violences aux frontières, entre celles qu'il faut dénoncer et celles qu'il faut taire "pour le bien de la cause". En abordant les questions des relations intimes, de la sexualité et de la violence sexuelle, l'étude vise à déconstruire les mythes de la solidarité "pure" et forcément légitime en faveur des personnes en migration. La recherche qualitative dans trois zones frontalières - la franco-britannique, la franco-italienne et la franco-espagnole - permettra une analyse détaillée de la (re)production des rapports et relations de pouvoir et de domination entre les acteur·rice·s de la solidarité et les personnes en migration. Elle examinera, à différentes échelles, la (non) régulation des relations intimes entre "solidaires" et "bénéficiaires de la solidarité" dans les différents contextes; il s'agira également d'étudier les parcours des bénévoles/militant·e·s et la manière dont les représentations et les fantasmes de genre et de sexualité façonnent les espaces d'accueil. Cela permettra de mettre en lumière la manière dont la violence de genre et sexuelle est produite, traitée et vécue dans chaque contexte frontalier local. Nous prêterons attention aux différentes formes de violence produites dans ces espaces et à la manière dont elles interagissent avec les pratiques de contrôle migratoire. Il s’agira également de voir comment ces questions sont problématisées de manière différenciée dans les espaces de solidarité queer et hétéronormés. Le projet vise à explorer ces nouvelles pistes de recherche, en particulier en ce qui concerne les liens entre contrôle des migrations, solidarité, sexualité, violence et (re)production de la race et du genre dans les zones frontalières. En outre, la recherche examinera si et comment les personnes en migration résistent à "l'ordre solidaire" en place aux frontières, en particulier dans les domaines de l'intimité et de la sexualité, et quelles formes alternatives de solidarité elles peuvent construire entre elles. Le résultat attendu de ce projet est à la fois de pouvoir ouvrir un nouveau champ de recherche académique et de soutenir concrètement les associations et les collectifs dans la prévention de la violence dans les espaces de solidarité.

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2023

LONGCOV — Covid long : Processus de contestation et de stabilisation d’une pathologie émergente

LongCov propose d’étudier la reconnaissance d'une nouvelle entité nosologique, le Covid long, sous la pression des patients et avec leur participation. Alors que le Covid long est reconnu comme un problème majeur de santé publique, ses caractéristiques précises sont difficiles à stabiliser et certaines questions telles que le droit des patients à une prise en charge spécifique ou la reconnaissance du Covid long comme une maladie professionnelle sont loin d’être résolues. Notre étude, incluant des patients en tant que co-chercheurs, suivra en temps réel les obstacles à la stabilisation de cette nouvelle entité nosologique dans un contexte d'incertitude. Notre hypothèse est que les obstacles à la pleine reconnaissance du Covid long reflètent une difficulté de la médecine contemporaine à identifier les « maladies fonctionnelles », fondées essentiellement sur la parole des patients. De telles affections, plus fréquentes chez les femmes, sont perçues parfois comme « psychosomatiques » et ont tendance à être minimisées. Ce projet contribuera à une meilleure compréhension de la manière dont la médecine et la société traitent ces pathologies complexes qui sont source de souffrances majeures pour de nombreuses personnes. L'équipe LongCov combinera des approches sociologiques, historiques, épistémologiques, juridiques et éthiques pour examiner l'évolution de cette entité nosologique et les conflits que sa reconnaissance peut générer entre les acteurs. La question de la stabilisation du Covid long est aussi pratique et éthique, puisque l'organisation matérielle des soins devient beaucoup plus compliquée lorsqu'une pathologie n'a pas de fondement symptomatique bien défini, ne repose pas sur des tests diagnostiques fiables, et quand le « care » rencontre résistance et scepticisme. Une étude de la stabilisation du « Covid long», menée par une équipe pluridisciplinaire pose, outre son intérêt intrinsèque, des questions épistémologiques fondamentales sur l'évolution de la médecine contemporaine.

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2023

DIRIVA — Diriger une entreprise (XVIIè-XXIè): la valeur du genre

Le projet cherche à analyser, sur longue durée (XVIIe -XXIe siècles), en France, la place et le rôle des femmes dans les activités de « direction d’entreprise », à partir de secteurs économiques actuellement féminisés. Il part du constat que malgré la progression de la mixité au travail et la féminisation de nombreuses activités professionnelles, le monde des dirigeants économiques, qu’il s’agisse des dirigeants salariés, des administrateurs ou des chefs de petites ou grandes entreprises, reste très majoritairement masculin. La perspective de longue durée vise à étudier la variation historique des normes et régimes de genre et de leurs effets, dans le cadre de contextes économiques et juridiques changeants. Il examine les contraintes juridiques qui pèsent sur l’exercice d’une fonction dirigeante par les femmes et leur évolution de la fin du XVIIème au XXIème siècle. En articulant sociologie économique, sociologie des élites, sociologie du travail de direction prises sous l’angle de l’histoire des entreprises, de l’histoire du droit (droit des affaires et droit civil) et de l’histoire du genre, il contribue de façon originale au renouveau de l’histoire de la présence des femmes dans les fonctions dirigeantes des entreprises et au réexamen des différences de genre dans le contrôle du capital. Il développe une hypothèse inédite consistant à analyser la valeur des dirigeant.es, au sens de crédit et confiance accordée à un agent économique lui permettant d’obtenir une position et un statut dans les relations économiques, au prisme du genre. Il articule pour cela valeur construite par le droit, par les arrangements conjugaux et familiaux et par les dimensions symboliques du genre. Il participe à l’analyse des inégalités sociales et économiques liées au genre, des processus d’inclusion et d’exclusion des femmes du contrôle des affaires économiques, et de l’identification des difficultés d’accès aux droits pour les femmes.

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2023

AXDEF — Définitions axiomatiques

La relation entre les axiomes et les définitions a été un tournant clé dans la transformation contemporaine de la logique, des mathématiques et de la science, à la suite du développement de l'axiomatique moderne. On dit souvent que les définitions ne jouent aucun rôle dans les systèmes axiomatiques, si ce n'est celui d'abréviations. Les axiomes sont souvent considérés comme des définitions implicites ou des caractérisations des termes primitifs qui apparaissent dans les axiomes. Le projet aborde l'étude des définitions axiomatiques de deux points de vue complémentaires : historique et théorique. Les principaux objectifs seront respectivement 1) d'étudier l'origine de la notion de définitions axiomatiques, et 2) de classer les définitions axiomatiques et d'étudier le type de problèmes auxquels elles sont appliquées en logique et en philosophie des mathématiques. L'enquête historique est basée sur l'hypothèse générale de recherche selon laquelle les définitions, ainsi qu'un éventail plus large de facteurs, ont contribué à la transformation de l'axiomatique en une étude des systèmes hypothético-déductifs. Cette hypothèse sera testée en vérifiant trois affirmations plus spécifiques : 1) la croyance selon laquelle les axiomes servent à définir ou à caractériser les entités mathématiques n'est pas apparue brusquement au XIXe siècle, mais est le résultat de débats complexes sur la distinction entre axiomes et définitions et sur le rôle de la déduction, qui remontent au moins à l'époque moderne ; 2) il n'y a pas de sens unique dans lequel les axiomes peuvent être considérés comme des définitions implicites dans les débats des mathématiciens et logiciens des 19e et 20e siècles ; 3) plusieurs critères d'adéquation des définitions ont été discutés dans l'histoire de l'axiomatique, et il n'y a pas de théorie unique qui ait recueilli un consensus général. L'enquête théorique est basée sur l'hypothèse de recherche générale selon laquelle une compréhension plus rigoureuse du rôle joué par les définitions axiomatiques contribuerait fortement à une meilleure compréhension de plusieurs débats contemporains en philosophie de la logique, en mathématiques et en philosophie des sciences. Deux hypothèses de recherche spécifiques guideront cette partie du travail : 1) les définitions peuvent jouer un rôle à la fois inférentiel et sémantique ; 2) les définitions axiomatiques sont philosophiquement cruciales pour comprendre le débat contemporain sur la prouvabilité formelle et informelle. Les difficultés rencontrées dans les recherches sur le thème des définitions sont leur omniprésence, leur ambiguïté et leur technicité dans les présentations axiomatiques, ce qui explique leur manque de traitement systématique. Ces difficultés seront abordées et résolues grâce à la création d'un large consortium de philosophes, logiciens et mathématiciens ayant une expertise dans l'étude de l'histoire des sciences mais aussi dans les développements plus formels de la logique contemporaine. Les résultats attendus comprennent l'évaluation du rôle des définitions dans le développement de l'axiomatique hypothético-déductive ; une histoire détaillée de la relation entre axiomes et définitions en logique et en mathématiques de la Renaissance au début du 20ème siècle ; une classification des définitions apparaissant dans les présentations axiomatiques ; une meilleure compréhension de la relation entre définitions et déduction ; et une analyse des rôles épistémiques joués par les définitions dans la prouvabilité formelle et informelle. La valeur ajoutée du projet réside dans l'effort d'offrir un premier traitement historique et théorique systématique des définitions axiomatiques. Le projet apportera de nouvelles connaissances à la fois sur le rôle qu’elles ont joué dans l'histoire de l'axiomatique et sur les rôles épistémiques qu'elles jouent dans la philosophie contemporaine.

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2023

IndivEco — Individuer les écosystèmes: une approche interdisciplinaire de leur organisation fonctionnelle distinctive

Ce projet interdisciplinaire vise à élaborer un cadre original pour individuer les écosystèmes en combinant des approches conceptuelles, théoriques et de modélisation. Les écosystèmes sont délimités de manière moins nette que d'autres systèmes biologiques (les organismes), et leurs frontières apparaissent plutôt floues et poreuses. Il s’agit non seulement d’un problème central pour le travail théorique, mais les politiques de conservation et de gestion doivent aussi s'appuyer sur des critères bien établis pour délimiter les écosystèmes et les fonctions de leurs composants. L'individuation des écosystèmes va de pair avec leur stabilité et leur résilience. Le projet explore comment les écosystèmes, qui présentent des régimes d'ordre très improbables, se maintiennent dans la biosphère en contraignant les flux de matière et d'énergie. Notre hypothèse est double : 1/ les contraintes sont exercées par des éléments de la biodiversité et des facteurs abiotiques, qui peuvent être compris comme des parties fonctionnelles du système; 2/ les contraintes réalisent un régime de dépendance mutuelle, qui fournit un critère pour tracer les limites de l'écosystème global. L'organisation des contraintes est donc le principe théorique qui rend compte de la stabilité des écosystèmes, les individualise dans l'espace et le temps, et identifie leurs composants fonctionnels. Le projet vise à explorer les implications conceptuelles et théoriques de ce cadre, et sa capacité à guider l'élaboration de modèles mathématiques et informatiques précis de l'organisation écosystémique et de la dynamique éco-évolutive. L'enquête sur l'individuation des écosystèmes sera menée en considérant conjointement plusieurs niveaux d'organisation. En particulier, le projet analysera les analogies, les différences et les interactions inter-niveaux entre les écosystèmes et les organismes.

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2023

SOYLANDIA — Les nouvelles régulations environnementales au service de la réactivation des fronts agricoles au Brésil ?

Au Brésil, l’expansion agricole s’est accélérée depuis les années 2000, avec de nouvelles combinaisons entre grandes cultures (principalement soja) et élevage bovin. Or, cette période est marquée par le déploiement de politiques environnementales, notamment dans les propriétés privées (Cadastre Environnemental Rural, licences de déforestation, droits d'eau, etc.). Ces politiques ont laissé entrevoir un scénario alternatif à la déforestation : on parlait de de stabilisation de la frontière agricole, voire même de « tournant environnemental » . Mais après une spectaculaire réduction du taux de déforestation de 2004 à 2012 en Amazonie, celui-ci repart à la hausse dans l’ensemble du pays. Les instruments de politiques environnementales ne soutiennent-ils pas, plus qu’ils ne contraignent, les dynamiques d’expansion des fronts de l’agrobusiness ? Comment les acteurs de ces politiques et de ces dynamiques spatiales justifient-ils alors leurs pratiques dans un contexte de dégradations environnementales accélérées ? L’hypothèse générale de notre projet est que les nouvelles formes de régulation des activités agricoles dans les propriétés privées favorisent l’expansion spatiale de l’agriculture industrielle. Ce processus articule étroitement les politiques agroenvironnementales et foncières, selon des modalités à identifier dans chaque région. Nous avons donc une seconde hypothèse, spatialement explicite, qui veut que les stratégies territoriales de l'agrobusiness sont une composante active de la coexistence entre régulation environnementale croissante et avancée des fronts. Notre troisième hypothèse est que cette expansion est masquée voire justifiée par des discours de réconciliation entre production agricole et conservation, soutenus par des communautés épistémiques fonctionnant depuis l’échelle locale jusqu’à l’échelle internationale. L’objectif de SOYLANDIA est d’identifier la façon dont les acteurs du secteur agro-industriel construisent, modulent ou utilisent ces instruments pour développer leurs activités, à travers trois entrées complémentaires (WPs): 1) la co-construction des cadres légaux et réglementaires, 2) les pratiques spatiales des entreprises agricoles, et 3) la genèse de récits environnementaux favorables à l’agro-business. Les territoires d’étude sont des fronts récents d’expansion du soja, situés aux frontières tropicales humides du pays (Amazonie et Pantanal), et des fronts en réactivation, grâce à l’irrigation, dans les savanes des hauts plateaux centraux (Cerrado). Le projet présente deux principales originalités: 1) une approche interdisciplinaire et multiscalaire permettant de saisir les stratégies d’expansion agroindustrielle dans leurs dimensions matérielles et discursives, et 2) une prise en compte de la complexité de ces stratégies au-delà des questions de déforestation, en incorporant les enjeux hydriques. Il se démarque des travaux courants sur la déforestation, basés sur le suivi des frontières agricoles par la télédétection. Nous misons donc sur la complémentarité entre géographie, sociologie et agroéconomie pour analyser conjointement les pratiques et les discours environnementaux de l’agrobusiness brésilien. L'équipe se compose de 11 chercheurs français confirmés en géographie, géomatique, agroéconomie, sociologie, sciences politique et droit. SOYLANDIA s'appuie sur deux UMR partenaires (ART-Dev et PRODIG). Il compte sur des collaborations avec différents chercheurs issus d'Universités brésiliennes, mais aussi de spécialistes issus d'ONGs et d'associations nationales et régionales au Brésil. En promouvant différentes actions de diffusion et de valorisation des résultats (site web, documentaires, exposition), ainsi que de formation à la recherche, il aura des applications directes pour la mise en débat des politiques environnementales avec la société, aussi bien en Amérique du Sud qu'en Europe.

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2023

ECOBOOM — ÉCONOMIES POLITIQUES ET MORALES DU « BOOM EXTRACTIF » DANS LA « GRANDE TRANSITION »

Le projet ECOBOOM propose une analyse des transformations contemporaines du secteur minier dans la transition énergétique, et de ses effets sur les modes d’exploitation et les territoires. Il s’inscrit dans une perspective Nord/Sud, qui se déploie depuis les territoires extractifs jusqu’aux échelles nationales et globales. Il compare deux processus extractifs parallèles mais connectés dans l’arène minière globale, et dont il s’agit d’étudier les connections: le boom de l’extraction des métaux de la transition énergétique (MTE), qui concerne des métaux comme le lithium ou les terres rares, et celui de l’artisanal and small-scale mining (ASM) qui touche particulièrement la filière aurifère. Cette recherche collective repose sur l’hypothèse centrale d’une écologisation des ressources, entendue à la fois comme une nouvelle rhétorique visant à rendre « indispensable » l’exploitation de certains minéraux, et comme l’ensemble des dispositifs institutionnels et techniques qui y sont liés. Cette comparaison entre filières et ressources vise à prendre en compte l’articulation complexe entre échelles spatiales, temporalités et niveaux d’organisation socio-politiques, pour laquelle un cadre analytique commun est mobilisé. La notion d’« économie morale » permet de prendre en compte la production, la circulation et l’utilisation des sentiments moraux, des valeurs, des normes et obligations dans l’espace social global, qui se superposent à l’économie politique traditionnelle. La notion d’« espaces gouvernables » s’attache quant à elle aux impacts de ces changements, à la fois dans l’arène minière globale et sur les territoires. Cette perspective comparative replace l’étude de la transition énergétique dans le processus plus systémique de « grande transition » en termes de justice environnementale, sociale et globale Nord/Sud. Cette approche répond aux enjeux de l’axe « Sociétés et territoires en transition » en questionnant les transitions spatiales, les identités et les souverainetés territoriales, les rapports sociétés-territoires autour de la gestion des ressources, et les recompositions des relations entre centres et périphéries introduits par les nouveaux booms extractifs. Le projet s’oriente autour de trois axes de recherche : 1) les discours et les dispositifs de la rhétorique de l’écologisation des ressources, perçue comme une nouvelle économie morale globale que nous confrontons aux économies morales des sites extractifs de MTE et ASM (or) ; 2) la mise en pratique de cette écologisation sur les territoires miniers à partir d’une approche bottom up plus localisée des espaces gouvernables, qui indiquent à la fois les réorganisations des flux matériels propres à chaque ressource et leurs infrastructures, et la recomposition des formes de politisation, en termes de justice sociale et environnementale ; 3) une approche comparative entre filières visant à déterminer les forces motrices qui orientent leurs trajectoires respectives. Cette analyse des circulations discursives et matérielles vise à penser les effets de découplage entre filières « vertes » et « sales », dans un contexte de mise en concurrence des territoires extractifs. Les cas d’étude comparatifs ont été sélectionnés au Nord et au Sud pour leur complémentarité, l’expertise des membres du projet et les nouvelles orientations des politiques nationales vers l’extraction de MTE. Les terrains principaux sont la France, où sera mené un terrain collectif visant à renforcer la comparaison, la Nouvelle-Calédonie, la Bolivie et la Côte d’Ivoire. Ils seront complétés par des terrains secondaires (Arizona, Venezuela, Sénégal, Soudan) qui ont été sélectionnés pour servir de contrepoints aux terrains principaux ou pour éclairer des effets de découplage. Sur chaque terrain seront menés des ateliers avec les populations résidentes de manière à échanger sur la transition énergétique et à mener des réflexions communes vers une « grande transition » juste et équitable.

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2023

EnversMet — L’envers de la métropolisation ? Mutations sociodémographiques et enjeux pour l’action publique des centres de Paris et Madrid

Depuis le début du XXIe siècle, un certain nombre de villes-centres de métropoles européennes ont vu, selon des intensités différentes et des modalités variées, leur population diminuer, alors même qu’à l’échelle de leurs agglomérations respectives elles continuaient de gagner des habitants. Ces dynamiques divergentes contribuent à reconfigurer les rapports entre centres et périphéries et conduisent à nuancer l’idée selon laquelle les métropoles seraient systématiquement des espaces privilégiés de croissance. Elles amènent à interroger, par ailleurs, les stratégies déployées par les pouvoirs publics locaux dans ce contexte territorial bien particulier. Paris et Madrid, deux métropoles-capitales de l’Ouest de l’Europe peu étudiées sous cet angle, connaissent des baisses de population importantes, alors que les deux métropoles font preuve de dynamisme démographique et d’attractivité économique. Les deux villes-centre sont, en outre, marquées par un processus de vieillissement. La part de personnes âgées s'avère bien plus importante que dans les communes périphériques. Ce projet entend ainsi étudier les mutations sociodémographiques de Paris et Madrid depuis 2010 ainsi que les enjeux pour l’action publique qui en découlent. Il s’agit, dans un premier temps, 1) d’étudier, par le biais d’analyses statistiques et cartographiques, la portée et les logiques spatiales de ces changements ainsi que les effets socio-spatiaux de ce processus (vieillissement, vacance, mutation de l’offre de services, etc.). Il s’agit, dans un deuxième temps, 2) d’analyser, par le biais d’analyses qualitatives, les répercussions de ces transformations sur celles et ceux (et notamment sur les personnes âgées) qui, par choix ou par contrainte, restent dans la capitale en questionnant la manière dont elles et ils résistent, subissent ou profitent des mutations à l’œuvre. Nous tâcherons enfin, 3) d’interroger la façon dont les pouvoirs publics traitent (ou non) ces évolutions sociodémographiques et quelle(s) sont les échelle(s) de gouvernance privilégiées (commune, métropole, communauté autonome/région, état central).

ANR

2023

DIVSky — Un ciel toujours partagé ? Interdépendances et asymétries le long de l’ancienne frontière interallemande.

Alors que des sociétés villageoises voisines, autrefois séparées par la frontière interallemande, sont aujourd'hui reliées par un réseau dense de mobilités et partagent les mêmes bassins d’emploi et la même stabilité sociale et économique, il est frappant de constater qu'elles ne coopèrent guère au-delà du travail et ne nouent pas de liens sociaux profonds ou d'amitié. Ce projet vise à éclairer ce paradoxe en saisissant et en analysant les expériences de vie, les pratiques sociales et les visions du monde des habitant·es de l'ancienne zone frontalière, qui séparait deux États idéologiquement ennemis. Nous prenons ainsi appui sur la proximité spatiale des sociétés villageoises le long de l'ancienne frontière interallemande pour interroger les effets de la séparation des deux États allemands ainsi que les processus de transformation, multiples et souvent asymétriques, qui ont accompagné la Réunification et dont les répercussions opèrent encore aujourd'hui. Le choix de trois sites d’enquête à cheval sur l'ancienne frontière permettra d'analyser les changements qui affectent à la fois l'Est et l'Ouest et de réexaminer, dans une perspective critique, la nature des processus en cours depuis 1989, interprétés dans la littérature tantôt en termes de « convergence », d’ « intégration » ou, plus récemment, de « co-transformation ». Le choix de « revisiter » des villages qui ont déjà fait l'objet de travaux de recherche dans les années 1990 confèrera une épaisseur temporelle originale à nos analyses. Nous mobiliserons une démarche ethnographique, complétée par des méthodes statistiques et cartographiques, afin de retracer la dissolution et le franchissement des frontières, ainsi que leur réaffectation et leur redéfinition. Le croisement réfléchi de trois approches disciplinaires (anthropologie sociale, sociologie et géographie) appliquées aux mêmes sites d'enquête nous permettra d’explorer plus particulièrement trois dimensions qui viendront expliquer l'émergence d'une frontière fantôme entre ces espaces sociaux, en dépit de la disparition des obstacles territoriaux et économiques : l'organisation de leur vie sociale et l'évolution des liens sociaux, familiaux et intergénérationnels (WP2), les ancrages territoriaux, les pratiques de mobilité et les aspects relationnels liés aux expériences de formation et d'emploi (WP3) ainsi que les rapports au politique et les formes d'engagement (WP4). En accord avec des considérations éthiques et de transfert, la valorisation (WP5) s'adressera tant au milieu académique qu’aux sociétés locales, qui seront invitées à participer au tournage d'un documentaire réalisé par une équipe professionnelle.

ANR

2023

EUCLIDES — Euclide à l'époque moderne : Une histoire des transmissions, traductions et transformations interculturelles des éléments

Euclide à l'époque moderne vise à mener une analyse étendue de l'impact culturel, social, scientifique et épistémologique de la diffusion des Éléments d'Euclide, le traité de mathématiques classiques le plus important et le plus largement diffusé, en Europe du XVIe au XIXe siècle. En étudiant les transformations de cette œuvre à travers ses diverses éditions, traductions et commentaires, ainsi que ses usages pédagogiques et pratiques, l'équipe de recherche internationale impliquée dans le projet (basée à Paris et à Wuppertal) souhaite établir une représentation globale et interdisciplinaire de la tradition moderne des Éléments et de son influence inégalée dans l'histoire des sciences, du savoir et de la culture. Les principaux objectifs du projet sont : (1) l'analyse des transformations apportées au texte et aux diagrammes des Éléments tout au long de sa tradition imprimée et la manière dont ils reflètent les changements qui ont eu lieu dans l'histoire des mathématiques et de l'épistémologie à l'époque moderne ; (2) l’étude de la diffusion et des usages pédagogiques et professionnels des Éléments à l’âge classique et leur impact sur la transformation du texte d'Euclide ; (3) l'établissement d'une base de données en libre accès pour parcourir et étudier le contenu des éditions imprimées des Éléments. Pour la partie (1), l’analyse montrera comment les contraintes logiques et épistémologiques qui déterminent le discours mathématique (dans ses principes, la structure de ses preuves et ses diagrammes) ont évolué au fil du temps, transformant le texte d'Euclide et son rôle dans la définition de l'idéal du savoir scientifique. Pour la partie (2), il sera montré comment l'interaction entre les Éléments et les mathématiques pratiques, ainsi que la diffusion de l'œuvre d'Euclide dans les langues vernaculaires à travers l'Europe (qui a été déterminante pour sa transmission en dehors des cercles lettrés et dans les contextes professionnels), ont influencé le contenu et l'utilisation des Éléments, ainsi que l’image des mathématiques euclidiennes dans différents contextes sociaux, institutionnels et culturels. L'étude de la promotion et de l'adaptation des Éléments d'Euclide aux nouvelles normes pédagogiques permettra de mieux comprendre la position changeante des mathématiques parmi les sciences et les changements qui ont eu lieu en mathématiques et dans les théories pédagogiques au début de l’ère moderne en Europe. Le dernier objectif (3) sera établi selon les principes du "green open access" et permettra aux chercheurs ainsi qu’aux non-spécialistes d'avoir un aperçu à la fois large et détaillé de l'évolution des Éléments d'Euclide au fil du temps, mais aussi d'obtenir des réponses rapides à des questions spécifiques sur la tradition imprimée des Éléments en Europe.

ANR

2023

Pasture Adaptation — Atténuation et adaptation dans les paysages culturels : Leçons tirées des systèmes pastoraux transhumants pour la gestion des nouveaux risques climatiques

Les paysages et leurs composantes écologiques et sociologiques fournissent des services écologiques et socioculturels et sont porteurs d'informations essentielles pour comprendre les impacts du et lutter contre le changement climatique. Ils sont aussi vulnérables à ces changements comme à d'autres facteurs de stress. En examinant les paysages associés au pastoralisme en France, en Norvège et en Espagne, nous détaillerons les menaces, notamment climatiques, qui pèsent sur ce patrimoine culturel immatériel (PCI). Nous investiguerons également les capacités d'adaptation des systèmes socio-écologiques associés à ces paysages, ainsi que les méthodes permettant de maintenir ce PCI par le biais d'actions communautaires et politiques. Notre projet présente trois objectifs de recherche-action établis en lien avec des partenaires de la société civile : - Développer une boîte à outils aidant les communautés et les décideurs à évaluer la vulnérabilité et la résilience des paysages culturels. - Développer des outils de communication pour le public et les décideurs précisant les menaces touchant le patrimoine culturel et la façon dont la connaissance de ce patrimoine culturel peut aider à la mise en oeuvre d'actions pour l'atténuation et l'adaptation au changement climatique . - Contribuer au champ scientifique autour de la vulnérabilité et la résilience des paysages culturels et autour de la construction de stratégies d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. Notre équipe s'appuie sur de multiples collaborations sur le long terme et une expertise des terrains d'étude. Partenaires français, espagnols et américains modélisent actuellement les changements futurs du système pastoral basque français. Le Centre basque pour le changement climatique est spécialisé dans le pastoralisme transhumant espagnol et la modélisation écologique ; les partenaires suisses ont conçu des outils pour mesurer la résilience des moyens de subsistance, et les partenaires norvégiens ont acquis une expérience en matière de modélisation du système pastoral basque français.

ANR

2023

FUSION — Diversité, créativité, unité et infusion culturelle

L'alphabétisation culturelle est essentielle pour les individus afin de soutenir l'acquisition des connaissances, des aptitudes et des compétences nécessaires à un dialogue interculturel et à une compréhension mutuelle dans les sociétés européennes traversées par des discours populistes et extrémistes, la peur de la migration et la montée des inégalités. Les recherches existantes ont examiné la valeur de l'alphabétisation culturelle dans l'éducation formelle et non formelle. Cependant, les connaissances sur les avantages potentiels de l'alphabétisation culturelle sur la cohésion sociale et l'inclusion sont limitées. L'objectif du projet FUSION est de comprendre comment l'alphabétisation culturelle pourrait produire des externalités positives via une approche transnationale et multidisciplinaire de circulation et de diffusion des connaissances à travers les frontières. La construction de la cohésion en Europe et l'inclusion des groupes défavorisés et des minorités dans la vie culturelle et sociale resteront illusoires tant que la prévention et l'inversion des inégalités dans l'éducation, la lutte contre la discrimination, l’appréciation de la diversité culturelle et la contribution de la culture au développement durable ne seront pas étudiées, comprises et mises en œuvre. Avec la multiplicité complémentaire de ses méthodologies ainsi que sa nature multidisciplinaire et ses approches innovantes, le projet FUSION mobilise l'expertise de la science des données, des sciences sociales, des sciences humaines, de la recherche politique, ainsi que des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, des acteurs culturels et créatifs pour relever ces défis urgents.

ANR

2023

CAPSULE — La tablette cunéiforme en argile, une capsule de données sur l'environnement de l'homme et de la nature dans l'Antiquité

Les tablettes cunéiformes en argile du Proche-Orient ancien documentent les deux premiers tiers de l'histoire humaine écrite. Ces tablettes d'argile ont traditionnellement été étudiées pour leurs textes et pour leurs contextes de dépôt et de redécouverte. Cependant, elles peuvent fournir une grande variété d'informations non textuelles grâce aux propriétés physiques de l'argile. D'autres informations sont non-intentionnelles, comme les empreintes des matériaux d'emballage sur la surface de l'argile, ainsi que la composition chimique et physique de l'argile, y compris les inclusions macro- et micro-fauniques et florales. CAPSULE utilisera de nouvelles technologies pour déchiffrer ces informations non textuelles contenues dans l’argile des tablettes cunéiformes, en considérant ces objets comme des ‘capsules de données’ sur l'environnement de l’homme et de la nature dans l’antiquité. Nous envisagerons d'abord les contextes sociaux immédiats dans lesquels ces capsules de données ont été créées, en reconstituant le sexe, l'âge, le milieu social et culturel de leurs producteurs, ainsi que les conditions environnementales (faune, flore, climat, etc.) au moment de leur création. Au-delà de ce contexte immédiat, nous examinerons également les conditions sociales et environnementales plus larges dans lesquelles ces objets ont été réalisés et déposés. (Q1) Comment l'argile des tablettes était-elle traitée à travers l'espace, le temps et le type de texte ? (Q2) Comment l'argile était-elle transformée en une tablette finie avec sa propre faculté d'action sur la société ? (Q3) Comment pouvons-nous savoir si les groupes de tablettes cunéiformes découverts lors des fouilles ont été stockés, abandonnés, jetés ou détruits par leurs anciens utilisateurs ? (Q4) Quelles sont les meilleures techniques pour préserver physiquement ces objets du patrimoine culturel ? Le développement rapide des nouvelles technologies permet désormais d'accéder à de nouveaux types de données qui répondent à des questions qui n'avaient pas été posées auparavant à ces objets. Notre méthodologie suivra le "cycle de vie" ou la "biographie" de la tablette d'argile, en situant l'objet lui-même dans une séquence d'actions qui va de l'approvisionnement en argile à la fabrication de l'objet, de son dépôt à la fin de son cycle de vie, sa conservation dans les musées et autres sites de conservation du patrimoine culturel. Cette approche garantit l'intégrité de la tablette d'argile en tant qu'objet dans l'Antiquité et aujourd'hui. Chacune des phases du cycle de vie d'une tablette d'argile nécessite une combinaison de méthodologies historiques, archéologiques et technologiques qui n'ont jusqu'à présent été mises en œuvre que de manière isolée ou partielle. Le projet implique quatre PI avec des expertises distinctes: assyriologie, conservation de musée et physique-chimie. La cPI, Cécile Michel (FR), DRCE2 CNRS et Professeure à l'Université de Hambourg, Assyriologue, mène ses recherches sur les textes cunéiformes assyriens et babyloniens datant du 2ème millénaire avant notre ère, et notamment sur la matérialité des textes et la constitution d'archives privées. La deuxième PI, Dominique Ngan-Tillard (NL), Maître de Conférence à l'Université de technologie de Delft, est spécialisée dans les essais non destructifs des géo matériaux ; elle applique son expertise à une grande variété d'artefacts archéologiques. La troisième PI, Caroline Waerzeggers, professeure d'assyriologie à l'Université de Leyde (NL), travaille sur les textes cunéiformes du 1er millénaire avant notre ère et a étudié de manière exhaustive la formation et la composition des archives à la fin de l'écriture cunéiforme. Le quatrième PI, hors de l'UE, est Jonathan Taylor (UK), conservateur de la collection cunéiforme du British Museum. Il travaille sur les aspects matériels des textes cunéiformes, en collaborant avec des physiciens et des chimistes.

ANR

2023

HerCha — Le patrimoine culturel face aux défis mondiaux

HerCha propose un réseau doctoral innovant sur la manière dont les patrimoine culturel peut relever les différents défis mondiaux auxquels sont confrontées les sociétés contemporaines. Plus spécifiquement, il aborde : i) le changement climatique qui affecte presque tous les aspects de notre vie, y compris la santé, le logement, les moyens de subsistance ii) la santé et le bien-être iii) les migrations, les populations vulnérables et l'identité. iv) La décolonisation v) Le développement inégal des villes - parmi d’autres défis. HerCha aborde ces défis de manière systémique et interconnectée. Il considère que les complexités et les interdépendances entre les défis mondiaux existants et émergents continueront probablement à créer des tensions et des pressions environnementales en relation avec les dépendances et les sécurités géopolitiques, les déchets, les empreintes environnementales, l'exploitation minière et le traitement des matières premières essentielles, et les préoccupations éthiques. Le patrimoine culturel peut relever plusieurs parmi ces défis. C'est l'hypothèse principale sur laquelle repose ce projet de formation doctorale (DN). HerCha opère ainsi un changement de paradigme : alors que la recherche a étudié les façons dont les défis mondiaux peuvent avoir un impact sévère sur le patrimoine, peu d'études considèrent les différentes façons dont le patrimoine peut représenter un moyen d'atténuer ou de s'adapter à plusieurs d'entre eux. Or, pour conserver son sens au sein des sociétés contemporaines, le patrimoine devra soulever les défis cités ci-dessus. Il doit être une ressource pour lutter contre la pauvreté, les inégalités, le racisme, et les autres défis sociaux auxquels sont confrontées les communautés. HerCha aborde les nombreuses possibilités d'action par lesquelles le patrimoine pourrait contribuer à façonner des réponses aux mégatendances et aux défis émergents afin de favoriser un avenir plus positif, en termes de lutte contre les inégalités, de réduction des tensions sociétales, de centrage sur la durabilité et le bien-être, de ré-conception de l'apprentissage, la prise en compte des impacts et l'utilisation de l'anticipation. Le DN proposé dans le cadre de HerCha réunit 11 universités membres de l’Alliance Européenne Una Europa et un grand nombre de partenaires associés de leur écosystème (autorités locales, entreprises, ONG, institutions patrimoniales, membres de la société civile, etc.). Il repose sur une solide expérience de collaboration des partenaires académiques d’Una Europa, y compris dans le cadre de formation doctorale (Una Europa proposant une formation doctorale dans le champ du patrimoine culturel depuis 2021 réunissant 8 universités, organisée autour de cotutelles, et offrant un certificat joint en patrimoine culturel). HerCha propose 15 thématiques de recherche adressées à des chercehurs en début de carrière (ECR), abordant chacune un défi global et la façon dont le patrimoine culturel peut jouer un rôle dans son atténuation ou dans l’adaptation des sociétés.

ANR

2023

EnviroParCiPhil — Perceptions de l’environnement en lien avec la santé, participation citoyenne en vue du prototypage d’une méthodologie réplicable en études de santé publique

Qu’est-ce que l’environnement, en particulier celui pouvant avoir un impact sur notre santé ? Quelle est sa nature ? Comment le conceptualisons-nous ? L’environnement au sens large est au cœur de défis sociétaux parmi les plus urgents. Il soulève des enjeux qu’il n’est possible d’affronter qu’en conjuguant la recherche scientifique avec le point de vue des citoyens. On remarque auprès de ces derniers une sensibilité accrue, non seulement pour l’impact que l’environnement tel qu’on l’a transformé a sur notre santé, mais aussi pour la façon dont nos habitudes et expériences tout au long de notre vie nous transforment et peuvent contribuer au développement de certaines maladies. Le projet EnviroParCiPhil pose la question des méthodologies de recherche participative qui pourraient être employées à large échelle pour faire évoluer la définition des contours (spatio-temporels) de l’environnement en tant que déterminant de nos états de santé et de maladie. Il vise à instaurer une collaboration entre scientifiques et citoyens afin de co-élaborer une méthodologie réplicable à large échelle pour mieux comprendre les enjeux de « santé - environnement ». L’objectif est d’entendre le point de vue et les interrogations des membres de la société civile pour élargir le cadre des recherches en sciences biomédicales et en sciences humaines et sociales sur les déterminants environnementaux des maladies, et de renfoncer ainsi la pertinence de ces recherches sur un plan purement épistémique mais également au service des citoyens directement concernés par des « expositions » et les politiques de santé publique pouvant les protéger de ces expositions. L’objet de la co-construction est donc de co-élaborer une méthode d’amendement du concept d’environnement en santé dans le cadre de cohortes et permettre aux membres des cohortes de s’impliquer davantage dans l’élaboration de futures questions de recherche et méthodologies d’analyses qui concerneront d’autres projets en épidémiologie. Cette méthodologie a donc une dimension itérative, les concepts d’environnements exprimés seront aussi étudiés en philosophie des sciences sur les cohortes suivantes. Ce projet pilote a pour but de créer un précédent et inciter les chercheurs à utiliser, dans les études santé-environnement, des méthodologies de recherche mobilisant la participation en tant qu'outil conceptuellement et pragmatiquement enrichissant en recherche interdisciplinaire, par exemple avec du co-design d’études d’intervention. En fin de projet, un colloque réunira des chercheurs des domaines concernées afin d‘évaluer les résultats du projet et d’étudier la faisabilité de l’utilisation des méthodologies générées dans les futures recherches.

ANR

2023

TEMOINS3945 — Témoignages de la Seconde Guerre mondiale pour la Mémoire et pour l’Histoire

Le projet que nous proposons, largement inspiré de ce que nous avons pu faire depuis au moins dix ans, est de co-construire avec des structures issues de la société civile un programme scientifique à forte dimension mémorielle et sociétale. L’originalité du projet est de proposer un volume inédit de témoignages recueillis à diverses périodes sur la Résistance et ce que nous dénommons la déportation de répression, annotés et documentés. Alors que les derniers témoins disparaissent, il est impératif de fournir des corpus de référence. Dans ce projet TEMOINS3945, il s’agira concrètement et ensemble, de mettre en ligne des centaines de témoignages écrits, sonores et audiovisuels en les accompagnant d’une présentation, d’un appareil critique, de mots clés et de documents annexes (archives familiales et archives publiques). On touche au cœur de la démarche scientifique avec le repérage de sources et la constitution d’un appareil critique, tant on sait que les sources ne parlent pas d’elles-mêmes. La recherche de documents annexes relève également de cette démarche heuristique. Ce travail sera réalisé en commun par des académiques et par les réseaux de correspondants issus de la société civile. Ces partenaires comptent au premier rang de leurs priorités la transmission mémorielle. Les Fondations associées comme le Mémorial ont un conseil scientifique. Le partenariat est ancien, en particulier au sein de l’équipex MATRICE (2011-2024) dont les Fondations et le Mémorial du Camp de Rivesaltes sont partenaires dans un accord de Consortium.

ANR

2023

PaMet — The Heritage of the Urban Peripheries: Challenges of Safeguarding citizen’s participation in the Context of Metropolisation

The proposed research aims at analyzing two parallel but concurrent phenomena: I) The new and increasing recognition of the interest for the cultural heritage located in the metropolitan peripheries of European cities by various stakeholders and by the citizens; II) The need for new developments (infrastructure, housing) in the periphery of European metropolises resulting to unprecedented densification pressures and extensive renewal of the existing urban fabric. The conjunction of these trends creates both opportunities and risks for the cultural heritage at the Metropolitan peripheries and its transmission to the citizens. Using innovative interdisciplinary methodologies, the project asks the following questions: How can we create value on the heritage of the urban peripheries, encouraging new development scenarios while protecting cultural heritage? What are the necessary mechanisms and tools to involve local societies in the policy making of cultural heritage at the urban peripheries? How can this heritage be used as a means of spatial justice and balance between the different areas of the metropolises? How can heritage in the peripheries play a role of the “cement” of metropolization? Most of all, how citizens can be associated to the best use of heritage in the urban peripheries to create a livable a just metropolis? The project will have very direct local impacts through co-creation workshops held at key sites of peripheral urban heritage, designed to assist institutional and community stakeholders in imagining and interrogating innovative strategies for (re)developing heritage sites, feeding directly into local initiatives. The empirical and persuasive materials produced through the workshops will be designed with community participation to address the broader community, inviting and promoting “heritage savvy” citizens, willing and able to participate in the processes of both heritagization and metropolisation. In addition, we anticipate that the online observatory platform created through this project can act as an open resource for stakeholders in the many peripheral urban sites that face similar challenges and opportunities. A series of pilots in the urban peripheries of the metropolises participating in the project (Bologna, Brussels, Krakow, Edinburgh, Madrid, Paris), will serve as text-beds and research laboratories to understand and analyze the changing nature of our cultural heritage and the role it can play today, help citizens approach change with greater confidence.

ANR

2022

STEFI — Les Start-ups : Trajectoires Entrepreneuriales et Financement de l’Innovation

Le projet STEFI vise à mieux caractériser le potentiel innovant des start-ups pour mieux piloter le rôle d’amorçage et d’accompagnement du financement, en particulier du financement public. Par le biais d’une collecte de données conjointe réalisée entre les chercheurs impliqués et le partenaire-entreprise (HDFID), la recherche propose d’évaluer la pertinence informationnelle des signaux précoces de l’innovation, c’est-à-dire leur relation avec les montants engagés par les investisseurs Il s’agira d’explorer ce qui conditionne l’entrée dans le capital de différentes catégories d’investisseurs, dont le rôle déclencheur de l’aide publique dans l’obtention d’autres financements. Ce travail permettra de mieux comprendre la trajectoire des start-ups, notamment de prédire la performance appréciée en termes de croissance, de montant levé, et de survie. Le travail de co-construction des bases de données puis d’identification conjointe des signaux d’innovation entre l’équipe de recherche et HDFID permettra un transfert de compétences méthodologiques en matière d’analyse des données. Le transfert portera également sur le sens à donner aux nouveaux indicateurs d’innovation et à leur combinaison, ainsi qu’à certains indicateurs économiques et légaux selon le stade de développement de la start-up. Enfin, en ayant accès puis en combinant une grande variété d’investisseurs, alors que les données auxquelles ont accès les chercheurs sont généralement limitées à un seul investisseur, la recherche sera à même de faire progresser les connaissances théoriques sur la trajectoire de financement des start-ups. Le rôle des signaux d’innovation fera l’objet d’une attention particulière pour comprendre l’arrivée des multiples financeurs lors de la phase de lancement puis de croissance (ou non) de la start-up.

ANR

2022

EXCOMFAIR — Externalités, communs et équité

L’idée que les externalités et les biens communs génèrent des imperfections de marché est généralement associée à la perception du marché comme mécanisme central d'allocation des ressources, ces imperfections provenant de la périphérie du système économique et ne perturbant que l'efficacité de l'allocation. Pourtant, l'économie est profondément ancrée dans le jeu social et que les frontières planétaires délimitent le fonctionnement durable des sphères sociale et économique. De plus, les problèmes de distribution semblent impossibles à ignorer dans les politiques traitant de ces problèmes. Ce projet vise à développer un cadre conceptuel dans lequel les externalités et les communs sont au cœur de l'analyse, avec de nouveaux modèles dans lesquels les instruments de marché ne sont qu'un sous-ensemble d'outils pertinents, et dans lesquels les questions d'équité sont aussi centrales que les considérations d'efficacité. Trois domaines d'applications seront étudiés : 1) la santé publique, qui sera abordée à travers un modèle d'inégalités dans la pandémie et avec une nouvelle enquête sur les préférences des gens en matière de santé, de consommation et d'interactions sociales. 2) la politique climatique, pour laquelle la politique de second rang sous contraintes sur les transferts et sur la distribution des permis d'émission soulève des questions difficiles sur les prix différentiels du carbone, et ce projet cherchera également à introduire des communs supplémentaires tels que la biodiversité et la stabilité sociale dans les modèles d'évaluation utilisés pour l'analyse coûts-avantages des politiques d'atténuation. 3) la division optimale du travail entre l'action privée et les interventions publiques - un sujet urgent à l'heure où les interventions publiques sont contestées et insuffisantes, alors que de nombreux acteurs privés, notamment les entreprises et les investisseurs, lancent de multiples initiatives embrassant responsabilité sociale et environnementale.

ANR

2022

ARABIANCAIRNS — Une approche intégrée des tombes monumentales protohistoriques dans la péninsule arabique

ARABIANCAIRNS vise à analyser le phénomène mégalithique à large échelle des tombes à cairn, emblématiques de l’Arabie protohistorique (c. 5500-300 BCE). Considérées comme des marqueurs territoriaux, elles sont encore visibles actuellement par centaines de milliers sur un territoire immense. Elles apparaissent dans un contexte d'aridification climatique après l’Optimum Climatique Holocène et semblent reliées au développement d'économies de production (pastoralisme puis agriculture). En raison de la quasi-absence de sites d’habitat pour cette période, ces tombes constituent des archives essentielles pour comprendre les sociétés qui ont occupé l'Arabie pendant des millénaires, à des moments aussi cruciaux de leur évolution. Surtout, ces monuments témoignent d'une profonde reconfiguration socioculturelle car ils marquent le développement de réseaux économiques et culturels interrégionaux qui s'épanouiront par la suite en Arabie. Pourtant, le caractère morcelé des recherches menées jusqu’ici interdit une appréhension globale de ce phénomène tout comme la compréhension des interactions régionales. Basé sur un corpus important et bien distribué, sur l'acquisition de données nouvelles, et s'appuyant sur une solide expertise de ces monuments, ARABIANCAIRNS vise à reconstruire l'histoire de ces tombes monumentales et de leurs bâtisseurs par une approche intégrée, multiscalaire et interdisciplinaire combinant archéologie, anthropologie biologique, géochimie isotopique, paléoprotéomique, géoarchéologie et analyses spatiales. Nos objectifs sont (1) de caractériser les identités culturelles, les stratégies de subsistance, les modes de vie et les interconnexions des sociétés qui ont érigé ces tombes ; (2) définir un cadre chronologique fiable pour comprendre la diffusion temporelle de ce phénomène mégalithique ; (3) créer un SIG pour les nécropoles et les métadonnées associées dans toute la péninsule arabique en relation avec leur environnement et fournir un cadre géoarchéologique pour retracer les réseaux d'échanges.

ANR

2022

PCEHM — Pouvoir et culture écrite dans la Haute-Mésopotamie du 18e siècle av. J.-C.

La « révolution de l'écrit » qui caractérisa le début du IIe millénaire av. J.-C. en Mésopotamie s'est d'abord opérée dans le centre et le sud de l'Irak actuel. C'est seulement à la fin du 19e siècle av. J.-C. que l'on voit les nouvelles pratiques s'étendre en Haute-Mésopotamie, Irak du Nord et Syrie orientale, où des milliers de tablettes cunéiformes rédigées en langue akkadienne entre 1810 et 1725 av. J.-C. ont été découvertes depuis 1934 : près de 10000 textes des archives royales de Mari ont été publiés, ainsi que 2000 provenant d'autres sites comme Qa??ara, Terqa, Tuttul, ?ubat-Enlil ou ?u?arra. Ils témoignent du recours à l'écrit pour les besoins de l'administration et de la communication, la correspondance jouant un rôle essentiel dans l'information des rois et leur interaction avec leurs subordonnés et leurs pairs. Le questionnement qui sous-tend le projet PCEHM est triple : dans quelle mesure le pouvoir politique est-il à l'origine de cette révolution de l'écrit ? Inversement, en quoi ces innovations d'ordre culturel ont-elles modifié l'exercice du pouvoir ? Enfin, en quoi la documentation de la Haute-Mésopotamie diffère-t-elle de ce qui est connu pour le sud de l'Irak actuel ? Le projet s'organisera selon quatre axes. Il s'agira d'abord de publier des textes restés inédits. Depuis 85 ans, plus de la moitié des archives de Mari a été publiée mais il reste encore beaucoup à faire : outre les tablettes découvertes à Mari entre 1934 et 1939, on souhaite donner accès à celles issues des fouilles postérieures à 1945, ainsi que celles d'autres sites comme Chagar Bazar. La publication d'environ 2000 textes est programmée : leur édition sera entreprise en une dizaine de monographies imprimées comportant de substantiels commentaires ainsi que sous forme électronique avec photos dans la base de données Archibab. Il faut aussi faciliter l'accès aux textes déjà publiés, aujourd'hui disponibles de manière trop dispersée. Le projet PCEHM améliorera et complétera les outils informatiques existants. Il faut terminer l'intégration à la base Archibab des textes déjà publiés : leur réédition électronique profitera des progrès effectués depuis leur première édition et des collations, publiées ou inédites, ainsi que de l'exploitation des nombreuses photographies qui seront rendues publiques. Cela fait, de nombreuses recherches pourront être reprises, notamment celles portant sur la chronologie, les syllabaires, la prosopographie, et d'autres qui apparaîtront en chemin. Ainsi pourra être renouvelée l'étude des mécanismes par lesquels l'écrit acquit alors un statut nouveau. Trois synthèses y contribueront. L'une portera sur les pratiques archivistiques et comptables dans le palais de Mari, qui étudiera les modalités et raisons de la rédaction, de la conservation et de la consultation des textes administratifs et juridiques. La seconde analysera sur le temps long du IIe millénaire les processus de domination politique en Haute-Mésopotamie et la place de l'écrit dans ces constructions. La troisième portera sur l'écriture, le transport et la lecture des lettres au 18e siècle av. J.-C. On y analysera les mécanismes par lesquels la correspondance a acquis à cette époque un statut nouveau qui explique le rôle crucial qu'elle joua dès lors dans l'exercice du pouvoir en Haute-Mésopotamie. On souhaite enfin œuvrer à la dissémination des acquis de la recherche. Un carnet Hypothèse rendra compte des avancées du projet. Un nouveau site internet permettra, sous la forme d'un atlas interactif de la Haute-Mésopotamie, de présenter les lieux où des documents écrits ont été découverts, situant ceux-ci dans leur contexte archéologique et fournissant un accès à leur édition électronique. Les cours réguliers de la chaire “Civilisation mésopotamienne” et un colloque international au Collège de France seront consacrés aux thématiques et documentations exploitées par le projet et mis en ligne à l'usage d'un large public.

ANR

2022

ARP_Artotheque-Recherche-Patri — Les artothèques publiques françaises et leurs collections 1982-2022

La première artothèque publique a été inaugurée il y a une cinquantaine d’années en France. Plus d’un demi-siècle s’est écoulé, pourtant le déficit de reconnaissance de cet établissement culturel, de ses actions et de ses collections est tel que le mot « artothèque » suscite surtout des interrogations. Inégalement réparties sur le territoire, les artothèques sont expérimentées, comme les Maisons de la culture, dans les années 1960, avant d’être développées dans les années 1980, en même temps que les FRAC, par le ministère de la Culture afin de renforcer la politique de décentralisation et de démocratisation culturelle et permettre la rencontre du grand public avec la création contemporaine. L’ambition du ministère de la Culture est alors forte. Il encourage l’acquisition d’œuvres d’art contemporain originales, initialement des œuvres multiples, pour constituer une collection en vue de les prêter à des particuliers. L’artothèque est pour l’œuvre d’art ce que la bibliothèque est pour le livre. Que conservent les artothèques à l’échelle nationale ? Que connaissons-nous des œuvres acquises par ces établissements avec l’argent public ? Personne ne le sait. Cette absence conduit à n’avoir aucune vision globale de ces collections, et à en sous-estimer la qualité et la valeur. Ce constat d’un déficit de reconnaissance et de visibilité des artothèques et de leurs collections, alors que les commémorations autour de la politique culturelle des années 1980 ont débuté, a engagé l’équipe ARP à monter un projet sur les artothèques publiques françaises et leurs collections 1982-2022. Les objectifs sont de collecter pour la première fois à l’échelle nationale les informations relatives aux collections des artothèques publiques afin de développer et exploiter la première base de données sur les artothèques et de procéder à une étude historique inédite afin d’inscrire ces établissements et leurs collections dans l’histoire des institutions culturelles.

ANR

2022

MAYACOSTA — Échanges et transferts de biens de prestige entre l’aire maya et costaricienne entre AD 300 et AD 700.

Pendant la période classique (AD 250-950), les Mayas interagissaient avec de nombreuses cultures voisines, mais on connait peu leurs relations avec des sociétés plus éloignées. De nombreux miroirs et plaques de jade, associés aux élites mayas, ont ainsi été découverts au Costa Rica, distant de plus de 1000 km (AD 300-700). Dans la zone maya, des coquilles de Spondylus ont souvent été excavées de sépultures liées aux élites, mais sont absentes des rivages proches de cette zone et abondantes au Costa Rica. Ce projet propose de réunir archéologues, archéomètres, tracéologues et archéozoologues pour déterminer les zones d'origine de ces biens de prestige et comprendre la nature et les modalités des relations entre ces régions. Les données archéologiques des objets étudiés seront analysées afin de documenter leurs contextes et cadres chronologiques. L'étude de leur provenance impliquera l’analyse chimique des pierres et adhésifs par un ensemble de techniques spectroscopiques, chromatographiques, de datation et isotopiques. Les microtraces à la surface des pierres seront caractérisées par tracéologie afin de comprendre les techniques lapidaires et de déterminer si elles ont été importées ou travaillées localement. Des matériaux en Spondylus provenant de la zone Maya seront soumis à des analyses malacologiques et isotopiques afin de connaitre leur lieu de recollection. L'étude iconographique et épigraphique du corpus de plaques et de miroirs nous permettra de documenter leur origine, date et statut dans l'aire maya. Enfin, nous confronterons les données dans leurs contextes géographiques et chronologiques afin de comprendre les distributions, productions, réutilisations et fonctions de ces biens dans les deux régions. Ce projet nous permettra de repenser les anciennes distinctions entre ce que l'on appelle la Méso-Amérique et ce qui est souvent considéré comme une "zone intermédiaire" afin de définir les entités qui les composent de manière beaucoup plus dynamique.

ANR

2022

EpiGender — Influence des normes de genre sur les marqueurs épigénétiques de santé

La domination masculine est quasiment universelle : les femmes ont moins d’accès aux ressources, moins d’autonomie, moins de soutien social et reçoivent moins d’investissement parental que les hommes. Dans ce projet, nous allons évaluer l’influence de ces normes de genre sur la santé des individus. Il est souvent difficile de distinguer l’effet des normes de genre de celui d’autres variables avec lesquelles elles covarient. Ici, nous allons étudier 12 populations d’Asie présentant une variabilité d’organisations sociales, mais partageant le même environnement écologique, culturel et économique. L’organisation sociale est un bon proxy pour les normes de genre. Nous allons tester l’hypothèse que les femmes des populations patrilinéaires ont une moins bonne santé, en raison de normes de genre plus en faveur des hommes, que les femmes des populations matrilinéaires et/ou matrilocales. Pour cela, nous allons nous fonder sur des marqueurs épigénétiques de santé, et plus précisément des profils de méthylation capturant des variations d’inflammation et de rythme de vieillissement entre individus. Ce projet intègre également des données ethnographiques relatives aux normes de genre et niveau de stress psychosocial dans ces différentes populations, ainsi que des données de génotype haute densité. En utilisant ces données interdisciplinaires, nous allons tester trois hypothèses : i) les différences épigénétiques entre populations patrilinéaires et matrilinéaires/matrilocales sont plus importantes pour les femmes que pour les hommes ; ii) les profils épigénétiques spécifiques aux femmes des populations patrilinéaires ont des implications fonctionnelles en termes de stress, de vieillissement et d’inflammation ; iii) l’horloge épigénétique est plus rapide chez les femmes dans les populations patrilinéaires que matrilinéaires/matrilocales. Cette étude menée par des spécialistes en génétique des populations, épigénétique, bio-informatique et anthropologie sera la première à évaluer l’influence des normes de genre sur les marqueurs épigénétiques de santé.

ANR

2022

CAUSIMMI — La cause immigrée : territoires,militant.e.s et organisations dans la France des années 68 à nos jours

Le projet CAUSIMMI a pour objet l’espace des mobilisations de la cause immigrée des années 68 jusqu’à aujourd’hui. Il vise à étudier les mouvements collectifs, les organisations et les biographies des militants de cette cause, que nous définissons comme l’ensemble des mobilisations aspirant à l’égalité de droits et de traitement en France, entre nationaux et étrangers ou perçus comme tels, dans différents domaines : entrée et droit au séjour en France, logement, travail, santé, police et justice, ou encore traitement par l’administration et l’action publique. Le projet participera à la visibilisation de l’histoire politique de l’immigration. Il dépassera la tendance à la dispersion des monographies existantes, focalisées sur une mobilisation, une organisation, un courant ou une période de cette cause immigrée, pour mieux les articuler et les saisir de façon transversale. Dans ce champ manquant encore de balise, CAUSIMMI produira ainsi : une base de données monographique compilant ces organisations et indiquant pour chacune d’entre elles un bref descriptif de leurs caractéristiques?; ? des typologies de ces organisations ; des cartes précisant leurs localisations?; des organigrammes ; des chronologies. Par ailleurs, le projet CAUSIMMI, appréhendera la cause immigrée à partir de la trajectoire de ses acteurs, grâce à un corpus d’environ 500 parcours de vie de militant.e.s, nécessaires à la constitution d’un panel représentatif des différentes composantes de cette cause. Ces biographies combineront analyse des engagements, étude des trajectoires familiales et migratoires, de la formation, du statut socioprofessionnel, de l’appartenance religieuse, et bien sûr de l'activité politique, syndicale et associative en France et, le cas échéant, dans le pays d’origine. Il en sera tiré une étude sociobiographique. En réunissant l’ensemble de ces éléments sur un site internet, CAUSIMMI offrira une vision globale de cette cause et de ses évolutions dans le temps.

ANR

2022

VSEG — Violences sexuelles et enfance en guerre

Le projet VSEG s’intéresse aux enfants exposés à une violence sexuelle massive et stratégique dans les conflits armés récents, qu’ils en soient victimes directes ou auteurs, ou nés du viol. Pour lutter contre cette violence extrême, il ne peut y avoir ni paix ni réconciliation sans justice. La prise en charge des enfants doit être médicale, psychologique, socio-économique, et juridique. Or le droit international et la justice sont particulièrement lacunaires et/ou ineffectifs. Le phénomène d’impunité est massif. Le projet vise à en comprendre les ressorts, à analyser les failles du droit et de la justice internationale et proposer des avancées pour une meilleure prise en charge selon la méthode holistique chère à Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018.

ANR

2022

ASYMPTOPHYS — Limites, développements asymptotiques, et théorie des perturbations en physique

Ce projet de recherche en philosophie des sciences porte sur les limites en physique. Depuis plusieurs années, l'utilisation des ‘limites singulières’ en physique fait l’objet d’intenses discussions. Par exemple, alors que le nombre de molécules d'eau dans un verre est fini, nos théories physiques requièrent la fausse hypothèse que ce nombre tend vers l’infini pour expliquer certains phénomènes. Ces limites remettent également en question l'unité de la physique, en empêchant la réduction de théories physiques à des théories plus fondamentales. Afin d’offrir de nouvelles perspectives sur ces problèmes, nous adopterons le cadre conceptuel de la théorie des perturbations et des développements asymptotiques. Avec une équipe principalement composée de philosophes des sciences, de la physique et des mathématiques, je déploierai mes recherches selon trois axes consacrés aux modèles en physique, à la réduction de l’hydrodynamique, et l’approximation en physique.

ANR

2022

CallFront — Calligraphies aux frontières du monde islamique

Durant les périodes médiévale et moderne, l’usage de la calligraphie en caractères arabes s'est étendu à toutes les langues transcrites dans l’alphabet arabe et ses variantes, donnant naissance à une grande variété de styles, utilisés sur une multitude d’objets et d’architectures dans l’ensemble du monde islamique. Dans certains territoires éloignés de son berceau historique, et plus exactement de la ville de Bagdad où ont été définies les lois de la calligraphie en caractères arabes classique, les développements de la calligraphie se distinguent nettement du canon établi et semblent suivre leurs propres règles. Ces territoires correspondent à la péninsule ibérique, au Maghreb, à l'Afrique subsaharienne, à l'Anatolie, aux Balkans, à l'Inde, à l'Asie du Sud-Est et à la Chine. Ils sont désignés comme « frontières » du monde islamique, à la fois pour marquer leur distance physique avec le centre historique de la civilisation islamique et parce qu’ils correspondent à des zones de contacts très denses avec d'autres civilisations et d’autres systèmes linguistiques. Des études dispersées ont mis en avant quelques calligraphies apparues dans ces régions et qui s’y sont développées, ainsi que de fortes similitudes entre certaines d’entre elles. Cependant, la dispersion des corpus et l’absence de documentation textuelle ont, jusqu’à présent, freiné les recherches à plus large échelle. Pour comprendre et documenter la fabrication et les développements de la calligraphie en caractères arabes dans l’ensemble de ces régions, sur un temps long, le projet Calligraphies en caractères arabes aux frontières du monde islamique (CallFront), vise à rassembler les corpus et l’ensemble de la documentation textuelle et orale se rapportant à ces corpus. Il s’appuie sur un consortium réunissant les spécialistes de ces écritures des frontières. CallFront est bâti sur deux axes complémentaires. D’une part, le développement d’un corpus numérique, fondé sur une ontologie de la calligraphie adaptée à une grande variété de styles, permet de rendre accessible à tous les données de la recherche et de mettre en relation des ensembles très dispersés. La plateforme est développée avec le logiciel libre OMEKA et elle est hébergée par la TGIR Huma-Num, respectant les principes FAIR. D’autre part, afin de remédier à l’absence de sources conventionnelles (habituellement des traités de calligraphies, ou des mentions dans des textes littéraires ou administratifs), le deuxième axe de CallFront consiste en une étude approfondie de la praxis. Cette dernière repose sur une méthodologie expérimentale, construite en étroite collaboration avec une équipe de calligraphes professionnels, ainsi que des enquêtes de terrain auprès des calligraphes, de moins en moins nombreux, formés à ces écritures.

ANR

2022

SPHEROGRAPHIA — Des globes virtuels aux blancs des cartes. Une immersion cartographique dans la mise en récit des changements globaux

Les globes virtuels sont devenus en quelques années un support clé de visualisation des changements globaux, mobilisés tant par les sphères scientifiques que politiques et opérationnelles. Les prenant pour point d’entrée, SPHEROGRAPHIA propose de réfléchir en termes de justice spatiale à l’inégale géonumérisation du monde en articulant une double étude : d’une part, celle de la fabrique de ces globes, pour déconstruire les processus sociotechniques qui participent à la mise en récits cartographiques de l'anthropocène et révéler la disparité de leurs données ; d’autre part, celle des effets de ces dispositifs pour décrypter leur performativité tant sur les imaginaires que sur les engagements politiques de celles et ceux qui les mobilisent ou les alimentent. Il s’agit d’interroger ces images environnementales globales pour mettre en lumière leur part d’incertitudes et les « blancs des cartes » qu’elles manipulent explicitement ou implicitement. L’ambition est aussi d’étudier comment, à l’ère de la post-souveraineté cartographique, des coalitions transnationales s’opèrent pour tenter de rendre visibles des régions spécifiques sur ces globes. L’exemple du Bouclier des Guyanes servira d’étude de cas. Les défis scientifiques sont à la fois méthodologique (concevoir une méthode et un outil de visualisation des déserts de données), théorique (intégrer la dimension informationnelle aux travaux sur la justice spatiale et environnementale) et épistémologique (renouveler les approches critiques de la cartographie). L’originalité du projet est de se saisir d’un objet encore peu travaillé (les globes virtuels) pour aborder la problématique de l’équité informationnelle des territoires en combinant une approche plurielle (analyse spatiale, analyse de discours, géovisualisation, observation participante, création art/science) et multiscalaire associant géographie et géomatique mais aussi histoire, sémiotique, arts plastiques et numériques.

ANR

2022

SINEMOB — Inégalités spatiales, mobilités géographiques et sociales, et infrastructures de transport

Le projet étudiera la relation peu documentée entre mobilité géographique et mobilité sociale ainsi que leurs conséquences sur les inégalités spatiales. En particulier, il analysera les sources du tri spatial ainsi que le rôle des infrastructures de transport sur la mobilité géographique et sociale, pour deux pays aux organisations spatiales et politiques différentes, France et États-Unis, et pour deux périodes contrastées, le XIXe siècle et la seconde moitié du XXe siècle. L'équipe de chercheurs adoptera une approche pluridisciplinaire et s'appuiera sur des données historiques riches, localisées et originales, comme des informations sur l'évolution des vitesses des déplacements. Le projet se concentrera en particulier sur le rôle du développement des infrastructures de transport sur la croissance économique et démographique locale, la relocalisation des individus et des familles à travers l'espace, et l'accès aux opportunités (éducation et travail).

ANR

2022

SciOUTPOST — Aux avant-postes de la science : comparer les infrastructures scientifiques aux marges de la France d’Outre-mer

Depuis les années 1970, les sciences sociales ont analysé la science comme un ensemble de pratiques sociales historiquement et géographiquement situées, une approche qui a transformé notre vision de la production scientifique. SciOUTPOST met en lumière les lieux scientifiques aux marges des territoires d'outre-mer hérités de la conquête coloniale. Ce projet propose de théoriser le concept d'"avant-poste scientifique" et de le tester pour caractériser les lieux qui ne sont ni des centres de calcul ni des sites de terrain, qui sont permanents, éloignés, et relativement autonomes, et où les modes de vie temporaires entremêlent vie privée et vie professionnelle intensive, scientifiques et non-scientifiques. Enfin, ces pratiques excluent les éventuels savoirs locaux et produisent un savoir universel exclusif. Ce projet sera mené de manière interdisciplinaire, en croisant les approches des STS, de la sociologie politique, de l'anthropologie, de la géographie et de l'histoire. En outre, SciOUTPOST favorisera les échanges avec les spécialistes des sciences naturelles travaillant dans ces infrastructures. Chaque étude de cas sera réalisée par une combinaison de travail de terrain (observation in situ, histoires de vie, entretiens) et d'étude d'archives, toujours guidée par le cadre conceptuel partagé. Le concept d'avant-poste sera testé en étendant progressivement la comparaison, d'une première étape déjà explorée entre les centres de lancement spatiaux en Algérie, les observatoires volcanologiques en Martinique et les stations de biologie tropicale en Guyane, aux observatoires astronomiques, aux stations polaires (Arctique et Antarctique), aux îles des TAAF, aux stations météorologiques, aux stations archéologiques au Maghreb. La comparaison se fera également entre les périodes historiques, les zones géographiques, les disciplines, puis la " nationalité " de ces infrastructures au-delà des territoires français d'outre-mer qui restent le centre d'intérêt de SciOUTPOST.

ANR

2022

COPE — COnflicts and Politics in Ethiopia

Ce projet vise à étudier les liens entre la(les) guerre(s) actuelle(s) en Éthiopie et les processus de territorialisation, la formation de l'État et la construction des identités. Il innove en envisageant la guerre civile comme un processus territorial dans lequel les conflits politiques et militaires révèlent des structures socio-territoriales profondes, ancrées dans des trajectoires historiques et participant à reproduire la domination et à la formation de l'État. Il travaille sur des "matériaux de proximité de la guerre", documentant les dimensions socio-territoriales et scalaires de la guerre civile, que la plupart des travaux universitaire ont négligées. La méthodologie reposera principalement sur une démarche qualitative, en privilégiant la pratique du terrain et de l'observation à long terme. Le projet est structuré en quatre axes qui aborderont la dimension conflictuelle de la territorialisation et la politisation des conflits territoriaux ; les contestations liées à l'ethnicité et à l'identité dans un contexte ethno-fédéral (devenu violent) ; la relation dialectique entre les contestations politiques et les débats théoriques sur les formes de la territorialité de l’État et l'évolution de la globalisation de l’Éthiopie. Ce programme international et interdisciplinaire réunira des géographes, des sociologues, des historiens, des anthropologues et des politologues ayant une longue expérience du travail de terrain en Éthiopie, qu'ils soient éthiopiens ou non. Le projet sera accueilli par deux institutions structurant l'école française d'études éthiopiennes : le Centre français d'études éthiopiennes d'Addis-Abeba (CFEE) et l'Institut des Mondes Africains (IMAF) en France. Des post-doctorats seront ouverts pour des chercheurs français et éthiopiens, une formation doctorale sera lancée et les résultats seront partagés avec les organisations gouvernementales ou non qui préparent l'Éthiopie de l'après-guerre.

ANR

2022

CUMET — LE PATRIMOINE CULTUREL DES PERIPHERIES URBAINES

The proposed research aims at analyzing two parallel but concurrent phenomena: I) The increasing recognition of the interest for the cultural heritage located in the metropolitan peripheries of European cities by various stakeholders; II) The need for new developments (infrastructure, housing) in the periphery of European metropolises resulting to unprecedented densification pressures and extensive renewal of the existing urban fabric. The conjunction of these trends creates both opportunities and risks for the cultural heritage at the Metropolitan peripheries. Using innovative interdisciplinary methodologies, the project asks the following questions: How can we create value on the heritage of the urban peripheries, encouraging new development scenarios while protecting cultural heritage? What are the necessary mechanisms and tools to involve local societies in the policy making of cultural heritage at the urban peripheries? How can this heritage be used as a means of spatial justice and balance between the different areas of the metropolises? How can heritage in the peripheries play a role of the “cement” of metropolization? The project will have very direct local impacts through co-creation workshops held at key sites of peripheral urban heritage, designed to assist institutional and community stakeholders in imagining and interrogating innovative strategies for (re)developing heritage sites, feeding directly into local initiatives. The empirical and persuasive materials produced through the workshops will be designed with community participation to address the broader community, inviting and promoting “heritage savvy” citizens, willing and able to participate in the processes of both heritagization and metropolisation. In addition, we anticipate that the online observatory platform created through this project can act as an open resource for stakeholders in the many peripheral urban sites that face similar challenges and opportunities.

ANR

2022

LimSpaces_Ukraine — Vivre l'entre-deux: stratégies d'adaptation et horizons d'attente d'acteurs ordinaires en Ukraine et Moldavie

LimSpaces propose une lecture renouvellé des sociétés d’Ukraine et de Moldavie qui semblent s’être installées dans une instabilité politique et sociale durable aux portes mêmes de l'Union européenne. L’originalité du projet consiste à ne pas les considérer comme des versions périphériques du modèle européen mais à s’intéresser aux effets microsociaux de leur position "entre-deux", entre les sphères d’intervention occidentales et russes. Le projet prend ainsi le contre-pied d’une vision ordinaire qui fige ces sociétés dans des altérités culturelles et historiques ; il les analyse dans une perspective située et relationnelle, centrée sur les acteurs. Le projet a trois objectifs. Sur le plan empirique, il doit produire une lecture compréhensive de ces sociétés à partir de l’étude de stratégies quotidiennes dans les situations de haute incertitude en contextes « entre-deux ». Il veut éclairer les manières dont les acteurs orientent leur choix pour subvenir à leurs besoins, pour entreprendre, pour se former ou se projeter dans l’avenir, en dépit de l’instabilité des allégeances géopolitiques et des champs politiques. Sur le plan théorique, le projet mobilise le concept de liminalité pour approcher en termes dynamiques les concepts français d’« espace entre-deux » et allemand de « Zwischenraum ». La labilité de ce type d’espace permet d’enrichir les études microsociales du quotidien en les dégageant de leur présentisme et en les situant dans le mouvement permanent et créatif de réinterprétation de l’expérience et des attentes au fil des recompositions de l’espace politique. Sur le plan académique, il contribue à décloisonner les approches françaises et allemandes dans le champ des études centre-est européennes ; il permet de développer des réseaux transnationaux en vue d’un projet européen ; il assure une mission de formation à la recherche pour de jeunes chercheurs. La recherche repose sur une importante collecte de données qualitatives originales (entretiens, observations ethnographiques, études cartographiques) intégrant 3 équipes partenaires ayant une solide expérience de ces terrains. Elle repose sur des enquêtes conduites sur 12 sites, y compris dans les territoires séparatistes, en Transnistrie et aux frontières des républiques de Donetsk et de Lougansk. Le projet explore les imaginaires et les stratégies que différents types d’acteurs (simples habitants, commerçants sur les marchés, entrepreneurs, parents d’élèves, étudiants) emploient pour s’adapter (axe A) ou pour échapper (axe B) aux incertitudes d’une position liminale. L’axe C, transversal, organise la coordination et la valorisation de la recherche. Nous visons une meilleure compréhension des sociétés ukrainienne et moldave. C’est une condition nécessaire à l’ajustement des politiques européennes de voisinage et de gestion des migrations. Plus largement, nous voulons contribuer à pluraliser les pensées de l’Europe sur elle-même, sur ses habitants, sur son histoire et ses territoires.

ANR

2021

SpatialTreeP — Mobilité de la limite supérieure de la forêt subalpine dans les Pyrénées : pour une meilleure compréhension des interactions entre changement climatique, mutations anthropiques et effets de site

La limite supérieure de la forêt subalpine représente une discontinuité paysagère majeure, dont la dynamique spatiale est associée à de multiples enjeux scientifiques. A la fois marqueur de changements environnementaux, hotspot de biodiversité et facteur d’atténuation des aléas gravitaires et de l’érosion des sols, cet écotone constitue un objet d’étude particulièrement digne d’intérêt. Néanmoins, la richesse de cet objet se traduit par une certaine complexité que l’état actuel des connaissances ne permet pas encore d’appréhender parfaitement. La dynamique de l’écotone est en effet caractérisée par une forte hétérogénéité spatiale et une diversité de processus écologiques (régression, progression, densification sans progression, changements de forme, etc.). Cette hétérogénéité reflète le caractère multidimensionnel, complexe (intégrant des interactions) et multiscalaire des facteurs à l’œuvre. En se concentrant sur les Pyrénées, une chaîne de montagne géographiquement hétérogène et très anthropisée, ce projet vise à démêler ces structures complexes en privilégiant un cadre intégré, interdisciplinaire et spatialement explicite. La principale hypothèse de recherche consiste à supposer que les effets de site jouent un rôle modérateur primordial dans la relation entre le changement climatique et le changement de l’écotone, et sont à l’origine d’une hiérarchisation spatialement différenciée des déterminants de la dynamique écotonale, au-delà de la dichotomie classique confrontant facteurs anthropiques et climatiques à l’échelle régionale. L’originalité du projet tient d’une part de sa structure basée sur l’articulation des échelles géographiques. Le WP1 consiste en la constitution d’une base de données à l’échelle du massif sur l’évolution de la treeline et ses facteurs, largement basées sur la géomatique, à partir de fenêtres d’observations réparties tout le long de la treeline préalablement digitalisée par le biais de classifications automatiques d’images. Le WP2, articulant le régional et le local, procédera à l’analyse spatiale quantitative de cette base de données et permettra d’identifier 20 sites à fort intérêt scientifique. Ces 20 sites feront ensuite l’objet d’une analyse approfondie dans le WP3, permettant de collecter des données locales non discernables ou quantifiables à l’échelle régionale. Ces analyses locales viseront notamment à proposer une reconstruction des trajectoires anthropiques susceptibles d’avoir interféré avec la dynamique écotonale sur ces sites, ainsi qu’une série de mesures écologiques pour caractériser les habitats et leur rôle fonctionnel dans l’évolution de la treeline. L’autre point fort du projet relève du caractère multidisciplinaire du consortium, monté pour répondre précisément à ces objectifs. L’équipe comprend des jeunes chercheurs et d’autres plus confirmés, principalement en géographie humaine et physique, en histoire environnementale et en écologie. L’ensemble des résultats de ce projet (évolution de la treeline pyrénéenne et identification de ses facteurs à différentes échelles) sera disséminé en dehors du monde académique, notamment à travers une cartographie interactive en ligne. Cette dissémination et l’identification de sites à fort intérêt scientifique permettront de proposer des recommandations localement ciblées aux décideurs publics (parc nationaux et régionaux, ONF, collectivités territoriales) pour mieux gérer ces espaces de haute montagne à fort enjeu scientifique.

ANR

2021

EGOUT — Observations Géochimiques des Trajectoires Urbaines

Alimentation, santé, bien-être, niveau de stress… Comment obtenir des renseignements pertinents sur les caractéristiques et l'évolution des systèmes urbains ? Par les sondages, les recensements et… les égouts ! Inspirés par les derniers développements en information chimique extraite des eaux usées, appuyés par nos succès récents, nous développerons un observatoire objectif, réactif et intégré du quotidien des parisiens par le suivi d'indicateurs comparables ou supplétifs des métriques en usage en Sciences Humaines et Sociales. Les cartographies géochimiques seront confrontées à celles des inégalités socio-économiques. Les trajectoires socio-économiques seront retracées via l'évolution des indicateurs géochimiques. Des actions de recherche interventionnelle impliquant une co-construction et une interprétation partagée des résultats promouvront l'implication des citoyens, des pouvoirs publics et des opérateurs.

ANR

2021

BigGame — Environnements et gestion des grands herbivores par Néandertal dans les plaines de France septentrionale : recherches intégrées

Chassés, mangés, utilisés, les grands herbivores ont tenu une place centrale pour les chasseurs collecteurs nomades du Paléolithique européen. Depuis près de 200 000 ans, Néandertal vivait dans des environnements changeants et variés, s'adaptant à des conditions parfois extrêmes. Cette énorme adaptabilité des sociétés humaines est directement liée à la flexibilité éco-éthologique de leurs ressources essentielles : les animaux, notamment les grands et mégabivores - les "BigGame". Le projet BigGame vise à identifier la manière dont ces changements ont eu une incidence sur la faune consommée et utilisée par des sociétés de Néandertaliens «Super-Predateurs» dans les plaines du Nord de la France. Un vaste corpus archéologique et faunique atteste des changements écologiques marqués dans cette région, mais la plasticité de l'espèce et le détail des réponses humaines est largement inconnue. BigGame vise à enquêter sur les détails de ces processus, à courtes et à longues échelles de temps, à travers différentes spécialités des interfaces des sciences humaines et des géosciences, avec l'intention d'appliquer un corpus de méthodes à la pointe des dernières avancées en paléoanthropologie et archéologie préhistorique, où l'animal sera examiné dans les différents composantes de sa relation avec les chasseurs nomades Néandertaliens. Nous allons nous concentrer sur la période du MIS 7 au MIS 3 qui a vu plusieurs cycles glaciaires / interglaciaires et l'émergence, le développement et la disparition des cultures de Néandertal, au total 34 sites archéologiques et plus de 90 niveaux sédimentaires seront pris en compte dans notre ensemble de données. En initiant une transversalité entre les disciplines qui traitent des aspects matériels, des sociétés et des relations environnementales, le projet BigGame a l'intention de répondre à une zone vierge de toute approche systémique. BigGame est une occasion unique de réunir des travaux scientifiques récents et des technologies de pointe pour effectuer une enquête approfondie approfondie des relations humaines avec son environnement. Le projet vise à apporter de nouvelles lumières sur les détails des comportements des Néandertaliens durant la plupart de son expansion chronologique. BigGame sera la première étude à grande échelle, intégrative et systémique, englobant différents taxons d'animaux tout au long du développement et de la disparition d'une espèce humaine fossile. L'équipe BigGame est composée de 20 scientifiques de 11 laboratoires français, d'une entité privée et de 4 institutions internationales. Sur la base de collaborations de longue date, BigGame permettra aux collègues de différents partenaires institutionnels de renforcer les relations scientifiques tout en créant de nouvelles dynamiques de recherche. La composante de communication et de diffusion mettra en place de nouvelles collaborations et une formation aux étudiants. La communication et la diffusion des résultats concernent la communauté scientifique et le grand public.

ANR

2021

OSMOSE — Vers un réseau d'observation socio-sismologique multi-acteur pour la réduction du risque sismique en Haiti

Sur ces 50 dernières années, les séismes ont coûté 800 milliards de dollars — l’essentiel dans les pays développés — et 1.3 millions de vies humaines — l’essentiel dans les pays en développement. Face à ces chiffres, qui ne montrent pas de signe d’inflexion, la conscientisation face au risque continue d’appliquer l’approche classique où les connaissances détenues par les scientifiques sont traduites « vers le bas » pour le public et les décideurs. Une approche inverse, « ascendante », où les citoyens collectent et partagent des informations sur les séismes, pourrait-elle être un modèle alternatif ? Notre hypothèse de travail est qu’un mode de diffusion de la connaissance qui place le citoyen ou les communautés au cœur du dispositif de production et d’utilisation de l’information scientifique, peut améliorer la sensibilisation de la population et promouvoir des initiatives de protection. OSMOSE testera cette hypothèse par une expérience de sismologie participative interdisciplinaire en Haïti, pays qui fut le théâtre d'une catastrophe sismique majeure le 12 janvier 2010. OSMOSE s’appuie sur le projet pilote S2RHAI (CNRS/IRD, 2019-2021), qui utilise des stations sismologiques à faible coût et faible maintenance pour tester si l’implication du public peut améliorer la sensibilisation aux séismes tout en produisant des données utiles aux sismologues. Nous montrons que (1) ces sismomètres sont un excellent complément à un réseau sismique conventionnel, (2) une demande d’informations sur les séismes existe ainsi qu’une fierté de participer à une expérimentation scientifique, et (3) on peut utiliser ces instruments peu coûteux pour établir un dialogue avec les citoyens. Cependant, beaucoup de travail reste à faire pour déterminer les incitations et les barrières qui rendent ce système de suivi et d'information communautaire efficace et durable. L’objectif général d’OSMOSE est de déterminer les conditions permettant le développement durable d'un système de surveillance et d’information sismique qui responsabilise les parties prenantes en les associant à la chaîne de l’information. In fine, le réseau de surveillance n'est plus seulement un ensemble de sismomètres mais devient un réseau multi-acteurs gravitant autour de ces capteurs et des informations qu'ils fournissent. Les objectifs spécifiques d'OSMOSE sont de (1) produire des informations sismologiques scientifiquement validées avec des capteurs citoyens faible coût, (2) comprendre les perceptions, les représentations et les besoins dans le contexte socioculturel local, (3) définir une solution de production et de diffusion d’informations en accord avec les besoins des acteurs, et (4) promouvoir l’appropriation locale et la pérennité de ce système d’information multi-acteurs. OSMOSE atteindra ces objectifs par quatre lots de travaux interconnectés qui (1) amélioreront les informations sismiques en temps réel basées sur des sismomètres citoyens, (2) utiliseront une approche socio-anthropologique pour analyser les perceptions, les besoins et les motivations des hôtes des sismomètres et autres parties prenantes, (3) co-définiront avec les hôtes et les citoyens un système d'information sismique adapté à leurs besoins, et (4) communiquer et éduquer sur la base des résultats des lots de travaux précédents. À l’intersection des sciences sismologiques et sociales, OSMOSE fera progresser les recherches actuelles sur les sciences citoyennes qui visent à renforcer le lien entre l’environnement et la société, et entre les connaissances fondamentales et l'action opérationnelle. OSMOSE s’appuie sur (1) une collaboration long terme entre partenaires français et haïtiens, (2) les leçons tirées du projet S2RHAI, (3) un groupe multidisciplinaire travaillant déjà ensemble au sein de SRHAI, et (4) une connaissance intime du contexte local et des conditions de terrain.

ANR

2021

UrbASanté — Changements urbains, expositions environnementales, comportements et santé

L'état de santé résulte d'interrelations complexes entre comportements individuels et caractéristiques des contextes dans lesquels nous vivons. Le projet vise à explorer les effets d’un programme d’aménagement urbain à la fois sur l’exposition environnementale (qualité de l’air, bruit, transport, paysage alimentaire), les comportements de santé (alimentation, activité physique et sédentarité) et la santé. A partir d’une expérimentation locale in situ, nous recueillerons et analyserons des données individuelles et contextuelles pour évaluer les changements tout au long du réaménagement du canal Saint-Denis. Le projet s’appuie sur un consortium qui réunit des géographes, épidémiologistes, experts en physique de l'atmosphère, urbanistes et acteurs opérationnels permettant une approche interdisciplinaire. Les résultats aideront à définir les politiques de santé et d’aménagement.

ANR

2021

INTERRUPTIONS — Accidents, dysfonctionnements et temps-morts, les territoires extractifs autrement

INTERRUPTIONS interroge le rapport à l'environnement des sociétés primo-mécanisées dans des territoires sous contrainte extractiviste de l’Amérique du Sud, à travers l’étude des accidents, des pannes et des temps morts comme fabrique de paysages, de technicités et de sociétés. L’avancée des fronts extractifs sur les territoires autochtones en Amérique du Sud a été normalement comprise comme un mouvement linéaire d’intégration et de standardisation globale de populations et d’écosystèmes jusqu’alors périphériques et hétérogènes. Or ces territoires se caractérisent par une grande quantité d’accidents, frappante sur le terrain mais peu prise en compte par les administrations, qui ont lieu dans des contextes informels et parmi des populations souvent primo-mécanisées (femmes, enfants, amérindiens). De même, le fonctionnement des industries extractives dans ces contextes distants et mal régulés est fréquemment interrompu par des aléas sociaux (blocage de routes, grèves…) ou environnementaux (inondations, séismes, feux…) à l’origine de nombreux temps-morts quotidiens. Ces interruptions sont à la base de détournements, de réparations ou de contournements dont on peut faire l'hypothèse qu'ils façonnent ces territoires autant que ne le font les politiques publiques ou les actions des acteurs dominants. Les paysages extractifs de l’Amérique du Sud sont ainsi jalonnés d’accidents et de monuments mortuaires le long des routes, leurs quotidiens sont ponctués de temps-morts et d’attentes, et leurs paysages, marqués de cicatrices. Ces pannes et accidents, rarement étudiés, l’ont été partiellement du seul point de vue des politiques de sécurité et de prévention routière et du travail. INTERRUPTIONS étudie les accidents, dysfonctionnements et temps-morts en tant que fabrique d’espaces, de technicités et de société. Il aborde deux espaces sud-américains sous contrainte extractiviste, les Andes méridionales et le Grand Chaco, à travers trois axes de recherche: 1) Accidents, fabrique de paysages et de mémoires, étudie les traces documentaires, mémorielles, ethnographiques et matérielles des pannes et des accidents dans les territoires amérindiens en tant que ré-élaborations des rapports à la mort, au temps et à la nature 2) Technicités et affordances des dysfonctionnements, s’intéresse aux formes de réparation et d’entretien des engins mécaniques en marge des circuits formels, des affordances et des normes d’utilisation prévues. 3) La vie des temps, l’agentivité sociale des interruptions étudie ce que les interruptions et les temps morts font aux rapports sociaux, de genre, ethnique ou inter-générationnels, notamment dans le cadre de la pandémie du COVID-19. INTERRUPTIONS est porté par trois grands laboratoires (CREDA, Mondes Américains, PRODIG) qui partagent une implantation commune au Campus Condorcet et réunit une équipe jeune, paritaire, multidisciplinaire et internationale, avec une longue expérience des terrains sud-américains. Le projet envisage le recrutement de 3 post-docs et s’organise autour de 4 work-packages regroupant les différentes tâches de la recherche ethnographique, spatiale et historique qui nourriront la plateforme virtuelle INTERRUPTIONS, à la fois outil et résultat de ce projet. Il contient une stratégie d'attenuation des risques et de veille aux aspects éthiques et aux critères de genre. Outre l’impact scientifique attendu de cette recherche inédite, elle permettra de sensibiliser les administrations publiques sur l'identification et la prévention des accidents du travail et de la route dans les contextes amérindiens. Les principaux livrables de ce projet sont : i) Un séminaire permanent au Campus Condorcet; ii) la plateforme et musé virtuel INTERRUPTIONS Les territoires extractifs autrement; iii) trois journées d’études et un colloque final donnant lieu à trois dossiers thématiques et un ouvrage collectif; iv) dix articles collectifs dans des revues internationales; v) la présentation d’un projet relai H2020.

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2021

TRANSFood — Transitions alimentaires pour la santé et l’environnement

L’alimentation est un levier majeur de préservation de la santé et de l’environnement. Sans modifications rapides et drastiques des systèmes alimentaires, des modes de production aux modes de consommation, les limites environnementales assurant la pérennité des écosystèmes seront atteintes d’ici 2050 et l’incidence des maladies chroniques continuera à croître. Alors que la prise de conscience des parties prenantes semble aujourd’hui manifeste et que les régimes alimentaires durables sont bien caractérisés, les « solutions alimentaires » restent globales (non individualisées et les travaux prospectifs sont basés sur des scénarios. En effet, aucune étude n’a évalué quantitativement les évolutions récentes des comportements alimentaires et si celles-ci sont cohérentes avec une transition vers une alimentation plus durable, plus saine, plus accessible plus respectueuse de l’environnement. Il est urgent d’évaluer à l’aide d’une approche multicritère et transdisciplinaire les transitions alimentaires en cours, les caractéristiques individuelles associées et de mesurer leurs impacts sur la santé (court et long terme), l’environnement et en termes socio-économiques. Mieux comprendre ces aspects permettra de proposer des actions au regard des leviers et des barrières spécifiques des groupes de population. Le projet TRANSFood vise à répondre à ces différents enjeux en employant une approche systémique « du champ à l’assiette » (agriculture, accessibilité, consommation, etc.) à partir deux études épidémiologiques (l’une transversale, l’autre longitudinale), d’une étude expérimentale et d’un panel de consommateurs. Plus particulièrement, les objectifs spécifiques du projet TRANSFood englobent : 1) une étude des trajectoires des changements alimentaires sur une période de 8 ans (couvrant la crise du COVID-19 et ses conséquences) au niveau individuel (sur la base de données répétées issues d’un même échantillon) intégrant des spécificités des systèmes alimentaires (pratiques agricoles agroécologiques et conventionnelles). Les changements récents seront évalués sur une période de 8 ans dans la cohorte NutriNet-Santé afin de générer une typologie de changement sur laquelle des sous-groupes de la population française (INCA3) seront situés. 2) une évaluation fine des valeurs durables (économie, nutrition – adéquation aux besoins en nutriments- santé et environnement) des régimes alimentaires et de leurs changements ainsi que la caractérisation de leurs déterminants (socio-démographiques, socio-économiques, géographiques). Les implications environnementales et de santé de ces transitions seront évaluées au moyen de bases de données d’analyse de cycle de vie, d’un indicateur de biodiversité et d’un modèle de risque afin de quantifier les potentielles améliorations qui pourraient être attendues dans un futur proche 3) l’identification des obstacles et des leviers et la mesure de la propension individuelle réelle de changement. Une analyse précise des leviers et des barrières aux changements sera réalisée via l’administration de questionnaires sur la propension à échanger et via une expérimentation portant sur le consentement à payer. Les déterminants sociodémographiques (sexe, âge/génération, situation familiale), socioéconomiques (coût des régimes alimentaires, éducation, revenus etc.) et géographiques (accessibilité, approvisionnement) de ces trajectoires seront mises en lumière. 4) l’établissement de préconisations adaptées aux groupes de populations et aux trajectoires identifiées par la mise en œuvre de modèles multicritères basée sur de l'optimisation sous multiples contraintes (environnementales, nutritionnelles, de santé, économiques) qui permettront de proposer des régimes durables, en fonction des différentes caractéristiques, des barrières et leviers préalablement identifiés. Les résultats de ce projet seront largement diffusés dans le milieu académique mais aussi après des acteurs et en particulier les consommateurs.

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2021

TRANS-LOG — METROPOLES LOGISTIQUES EN TRANSITION – REGARDS CROISES BRUXELLES – PARIS – CASABLANCA – NOUAKCHOTT

Les circulations marchandes (livraisons des boutiques, des restaurants, des particuliers et des entreprises) alimentent la ville et sont si intégrées au fonctionnement urbain que la complexité de leur organisation est presque imperceptible. Elles sont souvent considérées comme sources de nuisances en participant à la congestion et la pollution urbaine. Pourtant, partout dans le monde, elles sont indispensables et en forte croissance. Dans ce contexte, la question de la logistique urbaine (organisation et distribution des flux marchands en ville) est un champ de recherche récent et internationalisé, au sein duquel les études sur les villes du Sud demeurent discrètes, alors que celles-ci sont confrontées à des problématiques similaires à celle des villes du Nord. En croisant nos analyses sur la logistique urbaine à Bruxelles, Paris, Casablanca et Nouakchott, nous souhaitons démontrer qu’une transition logistique, aux formes variées, est à l’œuvre à la fois dans les villes des Nords et des Suds. Analyser les villes des Suds aide à mieux cerner les transformations en cours à Paris et à Bruxelles, caractérisées par la multiplication des opportunités et des risques du développement d’une logistique fine en cœur de ville, sous-traitée à des artisans transporteurs, parfois précarisés. Inversement, le cas des villes du Nord met en évidence ce qui se joue actuellement dans de nombreux pays des Suds, soit la structuration des grands opérateurs à partir de hubs situés principalement en périphérie des villes. Dans ce paysage de la logistique urbaine en mutation, porter le regard simultanément sur des villes des Nords et des Suds permet de montrer qu’un mouvement général de transition est à l’œuvre. En entrant dans le concret de la logistique urbaine dans ces quatre pôles métropolitains, nous souhaitons souligner in fine les enjeux de durabilité sociale, économique et politique de l’explosion des flux marchands dans les grandes villes du monde. La méthode de travail du projet Trans-Log est hypothético-déductive et inductive : elle part d’hypothèses fortes (sur la dualisation de l’activité et l’amorce d’une transition logistique) et procédera en même temps de façon inductive à mesure de sa progression et des retours des quatre terrains étudiés. La méthode de travail est également multi-scalaire : depuis l’analyse du quartier commerçant, point de départ des travaux de terrain, aux liens macro-régionaux Nord-Sud (c’est-à-dire intégrés dans un espace transnational), en passant par l’articulation des circuits logistiques au sein de l’aire urbaine. Le projet s’articule autour de quatre tâches mêlant contextualisation spatiale et territoriale des enjeux logistiques et pratique des quatre terrains. Une action transversale de valorisation et diffusion hors du monde académique vient compléter ce dispositif.

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2021

ATTENTION — Generation de contre-arguments pour lutter contre la désinformation en ligne

La désinformation en ligne n'est pas un phénomène nouveau, mais elle a pris une ampleur sans précédent, notamment lors de la crise sanitaire du Covid-19. Les médias sociaux limitent la viralité de la désinformation principalement par la modération du contenu. Cependant, il ne suffit pas d'identifier et de signaler la désinformation pour la contrer. Le projet ATTENTION s'attaque à ce problème en concevant des moyens intelligents pour identifier la désinformation et générer des contre-arguments pour lutter contre sa diffusion. L'idée est d'éviter les effets indésirables de la modération du contenu, ex. surblocage, et d'intervenir dans la discussion en s'engageant auprès des personnes qui diffusent des informations incorrectes, par le biais d'arguments textuels ou numériques qui contredisent le faux contenu et l'empêchent de se propager. Une perspective multidisciplinaire est adoptée pour garantir que les solutions d'IA soient conformes aux défis éthiques et sociologiques.

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2021

BRPM — Rationalité Limitée dans les Marchés de Prédiction

Je suis Professeur des Universités à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. J'ai obtenu en 2009 un Ph.D en économie de l'Université du Minnesota. Je suis un théoricien des jeux appliqués intrigué par l'étude du comportement qui s'écarte de la rationalité parfaite. J'utilise donc des expériences en laboratoire et sur le terrain pour collecter des données, que j'analyse pour mieux comprendre la prise de décision économique. Au fil des ans, mes intérêts de recherche se sont étendus de l'analyse et de la modélisation du comportement dans les jeux répétés à celle des marchés de prédiction. Mes articles ont été publiés dans des revues prestigieuses telles que International Economic Review, and Games and Economic Behavior. Mon récent document de travail intitulé 'Information Aggregation Under Ambiguity: Theory and Experimental Evidence' avec Galanis et Kotronis a inspiré cette proposition de recherche. Le document est est révisé pour être soumis de nouveau à The Review of Economic Studies.

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2021

WRKCOV19 — Changement technologique dans l’ère du COVID-19: l'impact sur les conditions travail et la satisfaction au travail

Ce projet analyse comment les technologies numériques (TN) affectent les conditions de travail non pécuniaires (NP) et donc la satisfaction au travail et les choix professionnels de différents groupes sociodémographiques (femmes et immigrés). L'un des objectifs du projet est d'approfondir notre compréhension de la manière dont les TN affectent l'évolution conjointe des salaires et des conditions de travail. L'importance de ce problème a récemment été amplifiée par la crise du COVID-19, car des nombreux employeurs et travailleurs ont considérablement augmenté leur utilisation des TN afin de promouvoir le télétravail et de limiter le contact humain sur le lieu de travail. L'impact de cette réorganisation radicale sur les conditions de travail et le bien-être au travail est peu connu. L'impact des conditions de travail NP sur la satisfaction au travail, le bonheur, les perspectives de carrière et les relations employeur-employé a déjà été analysé par des économistes, des psychologues et des sociologues. Cependant, ces travaux ne prennent pas en compte la manière dont les TN affectent l’évolution de ces relations. En exploitant des bases de données très larges, représentatives de la population de chaque pays et contenant des informations personnelles et locales très riches, nous pourrons identifier avec précision l'effet de la diffusion des TN sur les conditions de travail ainsi que son impact sur la relation entre les conditions de travail NP et les salaires, sur la satisfaction au travail et sur le choix de profession. Le projet est structuré autour de quatre axes de recherche. Le premier définit les indicateurs des conditions de travail NP. Il étudie la relation entre le degré de numérisation et l'évolution des conditions de travail au cours des dernières décennies, notamment suite à la pandémie de la COVID-19. Il analyse également si les TN ont modifié la manière dont les travailleurs et les entreprises arbitrent entre les salaires et les conditions de travail. Le deuxième axe de recherche analyse comment les conditions de travail NP affectent la satisfaction au travail et si les TN ont affecté la relation entre les deux. Cet axe de recherche étudie également les effets de la récente pandémie sur la satisfaction au travail. Le troisième axe de recherche analyse l'influence des TN sur les choix professionnels des femmes par rapport aux hommes à travers de l'impact des TN sur les conditions de travail NP. De plus, la pandémie de la COVID-19 est susceptible d'avoir modifié la relation entre les TN et les conditions de travail NP, ce qui a probablement influencé les choix professionnels des hommes et des femmes. Le quatrième axe de recherche examine si la diffusion des TN affecte différemment la relation entre les salaires et les indicateurs des conditions de travail NP pour les immigrants et les natifs. Il analyse également les différences dans le choix professionnel des natifs et des immigrés avant et après la pandémie en reliant leurs choix professionnels à un indicateur de probabilité de télétravail ainsi qu'à des indicateurs de conditions de travail NP.

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2021

ANTHRAME — Les pouvoirs de l'âme. Anthropologie de l'expérience (XIV-XVI)

ANTHRAME propose un projet de recherche fondamental sur l’anthropologie des XIV-XVIe siècles en Italie qui fait cruellement défaut. Or, bien que l’anthropologie comme science ne soit constituée qu’à partir du XVIIIe siècle, nous utilisons ce terme pour désigner l’interrogation sur la nature et les fonctions de l’être humain, considéré comme l’objet et la finalité de ses orientations dans son expérience mondaine. Le terme d’expérience est sciemment assumé car il nous permet de nous situer dans l’historiographie actuelle, tout en soulignant notre originalité. En effet, notre hypothèse de recherche est la suivante : la conception de la nature de l’être humain dans la culture italienne entre le XIVe et le XVIe siècles connait des acceptions inédites de l’ « être soi-même », lesquelles ne peuvent être réduites ni à la « personne » médiévale, en tant que substance individuelle et rationnelle, ni à la « conscience » de l’Age classique. Notre méthode est la suivante : nous analysons les pouvoirs des sens internes de l’âme, à savoir l’imagination et la mémoire. Notre perspective renverse ainsi la tendance historiographique qui privilégie l’étude de l’intellection. En revanche, nous voudrions, d’une part, analyser tout ce que la saisie de l'intellect laisse en dehors de sa prise conceptuelle, comme le rêve ou le souvenir involontaire ; d’autre part, étudier les nouvelles disciplines, comme l’histoire ou la poétique, lesquelles reconnaissent dans la mémoire et l’imagination leurs propres principes. C'est pourquoi la notion d'expérience s'impose. L'être humain ne se définit plus par sa seule excellence cognitive. A cet égard, nous avons déterminé quatre ordres de questions qui dirigeront le programme scientifique de notre projet et en justifient la décomposition en quatre tâches conséquentes et progressives. Celles-ci peuvent être résumés comme suit : i. Quelles sont les puissances des sens internes (imagination et mémoire) ? ii. Quelles sont les nouvelles modalités d’expérience et les principes de nouveaux savoirs propres aux sens internes ? iii. Comment peut-on penser à l’époque l’expérience d’être soi-même en tant qu’être humain ? iv. Comment les manifestations de ce qu’on appelle personality desorder sont-elles aperçues, notamment les maladies mentales et les troubles de l’identité sexuelle ?. Ces questions (qui peuvent être également exprimées comme « thèmes » de recherche) ont été établies parce qu’elles permettent de prendre toute la mesure du pouvoir disruptif et alternatif des « sens internes », imagination et mémoire, sans en réduire la portée à l’effet perturbateur à l’égard de l’intellection.

ANR

2021

EUROFA — Europe et fascisme italien : transnationalisme, circulations et réseaux (1922-1943)

L'historiographie du fascisme italien est en plein renouvellement. Les débats nombreux qui portent sur des éléments qui ne suscitent pas encore un plein consensus (la difficile définition du phénomène fasciste, les liens entre fascisme et totalitarisme, la question des liens entre fascisme,racisme et antisémitisme)ont laissé dans l’ombre des aspects importants. Parmi les champs à explorer, figure celui de l’architecture européenne du fascisme italien. Il ne s’agit pas de la question, déjà abordée, de l’imprégnation et de la « contagion » du fascisme en Europe par des mouvements qui cherchaient plus ou moins à l’imiter ou s’en inspirer. Mais bien de l’articulation et de la présence du fascisme italien à travers l’Europe, par le biais de relais traditionnels. L'objectif est triple: cerner les réseaux fascistes en Europe,analyser les liens entre Italiens immigrés et fascisme, redécouvrir la conception fasciste de l'Europe. Cela dans une dimension éminemment transnationale.

ANR

2021

NilesEarth — Conservation et mise en valeur de l'architecture de terre des sites archéologiques de la vallée du Nil

Depuis la naissance de l'égyptologie au XIXe siècle, puis de la soudanologie, l'intérêt des spécialistes travaillant sur les sociétés anciennes de la vallée du Nil s'est principalement porté sur les édifices en pierre, tandis que les constructions en terre n'ont été étudiées que dans leurs manifestations les plus monumentales (murs d'enceinte) ou complexes (voûtes et dômes). Ainsi, les efforts de conservation menés jusqu’à présent, ont aussi été presque exclusivement réservés à ces architectures en pierre. Pourtant, la terre a été le principal matériau de construction en Égypte et au Soudan dès les plus hautes époques et jusqu’à l’époque contemporaine et, en tant que tel, il fait l’objet d’un important regain d’intérêt depuis plusieurs années. De surcroît, les autorités égyptiennes et soudanaises exigent de plus en plus d’actions spécifiques pour préserver et présenter au public cette facette importante de leur patrimoine culturel. Ce constat a donné lieu à de premières tentatives de conservation. Cependant, ces travaux de consolidation, parfois liés à des propositions de reconstruction partielles, sont souvent discutables tant en termes de durabilité que d'authenticité. Les problèmes rencontrés sont multiples. Tout d'abord, lors des fouilles, pour la bonne identification des structures et la caractérisation des matériaux et des techniques de construction. Puis après la fouille, pour la préservation des vestiges mis à jour et qui restent souvent exposés. Enfin, pour assurer la visibilité et la bonne compréhension de leur nature et de leur valeur historique. L'objectif du projet Nile’s Earth est de définir des solutions pertinentes pour répondre à la demande croissante d'une meilleure conservation et valorisation des architectures de terre des sites archéologiques de la vallée du Nil. Pour ce faire, il proposera des compléments d’intervention, pendant et juste après la fouille et, à plus long terme, des actions spécifiques pour la conservation et la présentation au public. Ces solutions impliquent de nouvelles méthodologies et pratiques à expérimenter et à développer : identification et caractérisation; protocoles d'enquête sur l'état des sites; techniques de restauration; conservation préventive pendant les fouilles; entretien régulier et modalités de planification et de gestion des sites. Le projet rassemble des spécialistes de disciplines complémentaires : Égyptologues, architectes, archéologues, archéobotanistes, géomorphologues, conservateurs et physiciens. Le projet exploitera le potentiel des connaissances fournies par les études architecturales et l’archéologie, combinées à des études géomorphologiques, des analyses géotechniques, archéométriques et archéobotaniques effectuées sur des échantillons de terres et de briques provenant de plusieurs sites en Égypte et au Soudan. Ces derniers sont bien répartis sur le territoire étudié et représentatifs de ses divers environnements (désert, vallée, marges de l'Égypte, côte méditerranéenne). Cette approche pluridisciplinaire permettra d'obtenir une connaissance précise de la variété des matériaux et des différentes techniques de construction utilisées. L'étude d’expériences de conservation récentes qui a conduit au projet sera approfondie grâce à des missions sur le terrain et à des tests in situ. Les résultats des recherches récentes sur la conservation de l'architecture en terre menées sur des sites archéologiques dans la péninsule arabique, en Iran et en Asie centrale seront également utilisées par le projet. Une conférence internationale sera organisée à mi-parcours (2023). L'ambition ultime est de publier une synthèse des résultats scientifiques du projet qui restera longtemps une référence dans le domaine. Celle-ci comprendra deux volumes, l'un sur les techniques de construction et l'architecture en terre, et l'autre sur l'approche méthodologique et les techniques de conservation à long terme de ce patrimoine exceptionnel.

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2021

PatriMaths — Patrimoines et patrimonialisations des mathématiques (XVIIIe-XXe)

Ce projet étudie, du point de vue historique, les processus de patrimonialisation dont les mathématiques ont fait l’objet, du XVIIIe au XXe siècle, via des supports imprimés rassemblant ce qu'il vaut la peine de conserver des savoirs mathématiques (encyclopédies, dictionnaires spécialisés ou généralistes, œuvres complètes de mathématiciens, collections de traités et de manuels) ou destinés à rassembler et répertorier une partie des savoirs déjà produits (bibliothèques, répertoires bibliographiques). En étudiant ces processus dans le temps long et dans une perspective d’histoire sociale et culturelle mobilisant les échelles locales, nationales et internationales, il vise à comprendre ce qui fait patrimoine en mathématiques à une époque et pour une communauté données, comment il est fait patrimoine par sélection, appropriation, adaptation des savoirs et des pratiques, et comment on mobilise un patrimoine pour pratiquer les mathématiques, pour construire l’identité d’un groupe ou pour légitimer la discipline. La période étudiée (du XVIIIe au XXe siècle) et la large échelle géographique (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Italie) permet d’inscrire ce processus dans la longue durée et de prendre en compte la diversité des logiques sociales qui président à la constitution de patrimoines mathématiques (milieux professionnels, enseignement, grand public). Le projet s'appuie sur une réflexion sur les humanités numériques, comme outil de patrimonialisation mais aussi comme outil de recherche pour les travaux en SHS et comme outil de communication permettant à un large public d’avoir accès à une partie de plus en plus importante du patrimoine culturel et scientifique. La création et l’animation d’une plateforme numérique permet ici de tirer parti de ces possibilités, mais aussi de faire revivre et de faire connaître à un large public, notamment enseignant, des pans méconnus du patrimoine mathématique, Le projet aborde la patrimonialisation des mathématiques suivant trois problématiques complémentaires, dans lesquelles se conjuguent analyses quantitatives et approches par cas: - Dynamiques patrimoniales et communautés: Le projet vise à identifier et à répertorier, notamment au moyen d’une base de connaissances bibliographiques et biographiques, des ensembles patrimoniaux variés selon les époques et les espaces géographiques et/ou socio-professionnels. Il s’appuis pour cela sur une des dictionnaires et encyclopédies spécifiquement dédiées aux mathématiques ainsi que l'insertion des mathématiques dans des publications de ce type destinées à des communautés spécifiques (ingénieurs, artisans, femmes, etc.) ou à un large public, en France comme à l'étranger, - Patrimonialisation par sélection et accumulation: supports, lieux et acteurs Le projet propose également d'écrire une histoire par en bas des formes de patrimonialisation des mathématiques, visant à restituer les interactions des logiques individuelles, collectives et institutionnelles, pour comprendre les processus de constitution de patrimoines (sélection, contraintes, classement, inventaires), les enjeux de ces initiatives (préservation, transmission, délimitation de domaines) et leurs usages (apprentissage, construction de nouveaux savoirs, mémoire). - Légitimation patrimoniale et mémoire des mathématiques. En s’appuyant sur une étude fine des trajectoires patrimoniales de savoirs mathématiques particuliers, le projet permettra de mettre au jour les modes de légitimation de ce qui constitue, dans un espace social donné, de « bons » savoirs et de « bonnes » pratiques, les réactualisations par l'usage que cette légitimation permet et les formes d'oubli qu'elle induit. L'examen des postérités des acteurs et actrices des mathématiques conduira à interroger les processus de construction de généalogies et de filiations, et le rôle des « figures mathématiciennes » dans la construction de valeurs et identités associées aux mathématiques.

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2021

ConSent — Consentement, éthique sexuelle et sensibilités érotiques

Le consentement sexuel est au cœur du débat public contemporain, et fait l’objet de nombreuses controverses médiatisées : violences sexuelles avec le mouvement #MeToo, non-consentement du mineur, sexualité conjugale, éducation sexuelle, mais aussi lecture et interprétation des violences sexuelles dans les mises en scène fictionnelles. Nous proposons ici une approche inédite du consentement sexuel dans le cadre d’une étude interdisciplinaire des sensibilités, mobilisant les humanités (philosophie, linguistique, histoire, littérature), les sciences sociales et le droit. Plutôt que de mobiliser une réflexion abstraite de type politico-juridique sur les énoncés normatifs, nous développons une théorie de la normativité « par le bas » à travers l’analyse historicisée des formes d’expression et des évaluations que les acteurs sociaux produisent en contexte sur les interactions sexuelles. Cette approche nous semble seule à même de déterminer la place effective du consentement parmi les critères qui départagent les relations sexuelles acceptables de celles qui ne le sont pas. Nous visons ainsi à déplacer les lieux des controverses théoriques et publiques contemporaines sur le consentement sexuel, et à produire une expertise et des outils mobilisables dans les domaines du droit civil et pénal, de l’éducation et de la pédagogie en contexte d’enseignement public. Nous éprouverons précisément l’hypothèse selon laquelle le consentement sexuel relève d’une forme de normativité qui ne peut être formulée dans les termes et les concepts du contractualisme moderne. Ce qui implique trois déplacements majeurs : (1) Se défaire d’une ambition théorique d’emblée normative et de la critique politique directe du contractualisme, déjà amplement développée, au profit d’une perspective d’abord descriptive : comment l’attente, voire l’exigence, du consentement se manifeste-t-elle dans les interactions érotiques, et dans les évaluations ordinaires, non codifiées dans des procédures explicites, que nous faisons de ces pratiques ? (2) Réinscrire la question du consentement sexuel et de l’éthique sexuelle dont elle est un élément dans une temporalité plus longue que celle des théories politiques du pacte social, afin d’en éclairer les spécificités. (3) De là, ré-envisager les questions normatives : comprendre les difficultés qui se posent lors de la formalisation des exigences du consentement sous la forme d’énoncés définissant des critères abstraits à valeur universelle, alors que l’éthique sexuelle est incarnée (et donc toujours contextuelle). Ce qui engage des visées pratiques du côté tant de l’éthique appliquée que de l’éducation et de la justice civile et pénale. Le projet est dès lors structuré en trois grands chantiers de recherche. I. Le langage du consentement sexuel : il s'agit de déterminer la place et la fonction occupée par le consentement dans les interactions érotiques et les exigences éthiques ordinaires en se fondant sur l’analyse du langage, par la philosophie des actes de langage, la linguistique et les études littéraires. II. Histoire du consentement érotique : poser les jalons d’une nouvelle histoire du consentement sur le temps long des cultures et des sociétés européennes, à partir de l'histoire de la manière dont l’accord érotique des partenaires est devenu une valeur centrale du rapport moral aux usages sexuels du corps, déterminant des normes sexuelles spécifiques, et de celle dont le consentement a été érigé en condition nécessaire de cet accord. III. Les règles du consentement sexuel : identifier les difficultés qui se posent lorsqu’on cherche à énoncer une règle d’usage de la règle implicite, c'est à dire à passer du niveau informel des règles de l’accord à la formalisation des critères du consentement pour encadrer les échecs de l’accommodement sexuel, en particulier la violence sexuelle, de façon à proposer des pistes de résolution dans les domaines de l’éthique, de l’éducation et du droit.

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2021

TiMMA — Le Bois dans l'Architecture Minoenne et Mycénienne

Les usages du bois dans l’architecture minoenne et mycénienne sont connus depuis fort longtemps ; ils ont été ponctuellement mentionnés dans les ouvrages d’architecture consacrés à la période, dans les publications archéologiques et dans les rapports de fouilles, mais n’ont jamais été étudiés pour eux-mêmes. Ils n’ont pas non plus fait l’objet d’une approche comparative. Le projet TiMMA propose de combler cette lacune. L’objectif est de rassembler dans une base de données interactive toutes les données actuelles sur la présence du bois dans le bâti de l’architecture de l’âge du Bronze égéen (Grèce et Crète) en concentrant l’étude sur une série de sites choisis (Pylos, Mycènes et Tirynthe, mais aussi Malia, Phaïstos, Zakros et Knossos, ainsi qu'Akrotiri sur l'île de Théra). Afin de reconstituer autant que possible l’approvisionnement en bois, nous compilerons aussi les données archéo environnementales de ces sites, ainsi que les résultats des recherches palynologiques pour approcher au mieux la couverture forestière des environs et les arbres disponibles. Ce travail rendra possible l’évaluation du rôle structurel du bois (système porteur, renforcement, fonction parasismique ou non du dispositif), grâce à des calculs de structures et des restitutions 3D, renforcés par le recours à l'archéologie expérimentale sur quelques bâtiments choisis parmi les sites sélectionnés pour leur exemplarité et les données collectées.Il sera possible d'évaluer le recours au bois, de distinguer les emprunts et les spécificités de chaque architecture et de progresser dans la compréhension des rapports entre Minoens et Mycéniens. Le projet TiMMA concerne donc autant l'histoire du bâti, l'histoire des techniques et de l'architecture que l'histoire culturelle. Les techniques et les usages du bois, notamment dans l'architecture minoenne néopalatiale offrent aussi matière à réflexion en ce qui concerne les nouveaux usages de ce matériau dans l'éco construction actuelle et notamment le recours aux techniques traditionnelles.

ANR

2021

VHS — Vision artificielle et analyse Historique de la circulation de l'illustration Scientifique

Le projet VHS propose une approche nouvelle pour l’étude historique de la circulation des savoirs scientifiques fondée sur de nouvelles méthodes d’analyse de l’illustration. Grâce aux derniers développements de l’IA et de la vision artificielle, l’objectif est de concevoir un instrument d’analyse inédit fondé sur l’étude des modalités d’évolution et de transformation des images dans des corpus scientifiques illustrés du Moyen-Âge et de la période moderne. Nous développerons pour ce faire des méthodes d’apprentissage non ou faiblement supervisées permettant d’effectuer des recherches automatiques d’envergure adaptées à ces corpus, fondées sur la détection de similarités iconographiques (entre les images, afin de repérer les processus de copie et d’emprunt notamment) et textuelles (entre les images et les légendes ou les textes associés, pour repérer par exemple des images différentes décrivant des contenus textuels similaires). Ces méthodes fourniront aux historiens de nouvelles associations d’illustrations et relations possibles (intericoniques et/ou intertextuelles) dont l’analyse apportera de nouvelles réponses sur plusieurs questions essentielles des études sur les modalités de circulation des savoirs scientifiques illustrés, à commencer par la place et le rôle de l’image dans la transmission de ces savoirs. Le projet associe pour ce faire trois partenaires reconnus (l’équipe Humanités numériques de l’Institut des Sciences du Calcul et des Données de Sorbonne Université ; l’équipe Monde Byzantin du laboratoire Orient & Méditerranée (UMR 8167) ; l’équipe Imagine du Laboratoire d'Informatique Gaspard Monge de l’École des Ponts ParisTech (ENPC)) qui rassemblent des spécialistes de l’histoire des sciences, de l’illustration scientifique, de la vision artificielle et de l’apprentissage profond. L’équipe VHS est animée par une démarche fortement interdisciplinaire qui se structurera sur les quatre ans du projet autour notamment d’ateliers internes réguliers, permettant de croiser les compétences, les approches et d’organiser le travail, et d’un séminaire public mensuel dédié aux études sur la circulation de l’illustration scientifique. Le travail sera conduit sur quatre corpus illustrés, deux corpus manuscrits médiévaux et deux corpus imprimés de l'époque moderne, couvrant trois domaines de savoirs, l’histoire naturelle, les mathématiques, la pharmacologie. Ces corpus seront indexés et leurs illustrations automatiquement extraites dans une base de données IIIF dotée d’une interface de consultation et d’annotation dont la mise en place constituera la première phase du projet. Le consortium travaillera ensuite parallèlement au développement des méthodes de détection de similarités, à l’analyse conjointe des tests effectués, ainsi qu’à l’étude historique des résultats obtenus et aux enjeux méthodologiques associés. L’approche adoptée, mêlant étroitement sciences humaines et sciences des données, inscrit résolument le projet dans le domaine des humanités numériques, où VHS apportera un résultat concret et important à destination des historiens des sciences, des techniques, de l’art et de la communauté des visual studies : la mise à disposition de ses méthodes sous la forme d’une API IIIF, conçue comme un environnement de recherche pour l’analyse de la circulation du savoir scientifique par le biais de l’image. Ces méthodes constitueront aussi des apports originaux dans le domaine de l’IA, sur plusieurs problèmes importants, tels que l’apprentissage faiblement supervisé sur des représentations fines d’images incluant des données textuelles faiblement alignées. Les résultats seront diffusés académiquement (publications, conférences, préparation d’un ouvrage collectif) dans toutes les disciplines impliquées. Ils seront aussi pédagogiquement valorisés grâce à la mise au point de matériaux éducatifs pour les enseignants du primaire et du secondaire, ainsi que la mise en place d’une UE de Master en humanités numériques.

ANR

2021

EN-MIG — Enfants en décolonisation : migrations contraintes et construction individuelle (France – 1945-1980)

Le projet EN-MIG porte sur les migrations contraintes impliquant des enfants des différentes parties de l’empire colonial français en décomposition, en premier lieu l’Indochine, l’Algérie, Madagascar, mais aussi l’Afrique et des territoires ayant connu une décolonisation sans indépendance (départements d’outre-mer par exemple). Le projet tient compte de la très grande diversité de ces migrations : des enfants sont déplacés en famille, avec leurs parents, ou sans eux mais en adelphie, ou encore isolés et non accompagnés. La contrainte a pu être exercée par l’État français et/ou par d’autres acteurs agissant peu ou prou avec son soutien. Des groupes d’enfants sont pris en charge par des organisations ; des enfants sont accueillis dans des centres ad hoc ou dans des établissements préexistants ; ou encore placés dans des familles d’accueil métropolitaines, voire adoptés. EN-MIG vise à comprendre les ressorts individuels de l’intégration dans la société d’accueil chez des enfants et des jeunes soumis à un déplacement en contexte de crise. En ce sens, il interroge historiquement les effets des biopolitiques postcoloniales sur la construction personnelle des enfants en mobilité. Les différents types de migrations d’enfants sont interrogés la fois comme source de vulnérabilité et comme support de construction de leur autonomie afin de saisir comment les enfants et adolescents naviguent entre contraintes et opportunités. En s’appuyant sur des travaux préparatoires lancés par les trois UMR partenaires (TEMOS, ISP, IMAf), l’hypothèse qui sous-tend cette recherche est que la construction individuelle des enfants victimes de déplacements contraints résulte d’une articulation entre la relation au cadre et à l’environnement (politiques de racisation, organisation de la prise en charge, lieu et type d’hébergement...), la relation aux autres (familles, parents, frères et sœurs, éducateurs.trices religieux ou laïcs...) et les processus d’identification (race, genre, pays d’origine, climat et nourriture, langue et culture, changements de prénoms, famille restée au pays...). Trois axes de recherche seront déployés : 1 - la dimension postcoloniale des déplacements d’enfants métis ; 2 - La relation familiale à l’épreuve des mobilités contraintes de la décolonisation ; 3 - L’intégration des enfants déplacés : (re)composition des trajectoires au regard de l’âge et du genre. Une thématique transversale portera sur les changements de prénom (renomination) en tant que processus de construction subjective des enfants déplacés. EN-MIG se situe ainsi au croisement de plusieurs champs de recherche qui ont été séparément déjà bien travaillés (jeunesse et construction des empires, enfances en guerre, migrations) mais dont l’intersection souffre d’un manque de travaux. Le choix méthodologique principal d’EN-MIG est de proposer une histoire s’appuyant sur les archives disponibles, ainsi que les récits que les personnes concernées ont produit en avançant en âge. Il s’agit de faire une histoire à hauteur des principaux protagonistes. Pour ce faire une grande importance sera accordée à leurs voix, à leurs paroles, qu’elles soient exprimées dans l’enfance ou différées à l’âge adulte. Cette priorité implique des interactions entre les chercheur.e.s et les acteurs/témoins dans une démarche de type collaboratif : entretiens, observation participante, atelier d’écritures croisées, photographies. En effet, les personnes concernées ont de fortes attentes en connaissances historiques afin de pouvoir apprécier le sort qu’elles ont subi. En replaçant leurs parcours personnels dans le contexte historique le projet leur permettra de mieux comprendre leur propre histoire. Outre des productions académiques, les résultats de la recherche seront valorisés via différents supports (productions vidéo, exposition virtuelle, séances pédagogiques…). EN-MIG viendra ainsi enrichir et approfondir la réflexion sur les questions actuelles des migrations d’enfants, accompagnés ou non.

ANR

2021

RIMA — Inégalités, radicalités et citoyennetés féminines: religiosités islamiques concurrentielles, Maghreb/Afrique de l'ouest islamisée

Porté par l’IMAF (UMR 8171/243) avec 3 partenaires scientifiques (Chaire ICAO/UQAM/Canada; l’IFAN/Dakar, Sénégal; et Kyoto Seika University/Japon) le projet RIMA regroupe 11 chercheur.e.s d’Afrique (Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Maroc), d’Amérique du nord, d’Asie et d’Europe. Pluridisciplinaire (anthropologie, sociologie, histoire, géographie, science politique et linguistique), il porte sur les femmes de l’espace Maghreb/Afrique de l’ouest islamisée et vise à étudier comment celles-ci, face aux diverses discriminations qu’elles subissent (inégalités de genre, territoriales, ethniques, économiques, religieuses), réagissent, luttent et/ou militent par le biais de l’islam. Décliné en 3 axes thématiques (affirmation par la pratique religieuse; radicalisations religieuses des femmes; combativité civique des femmes par le religieux) RIMA a pour ambition d’appréhender la façon dont les femmes, dans le contexte contemporain de la crise djihadiste au Sahel, réinventent leur vie et leur environnement social via la religion. À partir de l’Algérie, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Maroc, du Nigeria et du Sénégal, il permet de réfléchir aux normes de religiosités, contrastées et parfois radicalisées que les femmes mobilisent, s’approprient et mettent en œuvre, pour lutter contre les inégalités dont elles souffrent et imposer leurs identités de croyantes et de citoyennes. Novateur par l’aire géographique étudiée (Maghreb/Afrique de l’ouest islamisée) définie comme entité sous-régionale historique; par la prise en compte des autres religions; et par l’étude de la violence au Sahel par le prisme des femmes, RIMA repose sur une équipe junior et sénior, grande connaisseuse des terrains abordés, dont les membres collaborent depuis longtemps ensemble. La méthodologie ethnographique (enquêtes de terrain qualitatives, entretiens, observation participante) sera complétée par une étude des matérialités et par des portraits de femmes. Une approche visuelle sera utilisée comme outil (filmages, photos, dessins) et comme objet d’observation. Le projet RIMA aura des impacts dans le domaine scientifique : il permettra le renouvellement et le transfert des connaissances, relèvera le défi de la coproduction de savoirs en vue d’appréhender au mieux les grands enjeux sociaux et politiques à venir des pays islamisés de la sous-région. Plusieurs actions de valorisation de la recherche seront organisées: un workshop (Montréal), un colloque final (Casablanca); des publications en français et en anglais déposées dans ORCID. Il aura des retombées en termes de transfert de connaissances, notamment en Afrique : participation à la formation d’étudiant.e.s (masters, doctorat) français, canadiens et africains; 2 universités d’été (Bouaké et Dakar); 1 atelier d’écriture en collaboration avec les Cahiers d’études africaines. Il aura aussi un impact sur le monde social et associatif grâce à la participation d’associations de défense des droits des femmes (religieuses et civiles), qui dialogueront avec les chercheur.e.s du projet. Enfin RIMA intéressera les pouvoirs publics, en termes de savoirs et d’expertises. L’impact attendu est de répondre aux questionnements de divers acteurs (politiques, économiques, ONG, programmes de développement : G7Sahel, OCDE, UNESCO, etc.) sur les tensions contemporaines autour des pratiques de l’islam et des clivages sociaux dans la zone Afrique de l’ouest islamisée/Maghreb, et de mettre en avant le rôle des femmes dans les transformations sociales. L’expertise réalisée pourra servir de base à des politiques publiques locales, mais aussi aux acteurs de la société civile impliqués dans des associations qui auront, grâce aux résultats fournis, une vision globale de ces problématiques dans la sous-région.

ANR

2021

COCOLE — Compter en situation coloniale. L'Afrique française (1830-1962)

Compter en situation coloniale. Croisant les approches disciplinaires et les échelles d’analyse, le projet étudie la production des statistiques dans les territoires africains de l’empire français, du début du XIXe siècle aux indépendances des années 1960. Il informe à la fois sur la gouvernance coloniale et ses transformations et sur les rapports de force et les inégalités qu’elle véhicule ; il éclaire le jeu des acteurs, publics et privés, colonisateurs et colonisés, qui, en métropole et dans les territoires utilisent ces indicateurs, participent à leur production ou bien refusent d’y contribuer. Plus largement, et même si elle s’arrête aux statistiques économiques (activité, production, prix, travail), l’enquête éclaire à la fois l’empire des chiffres en colonie et l’impact de l’expérience coloniale sur la production des statistiques. En reconstituant l’histoire institutionnelle, sociale et intellectuelle de leur production, en s’arrêtant aux matériaux bruts, aux coulisses des enquêtes et à la construction des catégories statistiques nous entendons montrer combien le chiffre est structurant, comment il fait lien et comment, en classant, il hiérarchise et exclut. Il s’agit ainsi de préciser en quoi le fait de compter, de tenir des comptes si l’on est producteur ou de fabriquer des statistiques si l’on est administrateur, est une manifestation du pouvoir. L’enquête informera plus avant sur les spécificités du gouvernement en situation coloniale, en soulignant les formes d’autonomie des acteurs présents sur le terrain, les tensions qui les opposent, et en précisant si – et comment – les statistiques ont pu constituer une « technologie de la distance ». Nos travaux interrogeront également les inévitables approximations, dissimulées sous la rigueur du nombre, qui entretiennent l’illusion d’un savoir-pouvoir chez les administrateurs et dans les milieux économiques coloniaux, participant au « colonial gaze », au prisme déformant et déformé que les administrations ont des territoires colonisés, et plus largement de leur propre pouvoir. Au bout du compte, l’enquête permettra de mieux comprendre ce que compter veut dire, d’interpréter les conventions statistiques et comptables en situation coloniale, et de montrer comment et en quoi l’empire des nombres éclaire le processus de colonisation.